NBH
Avant d'en faire un Saint Martyr, les Pandora papers* avaient éclairé le président ukrainien Zelensky
sous un autre jour.
C'était il y a une éternité : le 7 octobre 2021. Qui
aura l'outrecuidance d'en parler ? Ben...nous. BHL sera mécontent mais
on s'en moque comme de colin-tampon.
Pour rappel et pour qu'on cesse de nous prendre pour des imbéciles, nous publions cet article de l'Humanité du 7 octobre 1921.
Cela dit un corrompu peut faire preuve de courage dans certaines
circonstances mais n'oublions pas d'où viennent les hommages ampoulés et
écœurants :
"Qu’est-ce que la grandeur ?
La vraie grande grandeur telle que l’a enseignée la chevalerie européenne ?
C’est peut-être cela.
Cet héroïsme tranquille et fier.
Cet héroïque jeune homme un nouveau père fondateur."
C'est du BHL mais vous l'aviez deviné...
NBH
* Pandora Papers est
une affaire de fuite d'environ 11,9 millions de documents faisant état
de fraude et d'évasion fiscale à très large échelle, et la vérification
et synthèse qui en ont été faites, à l'automne 2021, par un travail
journalistique d'investigation collaboratif par le Consortium
international des journalistes d'investigation (ICIJ).
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Ukraine. Volodymyr Zelensky piégé par les Pandora Papers
Les
révélations se multiplient autour du président ukrainien sur de
nombreuses affaires commerciales via des sociétés offshore. Elles
débouchent sur une crise politique pour le dirigeant, qui avait promis
de combattre ces maux lors de son élection en 2019.
Publié par l'Humanité le Jeudi 7 Octobre 2021 (Vadim Kamenka)
Une
semaine de tous les dangers. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky
essuie une véritable tempête médiatique et politique. Les révélations
sorties dans le cadre des Pandora Papers depuis lundi le visent
directement. Cette enquête, menée par plus de 600 journalistes de
117 pays qui ont étudié 11,9 millions de dossiers confidentiels, pointe
comment s’organise l’évasion fiscale.
En
Ukraine, c’est le site d’investigation de Slidstvo.info qui, en
participant au Consortium international des journalistes d’investigation
(Icij), a sorti plusieurs documents impliquant le président Zelensky
dans des tractations commerciales secrètes. L’un d’eux pointe ainsi
l’achat par des compagnies offshore (une entreprise enregistrée à
l’étranger), appartenant à sa société de production Kvartal 95, « de
trois appartements dans le centre de la capitale britannique (…) pour
une somme d’environ 7,5 millions de dollars », atteste Slidstvo.info.
Les journalistes ont réussi à retrouver leur localisation exacte. Les
deux premiers appartiennent à l’entreprise de Serhiy Shefir, premier
assistant du chef de l’État. L’un, acquis pour 3 millions de dollars en
2018, est situé dans une maison appelée Chalfont Court, en face du
bâtiment 221B Baker Street. Le second se trouve dans l’immeuble Clarence
Gate Gardens juste à côté. Le dernier, détenu par le copropriétaire de
Kvartal 95, Andriy Yakovlev, se situe à quelques mètres du palais de
Westminster.
Cette
affaire est éclairante sur le cercle proche de Volodymyr Zelensky,
issue de sa société de production Kvartal 95 qui se trouve au cœur du
scandale. Elle est derrière un vaste réseau tentaculaire d’entreprises
enregistrées à l’étranger pour cacher leur activité et détenues en
copropriété par son groupe d’amis. Tous sont issus soit de la ville
natale de Zelensky, Kryvyï Rih, dans le sud, ou de sa société de
production. « Il s’agit de Serhiy Shefir, qui a produit les émissions à
succès de Zelensky, et le frère aîné de Shefir, Borys, qui a écrit les
scripts. Un autre membre du consortium est Ivan Bakanov, un ami
d’enfance. Bakanov était directeur général du studio de production et le
réalisateur, producteur et copropriétaire de Kvartal 95, Andriy
Yakovlev », raconte Slidstvo.info.
Ce
partenariat autour de la société de production apparaît quand Volodymyr
Zelensky est acteur, humoriste et comédien et pas encore dirigeant. Il
s’est servi d’une de ses séries les plus populaires, Serviteur du
peuple, où il tenait le rôle d’un enseignant indigné par la corruption
de son pays qui devient président. En 2019, Zelensky reprend le nom de
la série pour en faire une formation politique et se faire élire avec
73 % des voix sur un programme sans concession : la lutte contre les
inégalités, mettre fin au système oligarchique et à la
corruption. « Même si ces révélations ne nous surprennent plus. Nous
sommes extrêmement déçus. Durant la campagne, Zelensky avait incarné un
espoir de changement. Il s’en est pris à l’ancienne génération
dirigeante impliquée dans de nombreux scandales, critiquant son
prédécesseur Petro Porochenko, sur le fait de cacher des actifs à
l’étranger, ou de ne pas assez combattre la corruption », rappelle
Xenia, la quarantaine qui avait participé aux mobilisations massives de
2013 et 2014 sur la place Maïdan.
À
Kiev, un mécontentement général prend forme. Et cette colère populaire à
l’égard du président pourrait bien grandir dans les jours qui viennent.
Car Slidstvo.info promet encore de nombreuses révélations sur Zelensky
et d’autres responsables ukrainiens. Pour Lena, une retraitée de 65 ans,
habitant dans les environs de Kiev, ce scandale « n’apporte rien de
nouveau. Tous les dirigeants ont été impliqués dans une affaire depuis
l’indépendance. Mais il choque de nombreuses personnes qui voient leur
retraite, leur salaire ne jamais augmenter, à la différence des prix, de
la TVA, de l’énergie. Et à chaque fois les mêmes dirigeants nous
promettent de sortir le pays de la crise économique et sociale et que
chacun devra faire des efforts . Après deux révolutions (2004 et
2013-2014 – NDLR), on n’y croit plus. Et c’est le plus dangereux et
regrettable ».
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire