Claude-Marie Vadrot
Tous les glaciers du monde fondent et font augmenter le niveau des mers
de plus en plus rapidement. Plusieurs pays ont tenté de censurer les
mauvaises nouvelles.
Le Giec vient de publier un rapport alarmant,
et non « alarmiste » comme le répètent en boucle trop de médias. Ce
n’est d'ailleurs pas le premier puisque les avertissements scientifiques
remontent à 1992 et que le Giec a été créé en 1988.
Comme ils l’avaient annoncé, les chercheurs du Giec, se sont cette
fois intéressés à l’état des mers, des océans et des glaciers. Ces
derniers fondent de plus en plus rapidement sous l'effet de
l’augmentation des températures moyennes de l’atmosphère. Au point, par
exemple, que dans le Val d’Aoste un grand glacier perd chaque année
plusieurs kilomètres carrés de surface et menace de s’effondrer. Le
symbole d’une fonte mondiale…
L’effacement de la banquise de l’Arctique est une conséquence du
réchauffement de l’eau et de l’air mais elle n’a pas grand-chose à voir
avec la montée prévisible, et en cours, du niveau des mers. Celle-ci ne
résulte que de la rapide fonte des glaciers terrestres. Le phénomène
n’est pas particulier au Groenland, mais il concerne aussi bien les
glaciers des Alpes, mais aussi ceux des États-Unis, du Canada, de la
Cordillère des Andes, de l’Himalaya ou des hautes montagnes du Caucase.
Des centaines de millions de victimes potentielles
Malgré les pressions, les membres du Giec affirment que l’élévation
des mers atteindra au moins un mètre si le réchauffement se poursuit au
même rythme et que cette hausse ne pourra être freinée que si un
changement intervient rapidement : 43 centimètres pour une élévation de
température moyenne de 2 degrés d'ici 2100. Ils signalent aussi que
l’énorme apport d’eau douce et la baisse de l’oxygène des mers
entrainera et entraine déjà une modification des biotopes marins dont
les conséquences s’ajouteront, pour la faune marine, à la croissance des
pollutions. Cela représente, entre autres, une menace sur les pêches
dont vivent des centaines de millions d’êtres humains. Lesquels devront
également fuir les espaces côtiers en cours d’inondations et les zones
de terres littorales rendues incultivables par leur salinisation
progressive.
Les représentants des grands pays pollueurs font semblant une fois de
plus de découvrir ces conclusions accablantes. Comme beaucoup trop de
journalistes, les dirigeants du monde n’en ont lu que l’introduction, en
négligeant les centaines de pages chiffrées. Il ne faut pas oublier non
plus que, si la réunion de Monaco qui a finalisé le texte a dû être
prolongée pendant des heures, c’est en raison de l’intervention de
représentants de pays comme l’Arabie Saoudite, la Russie, le Brésil ou
les États-Unis, qui ont bataillé pour retirer du texte final les phrases
les plus accusatrices et les chiffres les plus inquiétants. Les
scientifiques doivent défendre le rapport pied à pied, mots après mots,
pour préserver la qualité scientifique de leur travail. La censure a
donc plus concerné la forme que le fond, mais elle a fonctionné.
Ce rapport de plusieurs centaines de pages n'a pourtant pas incité
les chefs d'État à trouver un accord lors du sommet climatique des
Nations unies, noyé par de belles paroles ou un silence complice.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire