Olivier Cabanel
Tout le monde connait l’expression : « le verre à moitié plein ou à moitié vide »,
ce qui nous range dans le rang des optimistes, ou pas, et coronavirus
aidant, pourquoi ne pas envisager que ce maudit virus ait aussi quelques
effets positifs ?
Prenons tout simplement la question de la santé... on sait que ce
virus est particulièrement efficace lorsqu’il se trouve en présence
d’humains (et d’autres animaux ?) fragilisés par la santé de leurs
poumons.
Or, depuis le confinement, plus ou moins efficace, les scientifiques ont pu observer une diminution drastique de la pollution.
Ce sont les pays les plus touchés par la pandémie qui ont vu le ciel
de leur grande ville devenir de plus en plus pur, s’il faut en croire le
témoignage des citadins... et les images des satellites de la Nasa. lien
Sur la question de la consommation, mettons de côté ceux qui se sont
obnubilés par l’achat irraisonné de papier de toilette, beaucoup de
français se sont orientés vers les achats de proximités, se tournant
délibérément vers les « petits producteurs locaux »... mais pas
seulement.
Ils ont découvert que fabriquer son pain n’était finalement pas si
compliqué... abandonnant l’achat compulsif de « baguettes de pain
industrielles », très éloignées de ce que notre corps demande... et que
nous payons en fin de compte très cher, pour pas grand-chose.
Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg de la consommation...
Car les français (et pas seulement) ont aussi découvert que les
productions essentielles de leur consommation venaient d’ailleurs, les
salaires chinois, et le cout de leur production étant largement plus bas
que ceux que nos industriels pouvaient nous proposer.
On doit à cette mondialisation, façon Bernard Arnault, la grande misère qui s’est abattue sur des millions de français, se retrouvant au chômage...
Que ce soit dans le domaine du numérique, de la santé (nos médicament venant en grande partie d’ailleurs... de Chine
notamment), de l’habillement, du luxe et de tant de domaines que nos
grandes entreprises ont abandonné depuis longtemps pour s’assurer un
maximum de bénéfices, nous avons finalement perdu notre indépendance...
et ce n’est pas demain la veille que nous allons la retrouver, car il
paraît improbable que le consommateur soit prêt à payer beaucoup plus
cher le tee-shirt, son smartphone ou sa voiture ... et de tant d’autres
objets courants de consommation.
Alors les politologues de tout crin affirment que, sur la scène
politique, les écolos auraient le vent en poupe... que grâce à eux l’air
pourrait devenir respirable... que grâce à eux, l’énergie serait plus
propre et moins chère... que grâce à eux, le consommateur abandonnerait
ses pulsions de consommateur excessives, et s’orienterait vers la
consommation de « produits de saison », signant des contrats avec les AMAP, afin de se nourrir plus sainement...tournant le dos à big pharma,
et choisissant des médecines qui guérissent... et non des médecines qui
soignent... se souvenant qu’un bon docteur n’a pas de patients, parce
que, tout simplement, il les a guéris...
Mais globalement, sur le chapitre de la société, comment ne pas
constater que tous les projets mortifères macronistes sont passés,
(provisoirement ?) aux abonnés absents...
Il n’est plus question de privatiser à tout va...ce serait même le
contraire... plus question non plus de demander aux services publics
d’être rentables... plus question de reparler de réformes, de quoi se
dire que le chef de l’état aurait du tenir compte d’un sondage de
septembre 2017, sondage dans lequel une grande majorité de
français ne validaient pas « la réduction des aides au logement, la
refonte de l’impôt sur la fortune, la hausse de la CSG... ». lien
Et quid de la privatisation des aéroports de Paris ? lien
C’est aujourd’hui le moment de « l’après coronavirus » qui est donc en question.
Est-ce que les citoyens auront envie de « continuer comme avant »...
ou seront-ils tentés de reprendre « les bonnes habitudes », à remplir
les caddys, à privilégier les « produits à la mode, voire les moins
chers », ou à réclamer à nos « responsables » que les partages du
capital soient équilibrés ?
Vont-ils exiger la mise en place d’un salaire maximum ?
Vont-ils comprendre qu’il vaut mieux dépenser un peu plus pour une
nourriture saine, que de dépenser des fortunes à soigner un cancer ?
Ce gouvernement va-t-il cesser d’investir dans des projets pharaoniques, LGV Lyon Turin en tête ?... va-t-il enfin stopper la gabegie financière et technique liée au nucléaire en persistant avec l’EPR de Flamanville ? lien
Et surtout va-t-il enfin donner un sens aux mots solidarité ... égalité... fraternité... ?
Mais il y a un autre aspect moins réjouissant qu’il faut aussi évoquer.
Comme l’expliquent les enquêteurs d’ « Arrêt sur Image », il faut se préoccuper de la question « des 3 étages de la surveillance généralisée »,
avec comme plat du jour le ciblage, le traçage, le puçage, qui, sous
prétexte de protéger les uns des autres, permettrait d’identifier les
contaminés, et les autres...*
Quid aussi du secret médical ?
Olivier Tesquet, de Télérama, imagine une possible « stigmatisation sociale » et brosse le tableau d’un éventuel parisien contaminé par le virus et réfugié à l’Ile de Ré, qui pourrait se retrouver face à un « comité d’accueil » pas très bienveillant sur le parking du supermarché du coin.
Mais alors, quelles seraient les limites d’une « surveillance acceptable » ? lien
Quant aux fameux masques commandés par le gouvernement, ce dernier affirme que nous les aurons...d’ici fin juin. lien
Ils sont de plus en plus nombreux à se dire qu’ils auraient mieux
fait de se casser une jambe le jour de l’élection de ce gouvernement de
bras cassés.
Aurons-nous oublié les gros mensonges du ministre de la santé ? vidéo
Quant à l’Europe, elle risque de ne pas sortir grandie de
l’histoire, car, à part quelques échanges de malades, elle a surtout
brillé par la devise « chacun pour soi », allant jusqu’à se subtiliser
du matériel de protection, la France ne s’étant pas montrée sous ses
meilleurs jours, privant l’Italie et l’Espagne de centaines de milliers de masques, que ces pays avaient pourtant commandé, et payés, à un fabricant suédois. lien
Mais le gouvernement a fait encore mieux : il a saisi purement et simplement des masques que la région Bourgogne-Franche Comté avait commandés, et s’est servi discrètement au passage. lien
L’après confinement suscite d’autres craintes liées au travail des
français... certains évoquent la possibilité d’une mise à sac du droit
du travail, Macron serait tenté, aidé par Pénicaud, il serait envisagé d’imposer la semaine de 60 heures
pour des secteurs dits essentiels, (énergie, agriculture, transport,
télécommunications, agroalimentaire...), et des ordonnances seraient
prises, afin d’éviter toute contestation. lien
On a hélas une vague idée de « l’après virus », puisque Macron, après avoir promis une augmentation du budget recherche, vient déjà de faire marche arrière, passant de 10 milliards d’euros sur 7 ans à 5 milliards sur 10 ans. lien
Qui sera assez naïf pour croire que finalement, le chef de l’état
fera marche arrière, et se décidera à sauver l’hôpital en particulier,
et le service public en général ?
Tout porte à croire qu’une fois la pandémie passée, rien n’aura
changé et que les vagues promesses faites n’engageront que ceux qui ont
envie de les croire.
Un sondage récent portant sur 15 000 personnes ne donnait pas un résultat très flatteur pour ce gouvernement. Lien
Et comment ne pas le comprendre ?
Depuis le début de la crise, ces énarques au pouvoir ont tout fait à
l’envers... ils n’ont pas privilégié le test dans les régions
prioritairement touchées...ils ont tenté d’écarter les solutions
médicales qui donnaient des résultats probants, ils ont été infoutus de
protéger le personnel soignant, infoutus de protéger ceux qui sont
encore en activité, et n’auront pas les moyens, avant longtemps, de
protéger l’ensemble des citoyens...
Comme dit mon vieil ami africain : « La pluie mouille le zèbre, mais n’efface pas ses rayures ».

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire