Bernard Gensane
Un
inspecteur de l’URSSAF contrôle un restaurant. Contrôle de routine qui
se passe normalement.
Juste avant de partir, l’inspecteur, avec l’air de
ne pas y toucher, demande au restaurateur où il mange le midi. « Ici
même » répond le restaurateur. S’il avait anticipé une question aussi
perverse, il aurait répondu : « je ne mange pas » ou « j’apporte ma
gamelle ».
L’URSSAF
réclame 14 000 euros à ce restaurateur comme redressement fiscal pour
les trois dernières années en se basant sur la dépense moyenne par
client, soit 107 euros. Pour l’URSSAF, il s’agit d’un avantage en nature
soumis à cotisations sociales et à impôt. Dans son infinie bonté,
l’URSSAF accepte un échelonnement sur trois ans.
Le
restaurateur tente alors d’expliquer au crétin urssafien ce que tout le
monde sait, à savoir que les propriétaires, gérants, chefs,
employés, ne mangent pas la même chose que les clients. Ils achètent des
produits plus simples pour se faire une cuisine de base : steaks,
pâtes, frites, salades etc. Le restaurateur explique ainsi qu’il retient
6 euros par repas (et non 107) à ses employés.
Ce
n’est pas la première fois que l’URSSAF tombe sur le poil
d'un restaurateur. Dans sa logique, elle aurait pu – ce qu'elle a déjà
tenté de faire – ajouter aux 107 euros le coût de l’énergie pour
préparer des pâtes et des frites, celui de la main d’œuvre, d’une partie
du loyer payé par l’entreprise, et même de majorer ces coûts de la TVA
en vigueur. On imagine alors un crétin de l’URSSAF passant chez
Bocuse !
Des
litiges ont été plaidés ces dernières années. La justice s’est montrée
plus intelligente que les crétins de l’URSSAF en estimant que la valeur
réelle d’un avantage en nature ne peut pas s’apprécier par rapport au
coût d’un repas pris dans un restaurant mais par rapport au coût d’un
repas pris à domicile.
Je
conseille à deux cuistots toulousains de ma connaissance de se munir de
goudron et de plumes en prévision de la visite d'un crétin urssafien.
Au
fait, et si un électricien change une prise dans sa cuisine, il se
passe quoi ? Et si un professeur d'anglais donne un cours particulier
d'une heure à son fils ? Et si un cultivateur se fait une omelette sur
le pouce avec les œufs de sa ferme ? Et si une retraitée de
l'enseignement privé mange à l'œil tous les jours dans un palais
présidentiel ? Et si une prostituée couche gratuitement avec son
souteneur ?
Pendant
ce temps-là, Patrick Balkany mange gratuitement en prison. Á nos frais.
Et à ceux du crétin de l'URSSAF. Il y a une justice !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire