Christian Porta
Pour la direction de Neuhauser, le profit l’emporte sur la solidarité.
Il y a peu, la Direction Neuhauser Folschviller avait reculé sur sa
décision de détruire environ 1200 palettes de denrées alimentaires
propres à la consommation, sous la pression des salariés. Aujourd’hui,
elle jette quand même plusieurs dizaines de palettes ! Un scandale que
nous tenons à dénoncer.
Fin avril, la direction de Neuhauser annonçait une décision
révoltante, celle de jeter à la poubelle entre 800 et 1200 palettes de
denrées alimentaires. Mais face à la pression grandissante des salariés
par le biais de leurs élus CGT et du relais médiatique sur Révolution Permanente,
la direction faisait machine arrière et se voyait obligée de promettre
d’en faire don à diverses associations et par la suite, aux
particuliers. Une décision que la direction a été forcée de prendre mais
qui lui permettait de redorer son blason déjà bien entaché.
Du point de vue des salariés et de leurs élus, c’était une solution
évidente et une victoire : le gaspillage était évité et, au moment où de
nombreuses familles de travailleurs ont du mal à remplir leurs frigos,
des dizaines d’associations allaient pouvoir les aider.
Suite à un partage massif d’un post sur la page Facebook CGT
Neuhauser, avec plus de 800 partages, un grand nombre d’associations,
ravies de participer à ce projet, sont entrées en contact avec les élus
CGT du site.
Afin de pouvoir mettre à exécution le projet, la CGT a demandé à la
direction de lui fournir un inventaire détaillé de ces palettes,
apprenant dans la foulée que certaines avaient déjà été jetées par
dizaines et ce, dans la plus grande discrétion bien avant que nous ne
soyons alertés et puissions organiser toute alternative.
Après avoir longuement tergiversé, la direction a finalement laissé
entendre qu’effectivement de nombreuses palettes avaient été expédiées
pour une « revalorisation des déchets » avaient en réalité des Dates
Limite d’Utilisation Optimale (DLUO) bien plus longues que celles
annoncées, certaines allant jusqu’à février 2021.
De plus, les explications hasardeuses de la direction laissent à
penser que d’autres palettes auraient été, elles-aussi, expédiées et ce
bien après sa promesse de redistribuer ces produits.
La décision de suspendre cette « revalorisation des déchets »,
puisque c’est de cela qu’il s’agit d’après la direction, coïncide avec
l’annonce du gouvernement de l’autorisation de réouverture des
discounters (Noz, Action, etc).
Force est de constater qu’encore une fois, la direction Neuhauser
Folschviller fait son profit au détriment de la population touchée par
la précarité, induite (ou aggravée) par la crise sanitaire, préférant
grappiller des miettes sur ces centaines de palettes de produits
surgelés propres à la consommation qu’elle considère comme des « déchets
revalorisables ».
Cependant, grâce au rapport de forces mis en place par les salariés
et les élus CGT NEeuhauser la direction a été mise face à ses
responsabilités et forcée à tenir ses engagements envers les
associations. Elle évoque un « sacrifice altruiste » de ses possibles
bénéfices au profit des associations, un cynisme abject quand on sait
qu’après avoir attendu que la CGT s’engage auprès des nombreux
particuliers des alentours, elle refuse catégoriquement de leurs donner
le moindre produit, y compris à ses propres salariés.
En guise de justification, elle avance des arguments plus que douteux
tel que « le souci de traçabilité » ou encore « les risques
bactériologiques d’une mauvaise gestion dans la conservation des
produits » (respect de la chaîne du froid, mauvaise cuisson à cœur, …).
Fidèle à sa ligne de conduite, la direction préfère miser sur un
hypothétique profit induit par la possible réouverture des discounters
et sur les faibles revenus que lui rapporte une « revalorisation de
déchets », tout en s’accaparant les mérites d’une action caritative dont
elle n’est nullement l’initiatrice, bien au contraire.
Mais les salariés sont fiers d’avoir empêché que la direction jette
ces centaines de palettes qu’elle avait bien prévu de mettre à la
poubelle, grâce à leur action collective. Parce que c’est nous qui
produisons, c’est à nous de décider ! Et ils ne comptent pas se taire
face à ce nouveau scandale d’une direction assoiffée de profits.
Nous
allons continuer de construire le rapport de forces pour préparer les
combats à venir.

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