Jean Beide
Le Chef triplement étoilé Gilles Goujon, rappelé à l’ordre trois fois
par l’inspection du travail pour fraude sur le décompte du temps de
travail de ses salariés...
... a obtenu une faveur de la part de la ministre
du travail Muriel Penicaud, pourtant tenu de garantir l’impartialité et
la probité de l’institution. La ministre, qui se permet de donner des
leçons de légalité aux cheminots, s’accorde sans aucun scrupule le droit
d’accorder des faveurs à certains.
Une pratique révélatrice
Muriel Penicaud a elle-même, comme l’a révélé Libération, fait sauté
une amende de 13 000 euros visant le chef de l’Auberge du Vieux Puits
alors qu’il ne s’acquittait pas de ses devoirs en matière de décompte du
temps de travail. « Je tiens d’abord à vous féliciter
chaleureusement pour vos trois étoiles au guide Michelin (...) Je
demande au Directeur général du travail et au Directeur régional
d’Occitanie de me tenir informée de l’évolution de la situation »,
lui écrit-elle même personnellement avant de faire saisir l’affaire et
de transformer l’amende en avertissement. Cela pourrait sembler peu de
choses et pourtant… Bafouer le code du travail et les droits des salariés est une pratique parfaitement banale
pour celle qui a eu pour mission de démolir le plus complètement
possible le droit des salariés, en qualité de ministre de la réforme par
ordonnances du code du travail à la rentrée 2017.
Une ministre ennemie déclarée des travailleurs
La ministre du travail est bien davantage celle du patronat que des
travailleurs. Alors que les heures supplémentaires non payées sont
légion dans la restauration, ce traitement de faveur en dit long sur la
politique pro-patronale du gouvernement. Le droit des travailleurs, que
l’inspection du travail est censée garantir, est menacé directement
depuis des décennies par les politiques néolibérales, et la fraude
encouragée par ce type de pratique qu’il nous faut dénoncer
publiquement.
Muriel Penicaud qui rappelle les grévistes de la SNCF à la
loi et à l’ordre et qui « dans le même temps » accorde des faveurs
privées aux patrons fraudeurs, Bruno Retaillaud des Républicains qui
exige quant à lui un droit de réquisition des grévistes pour limiter le
droit de grève, rappellent à quel point ce personnel politique est
l’ennemi déclaré des travailleurs.

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