Bernard Gensane
Récemment, Dominique Da Silva, un député du banquier éborgneur, a tenu le propos suivant lors d’un débat sur les antennes de BFM-TV :
« Ecoutez,
si l’espérance de vie s’allonge, croyez-moi que votre projet de prendre
sa retraite à taux plein à 60 ans, personne n’y croit. C’est moins que
la réforme des socialistes… Je ne pense pas que les Français puissent
croire un seul instant qu’avec un allongement [de l’espérance de vie],
ou alors il faudrait espérer un coronavirus qui viendrait atteindre les plus de 70 ans, parce que je ne vois pas comment on pourrait équilibrer. »
Il
y avait assurément une part d’ironie dans son propos. Mais la phrase a
été prononcée calmement, lors d’une conversation plutôt urbaine face à
un membre du Rassemblement National.
Quoiqu’on fasse, le second degré cache toujours mal le premier degré.
Quelle a été la politique du banquier éborgneur face à la pandémie ?
Le
refus du dépistage, le refus du port obligatoire du masque pour tous
les personnels soignants, mais aussi pour la population, le refus de la
fermeture des frontières. Et un confinement qui est venu bien tard.
Exactement le contraire de ce qui s’est fait, par exemple, en Corée du
Sud, avec les résultats spectaculaires, mais en fait tout à fait
normaux, que l’on sait.
Tout
comme Boris Johnson, le banquier éborgneur a pensé pouvoir neutraliser
le virus en le répandant dans toute la population. Seulement, nous ne
sommes plus à l’époque de la grippe espagnole, ni même à celle de la
grippe asiatique. Aujourd’hui, des centaines de millions de personnes
bougent quotidiennement : des bobos parisiens vont infester l’île de Ré,
des Arabes de France retournent dans leurs pays qu’ils vont contaminer à
coup sûr, des dizaines de milliers d’habitants des banlieues vaquent
de-ci de-là comme cela leur chante.
Mais,
pour finir, il faut toujours avoir à l’esprit que le banquier éborgneur
est un banquier. Sa mission n’est pas de nous sauver mais de préserver
le système qui l’a missionné. C’est ce qu’explique magistralement Alain Bertho dans les colonnes du Grand Soir. Je le cite brièvement :
« Si
la grippe de Hongkong est entrée dans l’histoire comme la première
pandémie de l’ère moderne, celle des transports aériens rapides », la
pandémie de Covid-19 restera sans doute comme la première pandémie de la
mondialisation sauvage, celle de l’explosion du trafic aérien, de
l’interdépendance planétaire des économies, de la destruction de la
biodiversité et de l’interconnexion généralisée. Et celle « de l’absence
de quartier général sanitaire planétaire. » La pandémie que nous
subissons est aussi un événement politique.
[…] En
France la colère monte et l’inquiétude avec. Colère contre les dizaines
d’années de casse du service public de la santé, depuis trois années de
casse effrénée de tous les dispositifs de solidarité. Colère contre
l’impréparation ahurissante d’un des Etats les plus riches du monde
devant une menace vitale. Et inquiétude devant l’amateurisme, les
atermoiements, les mensonges en cascade du pouvoir.
[…]Depuis
une trentaine d’années, la mondialisation libérale, financière et
dévastatrice n’a eu qu’un credo : la planète entière, sa vie, ses
ressources, ses habitantes et habitants, leur travail, leurs rêves, leur
pauvreté, leurs maladies, les pénuries auxquelles elles et ils devaient
faire face, tout, absolument tout, pouvait être transformé en produit
financier. Il n’y a pas un aspect de nos vies qui se trouve à l’abri de
la sangsue d’un profit sans limite qui dévore le temps, la vie,
l’intelligence. Quel qu’en soit le coût humain. L’Australie brûle, l’eau
est cotée en Bourse. L’espérance de vie progresse, la retraite doit
être financiarisée. Même l’explosion des inégalités devient exploitable
par cette inversion généralisée du « ruissellement » qu’est l’explosion
du crédit : ils n’ont rien, qu’ils s’endettent. »

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