Antoine Manessis
"Madame Le Pen a une politique économique folle, qui est exactement point pour point celle de Monsieur Mélenchon." (Nicolas Sarkozy, Mars 2015).
La démission du maire de Saint-Brevin-les-Pins, victime de menaces et d'attentat par l'extrême-droite, est l'expression des territoires perdus de la République face au néo-fascisme.
Le domicile de Yannick Morez (divers droite) avait été la cible d’un incendie criminel à la fin de mars. Sa ville a été le théâtre de manifestations d’extrême droite après l’annonce de l’arrivée d’un centre d’accueil de demandeurs d’asile. Le maire démissionnaire a fait référence "au manque de soutien de l’État".
Elisabeth Borne, qui a jugé très choquant l'incendie du domicile du maire, a conclu sa sortie en renvoyant dos à dos extrême-droite et extrême-gauche. "Cela montre qu’il y a une montée de l’extrémisme dans notre pays. Il faut qu’on soit très vigilants sur ce sujet. L’extrémisme vaut des deux côtés." La crapulerie chimiquement pure de cette dame qui dit "Je suis une femme de gauche", elle qui, ministre des transports, a démantelé le service public ferroviaire, de l’écologie a été condamnée pour inaction climatique, du travail a spolié les chômeurs avec la réforme de l’assurance chômage et Première ministre a retardé de 2 ans l'âge de la retraite aux travailleurs.
Quand ces gens vous disent qu'il est minuit, vous pouvez parier qu'il est midi.
Cela devient un réflexe conditionné pour la Macronie et les droites d'amalgamer extrême-droite et extrême-gauche. Comme si l'on pouvait confondre les deux. La possibilité d'une telle infamie ne tombe pas du ciel. Elle a été idéologiquement préparée par la criminalisation de la gauche communiste. Du goebbelsien "Livre noir du communisme" de Stéphane Courtois et Nicolas Werth au sophistiqué "Passé d'une illusion" de François Furet, c'est tout une campagne médiatiquement massive qui a été menée pour parvenir à confondre les Soviétiques, vainqueurs de Stalingrad et libérateurs d'Auschwitz, avec les exterminateurs nazis.
Cette campagne vise toutes les forces de la gauche de transformation. C'est pourquoi elle a tenté de présenter la Révolution française comme la matrice du "totalitarisme". Vouloir changer le monde étant assimilé à une politique criminelle. Robespierre, victime d'une légende noire, fabriquée par la réaction thermidorienne, devint une figure du mal. Les jacobins devenant les prédécesseurs des bolcheviks.
Aujourd'hui, ce sont les Insoumis qui deviennent l'ennemi de l'intérieur remplaçant les communistes. C'est pourquoi les macronistes et les droites qualifient la France Insoumise d'extrême-gauche. Alors qu'un minimum de culture historique et politique rend une telle qualification inepte et absurde. Mais un mensonge mille fois répété devient une vérité pour celles et ceux qui sont matraqués à longueur de temps, d'ondes, d'antennes, de films, de documentaires, de revues, de journaux... qui disent tous la même chose : la France Insoumise, voilà l'ennemi !
Cela devient insupportable et intolérable. De l'extrême-droite masquée et osant s'intituler "Front populaire" aux anti-républicains se réclamant du "Printemps républicain", aux racistes qui accusent les anti-racistes d'être racistes, aux gens du GUD qui accusent les Antifas de violence, aux cathos intégristes qui se font passer pour des défenseurs de la laïcité, à Zemmour qui se fait passer pour gaulliste, à Marine Le Pen, cheffe du parti néo-fasciste qui se fait passer pour une amie des chats... les vérités alternatives de la propagande multi-forme de la bourgeoisie doivent être dénoncées et déconstruites.
"Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire" nous a enseigné le grand Jaurès. Poursuivons le chemin qu'il nous a tracé au prix de sa vie.
* Commentaire de JL Mélenchon à propos d'un dessin de Plantu dans l'Express en 2011.

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