Jaque Mate
L’annonce par le ministre de l’intérieur Cristophe Castaner ce dimanche
du retrait des grenades GLI F4 est une vaste fumisterie !
Non seulement
ces grenades n’étaient plus produites depuis 2014 et les stocks étaient
quasiment épuisés, mais au lieu d’un retrait il s’agit en fait d’un
remplacement par une grenade tout aussi dangereuse : la grenade GM2L !
Changement de doctrine de maintien de l’ordre ou opération de communication ?
Lors de l’annonce du retrait de la grenade dite GLI F4 ce dimanche,
Cristophe Castaner a laissé entendre que cette décision a été prise dans
le cadre d’un processus visant à revoir la stratégie de maintien de
l’ordre devant aboutir sur un nouveau « schéma national du maintien de
l’ordre ». Cette décision anticipant soi-disant le changement annoncé de
doctrine des forces de l’ordre ne date pourtant pas d’hier. En effet le
remplacement progressif des grenades GLI F4, qui ne sont plus produites
par leur fabricant depuis 2014, est déjà acté depuis 2018 et devait se
poursuivre jusqu’à épuisement des stocks.
Ainsi les raisons qui poussent le gouvernement à jouer la carte de
l’apaisement sont bien éloignées de la prise de conscience qu’il feint
d’avoir eu.
Si l’arrêt de la production de ces grenades par le fabricant Alsetex
est en lien avec un « accident » survenu en juin 2014 ayant entrainé la
mort d’une salariée, mais aussi la difficulté pour l’entreprise
d’exporter ce type de grenade à l’étranger (la France étant le seul
acheteur de ces grenades), la dénonciation croissante des violences
policières depuis les gilets jaunes oblige Castaner à annoncer le
remplacement des GLI F4.
Dénoncées depuis plusieurs années par les victimes et les collectifs
de lutte contre les violences policières, le croche pied d’un CRS à une
manifestante à Toulouse le 9 janvier a obligé les médias dominants et la
classe politique à se prononcer sur la politique répressive du
gouvernement.
Symbole de la coercition, responsable de mutilations, cette arme de
guerre est l’incarnation des violences policières effroyables auxquelles
les manifestants ont dû faire face.
Face à cette polémique, née en plein mouvement contre les retraites,
le Ministre de l’Intérieur tente de relégitimer son institution, dans un
contexte où la coercition est le pilier du maintien du quinquennat
Macron et à l’heure où ce dernier est particulièrement impopulaire.
GLI F4 – GM2L : même danger, même combat !
Le bilan de la GLI F4, remplaçante de la grenade OF F1 responsable de
la mort de Rémi Fraisse en octobre 2014 au barrage de Sivens, est
terrible : 33 blessés dont 5 mains arrachées !
Sa remplaçante, la GM2L déjà utilisée lors de plusieurs
manifestations, est elle-aussi classée « arme de guerre » et si elle est
annoncée sans effet de souffle (un terme moins inquiétant que ce qu’il
implique : la présence d’explosifs) elle n’en reste pas moins
dangereuse.
Le fabricant lui-même indique un fonctionnement et une efficacité
« quasi identique » et on retrouve une analyse similaire dans le mémoire
de défense présenté au Conseil d’Etat en mai 2019.
Une arme qui servira donc, comme la GLI F4, à réprimer très durement les
manifestants, et à poursuivre la politique répressive du gouvernement.

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