Irena Mathilde
Si la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie a récemment
annoncé le plafonnement du prix des masques chirurgicaux à 95 centimes,
les masques en tissu, quant à eux, ne seront pas plafonnés.
Des dépenses
qui pourraient monter jusqu’à 200 euros par mois pour certaines
familles ! Parce que ce n’est pas à nous de payer la crise, exigeons des
masques gratuits pour tous !
L’annonce de la mise en vente d’un nombre considérable de masques a
récemment indigné de nombreux professionnels de la santé, qui ont signé
un texte intitulé “Les masques tombent”. Face aux 90 millions de masques
mis en vente par Intermarché, 225 millions pour Carrefour et 170 millions pour Leclerc annoncés par Le Monde,
les professionnels de la santé ont accusé la grande distribution
d’avoir profité de la situation en stockant des masques avant de les
mettre en vente au moment où cela leur rapporterait du profit. Une
situation d’autant plus choquante que les soignants manquent de matériel
depuis le début de la pandémie.
Le texte affirme ainsi que toute guerre a ses profiteurs. C’est
malheureusement une loi intangible de nos conflits. Comment s’expliquer
que nos soignants n’aient pas pu être dotés de masques quand on annonce à
grand renfort de communication tapageuse des chiffres sidérants de
masques vendus au public par certains circuits de distribution ? En
effet, les capitalistes commencent déjà à profiter de la situation,
comme le montre la polémique qu’a suscitée une photo montrant un lot de 50 masques pour 60 euros dans un magasin Carrefour monégasque. Pour la grande enseigne, quitte à profiter de la pandémie, autant faire des promos !
Ce vendredi 1er mai, la Fédération du Commerce et de la Distribution a
répondu dans un communiqué au texte des sept ordres des professionnels
de la santé, les accusant de diffamations et se défendant d’avoir des
stocks cachés. Mais comme le résume bien le Dr Marty dans ce tweet,
sans la publication des bons de commande, des factures et des bons de
livraison, “le reste c’est du verbiage”, et tout montre que les
intentions des grandes entreprises ont toujours été de faire du profit,
et non pas de sauver des vies.
En France, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie,
Agnès Pannier-Runacher, a annoncé que le prix des masques chirurgicaux à
usage unique seraient plafonnés à 95 centimes, et que le prix des
masques en tissus ne seraient pas encadrés. Des prix qui paraissent bien
trop élevés pour le journaliste Lionel Maugain :
un masque chirurgical pouvant être utilisé de 3 à 4h seulement, le
budget total pour une famille assez nombreuse pourrait s’élever jusqu’à
200 euros par mois ! Comment demander à des familles qui ont déjà du mal
à se nourrir en ces temps de pandémie mondiale de payer 200 euros pour
se protéger d’une épidémie qu’elles subissent de plein fouet ? Pour les
masques en tissu, leur prix n’étant pas encadré, les magasins pourraient
s’y donner à coeur joie en faisant flamber les prix. Les déplacements
étant restreints jusqu’au 11 mai, cela signifie qu’il faudra se plier au
prix du magasin le plus proche de chez nous. Selon Lionel Maugain, “ les
prix, c’est le grand carnaval. Comme on l’a indiqué, on a des masques
qui sont vendus jusqu’à 15 euros dans certaines pharmacies.” Plus
encore, avec la verbalisation de 135 euros qui va être mise en place pour non-port du masque dans les transports, on peut bien imaginer que ce sera à nouveau aux plus précaires de payer la crise.
Alors que le gouvernement a tenté de dissimuler la pénurie de masques
en sortant mensonge sur mensonge, qu’il y a quelques semaines il nous
annonçait que le port du masque était inutile, aujourd’hui ceux qui
n’auront pas assez d’argent pour s’en procurer seront sanctionnés.
Pendant ce temps, les grandes entreprises s’en mettent plein les poches
sur le dos des travailleurs. Parce que cette situation est inacceptable
et parce que ce n’est pas à nous de payer la crise, à l’heure où le
gouvernement veut déconfiner le pays à marche forcée pour relancer la
machine à profits des grands patrons, nous devons exiger la gratuité des
masques pour toutes et tous, et des tests de dépistage massifs comme
préalable à toute reprise du travail !
Plus encore, nous devons imposer
la reconversion sous contrôle ouvrier de la production non essentielle
en production de matériels pour les soignants et la population. Les
entreprises doivent être mises au service de la population et de sa
santé !

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