Antoine Manessis
Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a déclaré, dimanche, que les Etats membres de l’Union européenne devaient "augmenter considérablement leur aide à l’Ukraine dans sa défense contre la Russie".
La contribution de l’Allemagne à l’Ukraine s’élèvera à sept milliards d’euros en 2024 et représente plus de la moitié du montant de tous les autres Etats membres réunis. "Il est impossible que l’Allemagne ait une part aussi importante", a-t-il déploré.
En fait, le chef du gouvernement, le social-démocrate Scholz, voudrait alléger la facture de l'Allemagne. D'autant que, malgré les déclarations des gouvernements, les peuples d'Europe se lassent d'un conflit dont ils ne voient pas l'issue et qui coûte très cher en pleine crise inflationniste dont elle est d'ailleurs une des causes. De plus en plus de gens comprennent que cette guerre doit être terminée par le biais de négociations et non par la livraison d'armes qui ne règlent rien et prolonge les souffrances des Ukrainiens et des Russes. Cette lassitude pourrait se traduire politiquement lors des élections européennes en juin prochain et profiter à l'extrême-droite (AfD).
Aux États-Unis, Ukraine et immigration sont négociés ensemble au Congrès. La dernière livraison d’aide militaire américaine à l’Ukraine avait été annoncée le 27 décembre, et la Maison Blanche a dit et répété que sans rallonge budgétaire votée par le Congrès, il n’y en aurait pas d’autre. Joe Biden réclame le vote d’une rallonge de quelque 100 milliards de dollars pour répondre à l’aide à l’Ukraine, dont les Etats-Unis sont le premier fournisseur d’équipement militaire, et à l’aide à Israël. Le président démocrate a appelé, vendredi, les parlementaires républicains à ne pas bloquer un projet sur l’immigration assurant qu'il s’agirait "de l’ensemble de réformes le plus sévère et le plus juste que nous ayons jamais eu dans notre pays pour sécuriser la frontière".
Pour pouvoir obtenir des budgets pour armer plus encore Israël et l'Ukraine, Biden sacrifie les migrants Latino-Américains. Pour que les Républicains votent les rallonges budgétaires, on leur offre les migrants. Pas certain que cela fonctionne à l'approche de la présidentielle. Trump va jouer sur le deux tableaux : le racisme et la xénophobie et, par ailleurs, la lassitude des Etasuniens à l'égard des dépenses générées par la livraison d'armes à deux pays pour lesquels les populations, aux Etats-Unis et en Europe, ont de moins en moins de sympathie. D'autant que Poutine rappelle que le gouvernement de Kiev glorifie les complices d’Hitler comme Stepan Bandera et que Netanyahou poursuit ses crimes contre l'humanité et ses crimes de guerre contre le peuple palestinien.
La guerre impérialiste en Ukraine et l'occupation et la colonisation en Palestine alimentent un rejet de plus en plus profond mais dont on ignore quelles forces politiques vont capitaliser sur ce mécontentement. Même si l'on peut craindre le pire...

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