Antoine Manessis
Colin Powell est mort.
Promoteur et défenseur (avec d'autres) de la guerre en Irak, Powell avait fait, le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU), une longue allocution sur les armes de destruction massive (DMA) qu'il prétendit détenues par l’Irak. Chacun ayant vécu ces heures où la guerre et la paix étaient en jeu, où la vie de millions de gens allait basculer, se souviennent de Powell brandissant devant le Conseil de sécurité une soi-disant fiole d'anthrax et commentant des photos bidons démontrant la présence d'armes de destruction massives qui n'existaient pas. Les arguments de Powell et ses simagrées devant le monde médusé ont servi à justifier l’invasion de l'Irak et la mort de centaines de milliers d'enfants, de femmes et d'hommes sous le déluge de feu, de sang et de mort.
Pas étonnant que Georges W Bush ait salué " un grand serviteur de l’Etat", l’ancien vice-président Dick Cheney "Son héritage et ses états de service inégalés ne seront pas oubliés" et Tony Blair "quelqu’un d’extrêmement compétent et intègre", il est vrai que Blair s'y connait en intégrité comme viennent de le montrer les "Pandora papers"...et Netanyahu "un ami" ce qui n'est pas peu dire.
Powell avait joué un rôle majeur dans le déclenchement de la guerre en Irak, en 2003 et Libération a raison de le qualifié d'"architecte de la guerre américaine en Irak". La "guerre préventive" américaine est lancée en mars 2003, sans approbation de l’ONU. L’armée irakienne est défaite et Saddam Hussein pendu en 2006. On compte plus de 100 000 morts côté irakien.
Pendant la guerre en Irak, l’ONU mène des investigations et ne trouve pas trace des armes de destruction massive dénoncées. Au contraire, les enquêtes sur place prouvent l’abandon du développement d’une arme nucléaire irakienne. "Chacune des déclarations que je fais aujourd’hui s’appuie sur des sources, des sources solides." avait-il menti à la face du monde. En 2015, le rapport des services américains de renseignement, utilisé par l’administration Bush pour justifier l’invasion de l’Irak en 2003, a été rendu public. Rien n’y indique que l’Irak possédait des armes de destruction massive.
Oui le Covid19 a expédié Colin Powell au même endroit où il a plongé des dizaines de milliers d'Irakien-nes et plus de 4000 jeunes étasuniens. En enfer.

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