lundi 25 septembre 2023

N'oubliez pas 1933

Antoine Manessis 

"Lorsque Fabien Roussel parle de frontières qui sont des passoires, lorsqu'il parle de la “France des allocs”, je m'inquiète des propos qui valident des idées de droite, voire d'extrême droite. Il doit choisir son camp" a déclaré Mathilde Panot interrogé sur Franceinfo.

Rappelons que Roussel ne se prive pas d'attaquer la FI. Ainsi  il accusait la France Insoumise  de ne pas "représenter la gauche qui ne cède rien aux valeurs de notre République". Exactement les même insultes que le gouvernement, la droite macroniste et le RN.

La présidente du groupe FI à l'Assemblée nationale a dénoncé les "dérives très inquiétantes" du Fabien Roussel. Elle a déclaré aussi, en échos au tweet de Sophia Chikirou, approuvé par Jean-Luc Mélenchon, "Je ne condamne pas les propos de Chikirou, je dis juste que Fabien Roussel n'est pas Jacques Doriot".

Qu'a dit Sophia Chikirou ? "L'histoire se répète et il y a du Doriot dans Roussel". Jean-Luc Mélenchon a relayé la comparaison faite par la députée Insoumise sur sa propre page Facebook. 

Autre députée Insoumise, Clémentine Autin a déclaré "L'unité se fait avec des gens, des sensibilités, des partis différents. Il faut arriver à faire vivre cette unité" notamment en acceptant "que d'autres ne pensent pas comme nous", a-t-elle déclaré, constatant que "Fabien Roussel a pris ses distances avec le rassemblement, il a aussi dit des choses sur La France insoumise qui ne sont pas acceptables. Je dis 'halte au feu' car si on est dans une surenchère d'invectives, à la fin ce qu'on abîme c'est l'espoir de changer".

Raquel Garrido, également députée de la FI, quant à elle considère que "Dire de Roussel qu’il est hitlériste, ça relativise la collaboration et le nazisme. C’est du confusionnisme historique. Ça fait reculer la politique, ça nous désarme face à l’extrême droite. C’est une erreur politique et historique grossière."

Le PCF dénonce "un véritable appel à la haine et à la violence contre Fabien Roussel" et exige des excuses.

En février 2022, Elsa Faucillon, députée communiste (PCF)  exprimait ses désaccords avec Fabien Roussel sur sa manière de tenter de surfer sur des thématiques d'extrême-droite les assimilant à des positions qui seraient celles des classes populaires.

En revanche, en janvier 2022 le président du Printemps républicain, Amine El Khatmi, déclarait : "Soutenir Fabien Roussel face aux attaques, c’est soutenir une certaine idée de la gauche. Roussel est la cible d’une véritable entreprise de démolition de la part d’une extrême gauche égarée dans le décolonialisme, la complaisance avec l’islamisme et le "wokisme" disqualificateur."

Quant à NBH nous écrivions le 12 septembre 2022 "On n'utilise pas les concepts de Marine Le Pen et Eric Ciotti sans semer la confusion."                                                                                          Nous confirmons aujourd'hui que légitimer l'extrême-droite en reprenant ses thématiques est une faute politique majeure dans laquelle Fabien Roussel s'est vautré depuis trop longtemps. On se pose en s'opposant, certes, mais pas en singeant, inutilement d'ailleurs, ce que dit la réaction. 

De plus nous considérons, plus stratégiquement, que le PCF qui a un passé, n'a pas d' avenir. Il est inutile ce qui est le pire pour un parti politique. Son déclin et sa marginalisation sont incurables  à nos yeux.

Cela étant dit la comparaison avec Jacques Doriot, membre du BP du PCF passé au nazisme, est absurde tant du point de vue historique que politique. Dire que Roussel légitime certaines thématiques d'extrême-droite est suffisamment grave pour éviter de dire n'importe quoi. Mélenchon devrait le savoir.

Sans oublier que 2027 approche inexorablement et que le peuple de gauche exige un minimum de responsabilité des ses chefs pour être capables d'action commune et unie contre la droite et la menace d'une victoire des néo-fascistes.

Antoine Manessis

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