vendredi 20 novembre 2020

Vous avez dit vaccin ?

Antoine Manessis

Il parait que nous aurons très vite, demain peut-être et même avant, le vaccin anti Covid. Alléluia !

Mais au fait quel vaccin : le russe, le chinois, l'étasunien, le français...si toutefois si ces mots ont un sens en ces temps de "mondialisation heureuse" comme disait Alain Minc dont on espère de tout coeur que le Covid l'épargnera car il serait dommage de se priver d'un escroc intellectuel de cette envergure.

On devrait dire quel vaccin : Sanofi, Moderna, Spoutnik V,  AstraZeneca, Pfizer, Sinovac...

On devrait aussi savoir qu'il existe divers sortes de vaccins, au moins 4 types.

On sait qu'il y a plusieurs étapes incontournables pour arriver à la vaccination, 3 phases, et une 4e pour juger sur le long terme des éventuels effets indésirables. 

Bref on n'est pas sorti de l'auberge...

Il est amusant le lire chez les orphelins et nostalgiques de l'Union Soviétique ou de la Chine maoïste que la Russie ou/et Chine sont exemplaires en ce domaine. Comme si ces pays, acteurs centraux de la mondialisation capitaliste, n'étaient pas, contre toute évidence, capitalistes.

Les mêmes qui admirent sans doute l'utilisation des drones et de la reconnaissance faciale en Chine pour contrôler le peuple, trouvent cela désagréable voire liberticide en France. Sur ce dernier point, ils ont raison. Quant à la Chine, il est vrai que pour eux le drone doit être prolétarien et la reconnaissance faciale réservée aux ennemis du peuple...puisque le Chine est dirigée par un Parti communiste. Un Parti communiste du genre de celui qui dirigea l'URSS durant son agonie et qui comptait Gorbatchev ou Eltsine dans sa direction. Ou encore le véritable mafieux qui dirigeait la République Socialiste Soviétique d'Ouzbékistan et le PC ouzbèk, Charaf Rachidov.

On nous dit que 50% des Français-es ne sont pas sûrs de se précipiter pour se faire vacciner. Quand on sait que ce qui compte pour ceux qui fabriquent le vaccin, à Pékin comme à Washington, est de gagner toujours plus d'argent et que les gouvernements sont leurs "fondés de pouvoir", on peut comprendre la réaction dubitative des citoyen-nes. 

Cela étant le ralentissement économique et l'approfondissement de la crise qui sont la conséquence de la pandémie ont aussi donné des ailes et des moyens aux labos pharmaceutiques pour trouver un remède qui permettent de poursuivre la fuite en avant de l'économie capitaliste mondialisée et en même temps de stopper la pandémie du coronavirus.

Espérons que la liberté de mouvement et de rassemblement retrouvés, la peur du virus écartée, les peuples reprendront ou plutôt amplifieront  le combat pour se débarrasser du virus capitaliste qui est la cause profonde des catastrophes en séries qui nous frappent et de celles qui viennent comme la crise sociale, le dérèglement climatique, la dégradation de l'environnement...

C'est bien l’extension hégémonique du mode de production capitaliste à l’ensemble de la planète qui est l'origine du mal.  C'est pourquoi il faut lier les combats sociaux et environnementaux et concevoir le combat pour l’environnement comme une forme de lutte des classes au niveau planétaire entre forces du travail et capital.  

Antoine Manessis

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