Antoine Manessis
Fabien Roussel, le Lénine de notre temps, se lance à l'assaut du Palais d'hiver ou du moins des préfectures, des stations service et des grandes surfaces "si nécessaire"...en précisant tout de même, avec un léninisme tempéré par Ghandi, qu'il est "un partisan de l’action non violente".
Aussitôt Jean-Luc Mélenchon a expliqué qu'il refusait de s'associer à cette initiative, qualifiée de "violente" et dont il critique le manque de préparation. "Fabien Roussel appelle à envahir les préfectures. Cette initiative violente est purement personnelle. Elle n'a été discutée nulle part, pas même au PCF. Je crois donc qu'il ne serait pas raisonnable de s'y associer compte tenu de la violence qu'elle supposerait dans cette impréparation totale".
Plutôt que violente nous dirions ridicule.
En effet, on imagine mal les vieillissants militants du PCF, légalistes jusqu'à la moelle, s'emparer des préfectures en piétinant les robocops suréquipés. De la com. Point final. Se démarquer sur la "gauche" de l'ennemi n°1 du PCF rousseilisé, la France Insoumise. D'autant que celle-ci a prévu une marche contre les violences policières et le racisme le 23 septembre et qu'il faut la saboter y compris en disant n'importe quoi, du moment qu'on brouille le message de Mélenchon, qu'on sème la confusion.
Voilà à quoi rime cette intervention de rentrée de Roussel, l'année dernière c'était contre la gauche des allocs et cette année il la joue blanquiste en peau de lapin. Eliane Assassi, sénatrice communiste, en perd son latin "L’appel de Fabien Roussel à envahir les préfectures, c’est non" dit-elle, prenant trop au sérieux la pantalonnade de Roussel.
Quand on se souvient que Roussel critiquait vertement Mélenchon et la FI lors de la révolte des quartiers populaires, les "émeutes" de cet été, pour ne pas avoir hurler avec les loups, il est piquant de l'entendre désormais tonner "ça va péter !" comme un vulgaire trotskiste.
Il est pathétique, au regard de l'histoire, de voir le PCF et ce courant politique du mouvement ouvrier et populaire qui a tant donné au combat émancipateur, ridiculisé par un apparatchik médiocre.

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