jeudi 1 février 2024

Gabriel Attal , l'Archange du néant

Antoine Manessis

Qu'espérait Emmanuel Macron en nommant Gabriel Attal premier ministre ?  Sans doute que, prisonnier de son propre parcours, il croyait qu'être jeune et parler pour ne rien dire, ou alors pour dire à peu près tout et son contraire, suffirait pour fabriquer le futur président, clone du précédent. En plus réactionnaire si possible.

Mais il a oublié un facteur essentiel en politique : la quatrième dimension. Le temps. Et la leçon du philosophe matérialiste grec Héraclite "Aucun homme ne se baigne jamais deux fois dans la même rivière, car ce n'est pas la même rivière et ce n'est pas le même homme."

La fraction supérieure de la moyenne bourgeoisie (CSP+) avait cru trouvé son héros après le lâche abandon du navire par un Hollande transformé en gelée tremblotante. Macron disait "De gauche et de droite en même temps"...le rêve du marais qui n'a pas encore compris que la lutte des classes n'est pas une invention démoniaque de Marx mais un fait objectif.  Mais cette catégorie sociale n'est pas majoritaire. Pour qu'elle puisse s'imposer, même si elle a des réseaux et des moyens, il lui faut agglomérer autour d'elle. Marine Le Pen a servi à cela : pour barrer la route au néo-fascisme, le freluquet de la Banque, le ministre de Hollande, devenait un barrage. Du coup, bon an mal an, une partie des braves gens s'y résignèrent et l'autre partie pêcha à la ligne. Le pire fut évitée. Tellement qu'il refit le coup une deuxième fois. Plus difficilement et avec l'aide de ceux qui divisèrent la gauche de gauche.

Mais rêver d'une troisième fois, cela devient marcher sur des sables mouvants. Surtout qu'entre temps de cyniques capitalistes ont "dédiabolisé" Marine Le Pen qui aime les chats, les enfants et la glace au chocolat.

Surtout que pour échapper au danger perçu, la Macronie, comme la vieille droite LR, ne trouve rien de mieux à faire que de copier l'original fasciste et raciste. Espérant un moment d'inattention de l'électorat réactionnaire qui se blottit de plus en plus dans les bras du RN et de sa pustule pétainiste zemmourienne.

Mais pour présenter une alternative il faudrait que la Macronie change de politique, une politique au service des très riches. Autant demander à un colon israélien de considérer un Palestinien comme un être humain. Impossible.  

Alors il ne reste que la com, que l'esbrouffe, que la mise en scène et la canonisation de Gabriel. Un peu léger tout ça. Même la FNSEA n'arrive pas à y croire. Et comment gagner des électeurs des classes populaires en tenant un discours qui fleure bon son Adolphe Thiers ?

Alors ? Alors si la gauche est unie autour de son coeur battant,  de la gauche de rupture, de la gauche rassembleuse, une fin plus heureuse est envisageable. 

En écoutant l'intervention combattive et intelligente de Mathilde Panaud cet après midi à l'Assemblée nationale, après les hennissements des uns, les braiements des autres et les hurlements de la louve, on avait envie d'y croire.

Antoine Manessis 

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