mercredi 25 mai 2022

Mélenchon, premier ministre : "Donnez-moi un point d’appui : je soulèverai le monde"

Antoine Manessis

Emmanuel Macron est un manœuvrier cynique dont la raison d'être politique est de transformer la France en  éradiquant les conquêtes sociales de 1936, 1945 et 1968. 

Normaliser le pays pour y appliquer une ligne pro-capitaliste dure. Rien d'autre que la feuille de route fixée aux gouvernements par le capital: "Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !" (Denis Kessler MEDEF 2007).

22 ans après la casse promise du compromis historique de 1945, celle-ci se poursuit et s'accélère de façon radicale avec Macron. Son dernier mandat sera sanglant pour nos droits sociaux et nos libertés.  Débarrassé du souci de se faire réélire, il va passer de l'épée à la hache. Sa garde rapprochée, constituée d'illuminés du marché, d'intégristes du capitalisme le plus sauvage, de corrompus, de brutes, est prête pour un véritable saut qualitatif dans la déconstruction de ce qui subsiste du "modèle social français"

Macron est parvenu à éviter tout débat sur son programme lors de 1er tour de la présidentielle. Au 2e tour, il a débattu avec sa complice Le Pen pour ne rien dire. 

Pour les législatives, avec le faux-suspens de la constitution de son gouvernement, Macron réitère l'opération et joue la montre. Une fois le gouvernement constitué, les journalistes commentent l'entrée d'un tel, la sortie de telle autre. On fabrique de faux débats pour éviter les vrais. On commente, par exemple, l'entrée au gouvernement de Pap Ndiaye sans débattre de la politique éducative néolibérale et de privatisation que Macron veut mettre en place. Jean-Luc Mélenchon a parfaitement résumé l'opération Ndiaye: "il est de droite. Comment je le sais ? Parce qu'il est dans un gouvernement de droite. Quand on entre dans un gouvernement, on applique la politique du gouvernement. Pap Ndiaye conduira exactement la même politique que son prédécesseur, Jean-Michel Blanquer. Leur idée est de transformer l'école en quelque sorte en un marché du savoir avec des établissements en compétition les uns avec les autres et produisant des diplômes locaux". 

Entre parenthèse, il est affligeant de lire sur le blog préhistorique d'un groupuscule jadanoviste que "Jean-Luc Mélenchon, (est) toujours davantage sous l’influence des thèses indigénistes comme s’en vanta Houria Bouteldja". Lire du Zemmour sur un blog "communiste" en perdition...pitoyable.

Notons tout de même la persistance chez Macron et sa clique de tout faire pour escamoter le débat sur les programmes, les projets, les visions des différentes forces politiques. Il est vrai que pour le moment la seule certitude sur les intentions macronistes est de reculer l'âge de la retraite à 65 ans. Le reste étant une séries de mesurettes ponctuelles (genre primes non-pérennes) qui relèvent de la charité de dames patronnesses plus que d'une politique sociale. Ce qui n'a rien d'étonnant quand on regarde qui sont ces hommes et femmes de la Macronie en marche. 

Même au sports, ils réussissent à mettre une énarque, "Young Leaders" de la "French american foundation", directrice de la planification stratégique du groupe Axa, puis directrice marketing, marque, service et digital d'Axa France, puis encore directrice e-commerce, data et transformation digitale du groupe Carrefour. Amélie Oudéa-Castéra est administratrice de la société française Plastic omnium depuis 2014 et de la société d'investissement Eurazeo depuis 2018. Son époux est le PDG de la Société Générale.

Les piètres tentatives de triangulation de Macron (planification écologique, avenir en commun...) se heurte au choix même de ses ministres qui sont des Robocops du néolibéralisme et de néoconservatisme.

Le seul, oui le seul barrage à la contre-révolution sociale est le vote pour l'Union populaire et ses candidat-es sans tomber dans un sectarisme imbécile qui consisterait à trier les "purs" des "impurs". Laissons ces considérations aux temps obscurs.

Antoine Manessis

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