Antoine Manessis
Ainsi donc l'humanité a failli perdre un de ses plus remarquables spécimens à cause d'une crevette.
Le président brésilien Jair Bolsonaro a avalé la bestiole sans la mâcher convenablement. Résultat, elle lui est restée en travers de la gorge comme un vulgaire communiste. L'intervention des médecins a sauvé le goinfre, hospitalisé deux jours.
Evidemment, les Brésilien-nes s'en sont donné à coeur joie. "Si une crevette a causé l’hospitalisation de Bolsanaro, imaginez avec un calamar [lula veut dire calamar en brésilien], dit un spécialiste..."
"Les crevettes sont anti-fascistes" ont proclamé des ichtyologues. Surtout celles dont la carapace est rose foncée.
La députée communiste Alice Portugal s’est contentée d’écrire : "Il y a des choses [que les supporteurs de Bolsonaro] ne digèrent pas." Sans doute les derniers sondages qui donnent Lula vainqueur de la présidentielle de 2022 dès le premier tour (avec 50%) et 20% pour Bolsonaro.
Comme camarão veut dire crevette mais aussi camarade, on imagine bien que la créativité des Brésilien-nes s'est déchaînée.
En tous les cas le crustacé a gagné l'affection des Brésiliens démocrates. Et la nôtre.

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