Antoine Manessis
La macronie remet la question de la casse des retraites sur le tapis.
Provisoirement abandonnée pour cause de pandémie et d'opposition massive des Français-es doué-es de bon sens, la volonté du capital de mettre en route la retraite par capitalisation et donc de détruire la retraite par répartition est réaffirmée par le pouvoir.
Les hommes de main du capital montent en première ligne.
François Bayrou qui a jugé "inéluctable" de mener "la réforme des retraites".
Pour Bruno Lemaire, ministre de l'économie, cela reste même "la priorité, il faudra (…) poursuivre les réformes structurelles : la priorité, ce sont les retraites".
Edouard Philippe, l'ancien premier ministre, un pied dans la macronie et l'autre chez les LR et les deux vers des échéances électorales à venir, déclare le 5 juin : "On devra prendre des mesures qui seront peut-être impopulaires.../...avec une mesure d’âge, c’est-à-dire travailler plus longtemps."
Macron considère la mort des retraites par répartition comme la mère des batailles. Le 3 juin le président a déclaré "La question du financement des retraites sera posée à la nation car notre système n'est plus à l'équilibre." À peine sous-entendu : une réforme est indispensable économiquement mais il la sait politiquement et socialement délicate.
Repousser l'âge de la retraite semble être la piste privilégiée par Macron et ses séides. Or le taux d’emploi en France des plus de 55 ans est un des plus bas d’Europe, à peine 53%. Et encore, ce chiffre date de 2019. Avec la pandémie, la situation s’est aggravée. Une belle contradiction qui étrangement semble échapper au bloc bourgeois.
Eric Woerth (LR) "se réjouit" - tu m'étonnes- "que la réforme des retraites revienne en jeu" et ose "Je milite pour qu’on aille assez vite à 64 ans, et plus tard à 65 ans". Au moins c'est clair. Vu qu'il n'est pas maçon, ni tourneur, ni infirmier, ni instituteur mais un valet du MEDEF, spécialiste de l'optimisation fiscale pour les milliardaires au cabinet Arthur Andersen, dirigeant du "Premier Cercle" un club qui regroupe les plus riches donateurs de l'UMP (participation annuelle minimum de 3 500 euros, plafonnée à 7 500 euros) ça peut s'envisager pour lui. L'écœurante surenchère des serviteurs du capital, LR et LREM...ces gens sont exécrables.
Et c'est sans doute là, dans ce plus anti-social que moi tu meurs, que se trouve l'explication de ce retour.
Macron a besoin des voix de droite à la présidentielle et comme il sait que la majorité de l'électorat de droite est pour une réforme des retraites dans un sens néolibéral, il doit indiquer que celle-ci sera appliquée s'il gagne en 2022. D'autant que le RN, empêtré dans sa démagogie sociale, aura du mal à se démasquer au risque de perdre les gogos des milieux populaires qui votent pour lui. Affirmative durant des années sur sa volonté de quitter la zone euro, la dirigeante politique avait fini par faire machine arrière. "C'est possible que Marine Le Pen lève un peu le pied sur le sujet des retraites" déclare un sous-chef du RN. Et oui...avec les fachos, les lendemains sont durs car ils servent le même capital que Macron. Par ailleurs Macron sait que la gauche va se servir de ces annonces, mais il sait aussi qu'au 1er tour on rassemble son camp. Il compte donc avec ce dossier embêter ces deux frères-ennemis de droite, RN et LR, et se renforcer.
Une chose est sûre. Au moment de voter les électeurs devront se rappeler de ceux qui défendent la retraite à 60 ans avec 40 annuités. Et parmi eux voir celui qui pourra créer le rapport de forces qui imposera une option de gauche.

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