Claude-Marie Vadrot
Les données inquiétantes d'un rapport de l'Agence européenne pour l'environnement continuent de n'émouvoir que les spécialistes.
L'Agence européenne pour l’environnement (AEE) vient de laisser fuiter
discrètement quelques chiffres sur la pollution de l’air, lesquels
tendent à montrer que la qualité de l’air en France ne s’est guère
améliorée au cours de la dernière décennie. Si la situation de Paris
enregistre des progrès sur de nombreux points, la France métropolitaine
reste dans le peloton de tête des pollueurs européens, en particulier
dans le domaine de la densité des particules fines. En fait, la
situation de la qualité de l’air s’est plutôt aggravée depuis que la
Commission d’enquête du Sénat sur le coût économique de cette pollution
de l’air, avait expliqué en juillet 2015 qu'elle représentait chaque
année une dépense annuelle comprise entre 70 et 97 milliards d’euro. Une
somme en grande partie liée aux conséquences sanitaires de la mauvaise
qualité de l’air.
D’après l’AEE, une moitié (43 %) des particules fines proviennent des
chauffages, tous types confondus, avec une moyenne annuelle de 70 000
tonnes de ces particules en augmentation tous les ans. Les transports
routiers (15 %), l’industrie (17 %) et surtout l’agriculture
représentent à eux trois environ 50 %, c'est-à-dire à peu prés encore 75
000 tonnes. « Performance » qui explique que la France se place au
troisième rang européen avec une estimation de 35 800 morts prématurées
chaque année du fait des particules, sur un total de 48 000 décès
prématurés imputés à toutes les pollutions de l’atmosphère. Ainsi sur
les 500 000 décès annuels pour les 41 pays européens, la France en
compte 11%, ce qui la place au troisième rang pour l’ensemble des
pollutions de l’air et au second pour les particules fines derrière
l’Italie dans la seule Union européenne.
Des chiffres qui sont sans commune mesure avec la panique qui saisit
la France pour trois personnes atteintes par le coronavirus alors que
les conséquences des pollutions de l’air, permanente depuis des dizaines
d’années, ne semblent émouvoir que les spécialistes…
Et le gouvernement
français n’a jamais organisé de réunion de crises pour s’alarmer du
nombre de Français dont la vie est écourtée par la pollution de l’air ou
des enfants handicapés par les crises d’asthme.

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