Robert
Le 28 juillet 2020, après l’assassinat de Georges Floyd, le Ministre de l’Intérieur français a tenu ces propos délicats en commission des lois à l’Assemblée Nationale :
"Quand j’entends le mot « violences policières », personnellement je m’étouffe". Bien sûr, il a été contraint de condamner les récentes violences policières mais il reste en poste. Or, de quoi s’agit-il ? L’habituelle référence à un usage disproportionné de la force ne tient pas. La violence de quelques policiers non plus. La triste réalité oriente plutôt vers l’alternative suivante : sommes-nous en présence de violences policières que le pouvoir politique ne parvient plus à contrôler ou bien ces violences policières constituent-elles l’assise du pouvoir politique ? Le « en même temps » montre plus que jamais ses limites. On ne peut pas discourir sur la liberté de la presse tout en dissuadant les journalistes de couvrir des manifestations ou en tançant quelques journalistes jugés irrévérencieux. On ne peut pas proclamer la liberté de manifester tout en intimidant les manifestants par des techniques d’encerclement ou par des coups. Si le mouvement social ne peut plus s’exprimer, s’il n’est jamais écouté, cela revient à favoriser des formes de contestation beaucoup moins pacifiques.
Il faut cesser de prendre les citoyens pour des imbéciles. Il faut cesser de jouer avec les valeurs de la République.

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