Europalestine
Les médias se sont fait l’écho vendredi des déclarations de Jean-Yves Le
Drian, ministre français des Affaires étrangères, en cas d’annexion par
Israël de la Cisjordanie.
On appréciera non seulement la timidité et la
place du conditionnel dans ce discours, (alors qu’un vote largement
majoritaire a déjà eu lieu au parlement français pour la reconnaissance
de la Palestine), mais aussi la manière dont la France continue à se
cacher derrière l’UE pour justifier son inaction.
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a averti Israël qu’une annexion d’une partie de la Cisjordanie «affecterait»
ses relations avec l’UE, et souligné que Paris restait «déterminé» à
reconnaître «le moment venu» l’Etat palestinien.
«Dans l’hypothèse où nos efforts [pour dissuader Israël]
n’aboutiraient pas, nous nous préparons à réagir. Une décision d’une
telle gravité ne peut rester sans réponse», a-t-il déclaré lors d’un
débat le 24 juin soir au Sénat sur la perspective d’annexion.
«Si les Israéliens décidaient d’aller de l’avant dans le processus
d’annexion, nous serions contraints d’y opposer des mesures affectant
les relations de l’Union européenne et de ses Etats membres
avec Israël», a averti le chef de la diplomatie française.
L’UE pourrait rééxaminer la «participation d’Israël à différents
programmes de coopération» et «renforcer le contrôle de l’origine des
produits importés», a noté le chef de la diplomatie française. (Un
aveu qu’il n’y a aucun contrôle actuellement de la part du gouvernement
français sur les produits des colonies illégales qui entrent en France
-NDLR)
« Il a concédé que la réticence de certains Etats membres (Pologne,
Hongrie..) à sanctionner Israël compliquait toute prise de décision de
l’UE mais estimé que celle-ci ne manquait pas pour autant de marges de
manœuvre. », rapporte l’AFP !
«Une série de mesures peuvent être prises à titre national» et de
manière «coordonnée», notamment entre la France, l’Allemagne, l’Italie
et l’Espagne, a-t-il ajouté. La reconnaissance de l’Etat palestinien, régulièrement demandée par une partie de la classe politique française,
reste une option sur la table, a par ailleurs relevé le ministre. (On
appréciera alors que sous Hollande, le parlement a voté cette
reconnaissance. -NDLR)
«Une éventuelle décision d’annexion ne modifierait en rien, au contraire, notre détermination ancienne à reconnaître le moment venu (souligné par nous, car utilisé pour la deuxième fois… on n’est pas pressés, n’est-ce pas ?) l’Etat
palestinien dans le cadre et le format appropriés lorsque cette
décision sera utile rapidement pour la paix», a-t-il souligné.
« Certains Etats européens réfléchissent à cette option, d’autres
pensent en revanche qu’elle serait contreproductive à ce stade et ne
l’envisagent que comme ultime recours. Jean-Yves Le Drian a fait valoir
que la relance des négociations de paix israélo-palestiniennes doit
rester l’objectif même si pour l’heure elle n’est pas d’actualité : «À
défaut de pouvoir relancer immédiatement des discussions de paix, notre
objectif est de préserver les conditions d’une négociation future et la
possibilité d’une solution négociée».
Quelle audace ! Quel respect du droit international ! Comme Netanyahou va flipper face à des propos d’une telle détermination !
Et toutes les autres mesures concernant la collaboration
bilatérale franco-israélienne que la France a les moyens de prendre
immédiatement ? Quelques exemples :
- ne plus autoriser les Français à servir dans l’armée d’occupation israélienne
- appliquer à l’entrée en France des ressortissants israéliens les mêmes mesures qu’Israël applique aux ressortissants français qui veulent se rendre en Palestine
- ne plus faire bénéficier de déductions fiscales les assocations israéliennes qui collectent des dons en France pour l’expropriation des Palestiniens et de leurs terres
- ne plus dérouler le tapis rouge aux criminels de guerre israéliens quand ils viennent en France
- Refuser que l’équipe cycliste israélienne participe au prochain tour de France cycliste fin août
- appliquer la Convention internationale contre la torture signée par la France et engager des poursuites contre les responsables israéliens qui pratiquent ou font pratiquer la torture sur des femmes, des hommes et des enfants palestiniens…

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