Antoine Manessis
SNCF, RATP, Energies, Education...Les appels à la grève se multiplient.
Le 18 octobre sera une grande journée revendicative pour les salaires et le droit de grève.
Le 16 octobre la NUPES manifeste avec sa Marche contre la vie chère, pour les retraites, le climat et la jeunesse.
Quelles que soient les arrières pensées, de congrès ou de rapport de forces politiques, ce qui compte, en définitive, c'est la convergence, l'union des forces syndicales et politiques. Et la mobilisation.
S'il est regrettable que la direction confédérale de la CGT n'appelle pas à la Marche, s'il est dommage que le PCF ne se joigne à la celle-ci qu'en traînant les pieds, il reste que l'essentiel sera de mesurer le niveau de la mobilisation des salarié-es et pas seulement dans le secteurs traditionnellement réactifs aux mots d'ordre syndicaux.
C'est à partit des luttes, de ce qu'elles portent, de ce qu'elles réclament, de la façon dont elles sont menées, de leur caractère massif et combattif, que se constituent les conditions ou non d'une alternative politique. Les luttes ont un autre avantage. Elles clarifient les positionnements des uns et des autres.
La Macronie poursuit son travail de destruction des conquêtes sociales et son autoritarisme s'affirme même si des élus de Renaissance tanguent parfois, soumis à la pression des électeurs. Quand Bruno Le Maire, qui se prononce contre les taxes sur les super-profits et qui disait en août dernier "Je ne sais pas ce que c’est qu’un super-profit" , finit par dire que "Total doit augmenter les salaires" on se dit que les luttes sociales et les campagnes politiques de la gauche sur la taxation des super-profits font leur effet. Le bénéfice net de TotalEnergies a plus que doublé en un an et l'entreprise annonce un dividende exceptionnel de 2,62 milliards d’euros aux actionnaires. Les luttes politiques et sociales mettent à nu le système et ses "fondés de pouvoir". Quant au PDG, 5,9 millions d’euros lui ont été attribués au titre de ses rémunérations soit une hausse spectaculaire de 52% par rapport à 2020. Et "on" pense que les travailleurs vont gober cela sans mot dire ?
Le RN se trouve dans l'incapacité de nous jouer sa petite musique "plus social que moi tu meurs". Son masque tombe face aux luttes. Il ne sait plus s'il doit dire "Law and Order" ou faire semblant de soutenir les revendications. Il s'essaye aux deux en même temps mais son malaise, son impasse, son imposture est visible. Lorsque le pays lutte, le RN est comme dissous.
La gauche se réunit autour des exigences populaires. Elle se retrouve aux côtés du monde du travail en lutte, soutenant et relayant les revendications. Au point que les chiens de garde médiatiques plongent dans le complotisme et voient dans la situation sociale "une offensive politique de la gauche de la gauche, telle Clémentine Autin, Sandrine Rousseau et de la gauche syndicale" (France 2 Nathalie Saint Cricq). Hommage du vice à la vertu.
Un dernier mot sur les sondages. Avec une campagne médiatique entièrement et scandaleusement tournée contre les grévistes des raffineries, 42% des personnes interrogées soutiennent la grève, 40% la désapprouvent.
Avec une telle base les luttes, contre la destruction des retraites par répartition et le recul de son âge à 65 voire 67 ans, de l’assurance-chômage honteusement pulvérisée, des services publics appauvris et cassés, de la précarité des emplois qui devient la règle, pour l'augmentation des salaires et le blocage des prix des produits nécessaires, peuvent se déployer, unir et vaincre.

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