Antoine Manessis
Saisie à la fin du mois de décembre par l’Afrique du Sud, la Cour internationale de justice (CIJ), l’organe judiciaire suprême des Nations unies devait statuer, dans un premier temps sur les mesures conservatoires demandées face à un possible génocide en cours dans la bande de Gaza.
Par la voix de sa présidente, Joan Donoghue, la CIJ a effectivement reconnu qu’il existe un "risque sérieux de génocide" et qu’il était urgent de prendre des mesures conservatoires pour défendre la population palestinienne de Gaza et préserver ses droits. Un verdict historique.
Même le juge israélien a voté pour la mesure rappelant l’obligation faite à Israël de respecter la convention de 1948 sur le génocide. Ce qui revient à reconnaître ce risque de génocide. Israël doit prendre "toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir et punir l’incitation directe et publique à commettre le génocide", a souligné la CIJ. Juridiquement contraignantes, la Cour ne dispose pas de moyens pour les faire respecter. Le ministre palestinien des affaires étrangères a déclaré que "les Etats ont désormais l’obligation juridique claire de mettre un terme à la guerre génocidaire d’Israël".
La France Insoumise a appelé lundi la France à prendre d’urgence des mesures nécessaires et réclame de toute urgence une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies pour discuter des mesures qu’il peut prendre.
L’existence d’un risque génocidaire plausible à Gaza oblige désormais les Etats à prendre des mesures concrètes pour prévenir le génocide. Par exemple, ceux qui exportent des armes ou des technologies militaires vers Israël doivent cesser. Les Etats-Unis sont donc placés devant un sérieux dilemme : continuer à protéger inconditionnellement Israël en opposant son veto, ce qui isolera encore davantage les Etats-Unis sur le plan mondial avec des conséquences graves à moyen et long terme, ou laisser le Conseil de sécurité agir et payer un coût politique interne pour ne pas avoir soutenu Israël compte tenu de l'importance du lobby pro-israélien aux États-Unis.
Constatons que les pays occidentaux et la France en particulier n'ont pris aucune sanction contre Israël contrairement à ce qu'ils ont fait à l'égard de l'Iran ou de la Russie ou encore de l'absurde et cruel blocus étasunien à l'égard de Cuba. Les 30.000 morts et les dizaines de milliers de blessés ne semblent pas toucher "l'universalisme et les valeurs de la République" de l'exécutif français.
"Le monde ne regardera pas en silence Israël poursuivre sa campagne militaire visant à décimer la population de la bande de Gaza et déchaîner la mort, le chaos et la souffrance contre les Palestinien·ne·s à une échelle sans précédent", a déclaré la secrétaire générale d’Amnesty International.
Pour confirmer le danger de génocide, un meeting de l'extrême-droite Israélienne a eu lieu dimanche à Jérusalem auquel participaient onze ministre du gouvernement raciste-fasciste de Netanyahou dont le ministre de la sécurité intérieure Itamar Ben Gvir. Les intervenants ont réclamé l’expulsion des Palestiniens de Gaza, jugeant que la réimplantation de colonies était la seule issue pour assurer la sécurité d’Israël. "Il faut aller au-delà de Herzel !" a proclamé Ben Gvir. L'ultra-sionisme fasciste a le vent en poupe animé par un messianisme fanatique et mortifère. Israël est en train de se suicider car sa suprématie militaire n'aura qu'un temps et la greffe coloniale sera inéluctablement rejetée. Pour que cela ne se fasse pas au détriment des gens qui ne sont pas engagés dans ce processus meurtrier à l'égard des Palestiniens la "solution d'un Etat commun, laïc et démocratique" pour les Palestiniens et les Israéliens est la seule envisageable aussi difficile que cela apparaisse aujourd'hui.
Par ailleurs le gouvernement Netanyahu a lancé une opération de contre-feu après la décision de la CIJ. Décision qui a été d'ailleurs étouffée médiatiquement, dans les médias de masse télévisuels en particulier. Israël en attaquant et en calomniant l'UNRWA (United nations relief and works agency for palestine refugees in the near east), l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient. Israël a tenté une diversion en accusant une dizaine de membres de l'UNRWA d'avoir participé d'une façon ou d'une autre au 7 octobre et d'être des militants du Hamas.
L'UNWRA emploie 13.000 personnes. Qu'une dizaine soit des militants du Hamas n'aurait rien de surprenant. Que l'ensemble de l'organisation humanitaire soit sanctionnée par l'arrêt du financement de l'UNWRA est proprement scandaleux et inhumain. En particulier à un moment aussi critique pour le peuple palestinien où l'action de l'UNWRA est indispensable, vitale même. Douze pays ont annoncé la suspension de tout financement futur à l’agence onusienne. Vendredi, les États-Unis avaient immédiatement annoncé l’arrêt temporaire de toute contribution financière, suivis par leurs chiens : le Canada, l’Australie, l’Italie, le Royaume-Uni, la Finlande, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Japon, l’Autriche et la Roumanie. Mardi matin, la Nouvelle-Zélande a à son tour annoncé mardi suspendre son financement.
Ces décisions sont des crimes contre l'humanité. Et cela sur ordre de Bibi, le boucher de Tel Aviv.

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