mardi 4 avril 2023

"Cachez donc ce sein que nous ne saurions voir"

NBH

Les guignols sectaires s'en donnent à coeur joie. Sans crainte de se contredire.

Ainsi le congrès de la CGT passe de  "éruption de classe au congrès" où "la ligne réformiste est largement minoritaire" aux "résultats décevants du congrès de la CGT" avec une secrétaire générale "lisse" et "sociétal-européiste" (sic), "voire discrètement atlantiste"(re-sic). Il est vrai, éructent les imprécateurs, qu'elle "a longtemps été adhérente de l’UNEF puis du PS et parce qu’il s’agit d’une cadre". Horreur.

En fait, elle fut militante de le JOC, vice-présidente de l'UNEF, au PS de 2008 à 2012, et cadre c'est-à-dire en l'occurrence CPE dans des lycées professionnels (conseillère principale d'éducation). Pour rappel 1800 euros par mois. Un(e) CPE est un(e) fonctionnaire d'État de catégorie A. Puis elle fut permanente de la CGT depuis 2014 et, depuis 2021, secrétaire générale UGICT-CGT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens).

Ainsi aux yeux des jdanoviens, eux-mêmes petits-bourgeois et cadres à la retraite, la nouvelle secrétaire générale de la CGT est "euro-réformiste" et "sociétal-européiste" et pourquoi pas social-fasciste pendant qu'on y est ? "La grande presse de s’extasier" devant Sophie Binet mentent-ils alors que la "grande presse" au contraire s'inquiète que la CGT présente un visage ouvert, féminin et jeune aux travailleurs et aux travailleuses.

Mais il est vrai que se présenter comme féministe et écolo devant des dinosaures dogmatiques, c'est trahir leur conception patriarcale et obsolète des choses. Une femme à la tête de la CGT...et non un musculeux métallo, quelle décadence !

"Sophie Binet ira 'discuter' bras dessus, bras dessous avec Mme Borne." Quel scandale, s'étouffent les nostalgiques du classe contre classe. Comme si les syndicalistes devaient refuser la négociation avec les patrons, ne serait-ce que pour montrer aux gens que le pouvoir refuse la moindre concession à 70% du peuple hostile aux 64 ans.

Même Laurent Brun (St Gal de la CGT cheminot), qui devient numéro 2 de la Confédération, ne trouve pas grâce aux yeux des sectaires. Pourtant, et sans être obligé d'être toujours d'accord avec lui, reconnaissons que son approche du syndicalisme est riche de pistes prometteuses. On peut lire dans la revue Contretemps l'entretien passionnant et lucide de Laurent Brun avec Stathis Kouvélakis datant du 6 mars 2023. ( https://www.contretemps.eu/retraites-syndicalisme-lutte-classes-entretien-laurent-brun/ ). C'est autre chose que la logorrhée poussiéreuse et impuissante de la secte.

Tant pis pour eux. Les temps changent heureusement.

NBH

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