Gaëtan Pelletier
Donner et prendre.
Il était une fois un homme qui possédait une vallée pleine
d’aiguilles. Un jour, la mère de Jésus vint le voir, lui disant : « Ami,
le vêtement de mon fils est déchiré, il faut absolument que je le lui
raccommode avant qu’il n’aille au temple. Ne voudrais-tu pas me donner
une aiguille ? »
Il ne lui donna point d’aiguille, mais il lui tint un érudit
discours sur Donner et Prendre pour le rapporter à son fils, avant qu’il
n’aille au temple.
Khalil Gibran, Enfants du prophète
***
On ne parle plus d’aller sur Mars. Et pourtant le prix du carburant
n’a jamais été aussi bas. Et le ciel aussi clair… Peut-être aurons- nous
un air neuf à respirer pendant l’été. Selon le Dr Trump, la chaleur va
tuer le virus. Il faut entre 60 et 70 degrés pour « nettoyer » un masque
de style N-95. Pourtant, on allait y parvenir, à force de brûler tout
ce qui se brûle…Même les humains. La surchauffe planétaire et sa
destruction par délire de consumérisme nous laissait indifférents.
Pourvu que ça rapporte… Au fond, on se foutait bien du vivant : tout se
marchandise. Aujourd’hui, c’est l’eau et l’air. Il y a une nouvelle
négritude qui s’est fondée sur l’endettement et les croisiéristes en
format Titanic et sur lesquels s’est embarqué une créature Alien- Le 8 ème passager. Nul n’est à l’abri du grand bal des étourdis.
Je pense avoir compris que le Dr No (1), grand fabulateur, génie
autoproclamé, négocie avec tout ce qui peut se négocier. En autant qu’il
demeure avec sont titre de roi du « monde ».
Il fallait une infime créature aussi tenace qu’un virus pour se
rendre compte de la fragilité de nos richesses fabriquées de dettes et
de dettes, pour nous distancer encore plus et faire de nous des Robinson
Crusoë. On disait que personne n’est une île. On est en train d’en
devenir une avec notre petit arbre planté sur le gazon en guise de
décoration et notre peuple de distancés sociaux qui se promènent l’air
égaré, courant les parcs pour respirer un peu. Notre petit Noël
d’été ? Il viendra, pour sûr. Ou presque. Être sûr ne semble plus
certain. Il y a maintenant plus de doutes que d’étoiles dans le ciel,
comme disait l’amérindien qui lui, voyait arriver pour fonder 13
colonies, des marées de prédateurs qui posaient des barrières
incompréhensible pour celui-ci. Tout était géant. À quoi bon poser des
barrières.
Le tsunami
Mais attendez la seconde et troisième vague. Nous devrons nous vêtir
de costumes de scaphandriers pour affronter le voisin. Là, on se croira
sur Mars.
La pandémie de grippe espagnole a tué de 20 à 50 millions de personnes dans le monde, dont 50 000 au Canada. Elle a pris son temps. Elle a tué en trois vagues avant de disparaître pour de bon, en 1920.La première vague, au printemps 1918, a été relativement faible. La deuxième, l’automne suivant, a été dévastatrice. Le virus avait muté ; il était plus virulent. Il tuait des vieillards, des enfants, mais aussi de jeunes adultes en 24 heures. Isabelle Hachey, La Presse
Ici, au Québec, le slogan est celui-ci : Ça va bien aller. Et
voici l’image que l’on retrouve sur les vitres des fenêtres des
maisons. C’est une sorte d’arc-en-ciel qui n’est pas sans rappeler la
crise économique américaine ( étasunienne) qui a frappé l’Oncle Sam dans
les années 1883-1897. Ce petit dessin d’enfant ressemble étrangement à
l’idée du roman Le magicien d’Oz et la chanson Over the Rainbow ( l’arc-en-ciel L’espoir d’un monde plus clément après un orage ( snif).
Vu que nous sommes habitués à la vitesse d’exécution, on se rendra
malheureusement compte que la nature n’est pas à la même vitesse que les
industries chinoises et la matière grisée du Dr No. On a tellement
investi dans l’armement et dans… l’investissement que les pauvres
travailleurs partiront en premier. On pourrait bien passer aux robots,
mais un robot ne consomme pas. Il est déjà habillé de métal et bien circuité pour être qualifié d’intelligent.
On a souvent parlé de « guerre mondiale » les guerres du 20ième
siècle. Celui dans lequel nous vivons pourrait être une guerre de la
nature contre l’Homme. À force de la dédaigner, de la massacrer, les
virus sont des armes encore plus invisibles que le F-35.
Et Mars ? On aura au moins tous les costumes… Car une infirmière a dû
désinfecter ses souliers après avoir trouvé des traces de la Covid-19
sur ceux-ci. Le saut en parachute et la F-1 sont sans doutes des sports
dangereux… Mais attendez quelques mois et vous verrez que le shopping
fera de nous des sportifs quand viendra le moment de se vêtir et de se
nourrir.
Il y a trop de martiens parmi nous… Et ils ont été élus.
La prochaine fois, élisons des humains…
C’est bien d’aller sur Mars, mais il faudrait avant tout apprendre à
vivre ICI et devenir un plus humbles devant la beauté de cette création.
On avait tout. À force de vouloir jouer à « dieu », on a raté un monde
qui sur l’échelle de temps de la création d’une planète, l’histoire de
la créature humaine est représentée en quelques minutes….. 4,5 milliards
d’années et un siècle à peine pour tout détruire. Comme dirait le
Général Trump : « On est vraiment efficaces ».
On devra désormais tenter un nouveau jeu : jouer à l’humain. Ce n’est pas le travail qui manque… Mais le temps.
1- « M », y envoie l’agent spécial 007 James Bond pour enquêter.
Celui-ci va devoir affronter le SPECTRE, une organisation qui vise à
dominer le monde, personnifiée par le « Dr. No ». James Bond 007 contre Dr No

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