Julian Vadis
Ce vendredi 24 janvier, le Conseil des ministres a validé la réforme des
retraites, alors que, selon la CGT, 1,3 millions de personnes ont
manifestés contre ce projet. Avec un âge d'équilibre à 65 ans et un
discours très offensif et menaçant pour les grévistes.
Bien sûr, ce n’est pas une surprise : Le Conseil des ministres de ce
24 janvier a validé la réforme des retraites. Le texte, en réalité deux
texte séparés, devra passer maintenant devant le parlement. En Février
2020 pour un vote durant l’été. Dans l’intervalle, une conférence des
financeurs sera lancée le 30 janvier en vue de présenter au gouvernement
des pistes pour « atteindre l’équilibre financier de l’ensemble des régimes de retraite de base en 2027 ».
En d’autres termes, le gouvernement entend imposer sa réforme en
cherchant de passer outre la mobilisation, qui dure depuis maintenant 51
jours et alors qu’1,3 millions de manifestants se sont mobilisés ce 24
janvier.
Âge d’équilibre, 65 ans ! L’enfumage autour du faux retrait de l’âge pivot
Le très long texte, très technique, masque mal les points qui
crispent l’ensemble du mouvement social, largement soutenue par la
population. L’âge pivot dit « paramétrique » a été retiré
temporairement, certes, affichant qu’il n’y a pas de remise en cause
« officielle » du départ à la retraite à 62 ans.
Toutefois, en entrant dans le détail, d’ici à 2037, l’âge d’équilibre
est fixé à 65 ans. Or, une décote et une surcote de 5% par an est
prévue ! Ainsi donc, pour partir à la retraite à 62 ans, la retraite,
nouvelle formule avec donc une prise en compte de l’ensemble de la
carrière et non plus des 25 meilleures années ou des 6 derniers mois,
sera sabordé de 15% !
Plus encore, pour les travailleurs les plus précaires, la retraite à l’âge d’équilibre, c’est à dire 65 ans, sera synonyme de pensions promettant la précarité jusqu’à la tombe ! Ainsi, la question des bonus (+5% jusqu’à 66 ans, +10% jusqu’à 67 ans etc.) deviendra une obligation pour l’immense majorité de la population.
Plus encore, pour les travailleurs les plus précaires, la retraite à l’âge d’équilibre, c’est à dire 65 ans, sera synonyme de pensions promettant la précarité jusqu’à la tombe ! Ainsi, la question des bonus (+5% jusqu’à 66 ans, +10% jusqu’à 67 ans etc.) deviendra une obligation pour l’immense majorité de la population.
Voici donc le résultat de la « victoire » si fièrement claironné par
Laurent Berger ! Pas d’âge pivot, certes, mais un âge d’équilibre qui
revient dans les faits à une augmentation de l’âge de départ à une
retraite qui sera toutefois promesse de précarité. Sauf pour celles et
ceux qui auront les moyens de « capitaliser » durant leur carrière, bien
entendu.
Sibeth Ndiaye relaye la ligne du gouvernement : Feux nourris sur les grévistes !
Avec de pareilles annonces, il est clair que le contexte social ne
risque pas de s’apaiser, alors que 61% de la population veut le retrait
de la réforme, et que 7 sondés sur 10 se déclare favorable à la
poursuite du mouvement, selon un dernier sondage BVA publié ce vendredi.
La volonté est donc bel et bien de passer en force, malgré toutes les gesticulations de Macron pour nous inciter d’aller donc « essayer la dictature »,
en réponse à ces accusations d’imposer sa réforme. Et pour imposer sa
réforme, Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, à donner les
grandes lignes de la méthode voulue par Macron.
Ainsi, le président a fustigé les soit disant « actes de violence et la radicalité de certains blocages » et appelant « à la plus grande fermeté à l’égard de leurs auteurs ». Une ligne devenue un grand classique de la macronie, celui de s’imposer par la matraque et la répression judiciaire.
Face aux menaces et à la fermeté du gouvernement, la mobilisation doit se poursuivre !
En soi, la mobilisation en forte hausse ce 24 janvier est une
première réponse à la fermeté du gouvernement. Tout comme l’ensemble des
actions de blocages ou autres coupures de courant, méthodes légitimes
des travailleurs en lutte.
À ce titre, si les taux de grèves sont en baisse – comment
pourrait-il en être autrement après plus de 50 jours de lutte ? - la
question qui se pose est celle de s’appuyer sur ce rebond de
mobilisation dans la rue, pour la transformer en grève active, notamment
par l’entrée en grève reconductible, pour prendre le relai des secteurs
mobilisés depuis près d’un mois et demi, offrir un nouveau souffle pour
reconstruire une dynamique de grève majoritaire.
Car c’est bien en
généralisant la grève au privé que l’on pourra construire une grève
générale nécessaire pour faire plier un Macron.

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