vendredi 9 février 2024

Sénégal : convulsions de la FrançAfrique

Antoine Manessis

C'est le 2 avril que le président Macky Sall  aurait dû quitter la présidence du Sénégal. 

Mais il tente de retarder l'échéance. Il a reporté les élections présidentielles qui devaient avoir lieu le 25 février. Il reporte les élections au...25 décembre 2024. L'opposition dénonce un "coup d’État constitutionnel"  de Macky Sall. Difficile de lui donner tort. 

Il a fallu que la gendarmerie pénètre au sein de l'Assemblée nationale pour disperser les députés de l'opposition qui protestaient contre cette décision arbitraire.

Après avoir évoqué les accusations de corruption portées contre le Conseil constitutionnel, le président a annoncé avoir abrogé le décret convoquant l'élection présidentielle pour le 25 février. Depuis 1963, aucune élection présidentielle n'a été reportée au Sénégal, la France parvenant à installé son homme-lige en préservant les apparences. Reste que la décision de Macky Sall a plongé les Sénégalais dans la stupeur et la colère.

Colère qui s'était déjà exprimée clairement quand Macky Sall avait évoqué un troisième mandat inconstitutionnel. Des manifestions, qui furent violemment réprimées, il y  eut 24 morts, avaient éclaté en juin dernier alors que la population protestait contre la perspective de sa nouvelle candidature et aussi contre la condamnation pénale d'Ousmane Sonko, le leader populaire d'un parti anti-corruption au message anti-impérialisme français, qui se trouve en prison.

L'interdiction du parti de Sonko fut accompagné d'une nouvelle vague de répression.

De plus la situation continuait d'échapper au président. Bassirou Diomaye Faye, le remplaçant de Sonko, a le vent en poupe. Sall a décidé de soutenir le fils de l'ancien président Karim Wade. Mais celui-ci fut condamné à de la prison pour enrichissement illicite et gracié par Sall. Mais le Conseil constitutionnel a refusé d'enregistrer sa candidature. C'est pourquoi le président a fait allusion à une possible corruption au Conseil...

C'est dans un contexte explosif que Sall se livre à ses jeux anti-démocratiques, dans un pays frappé par une pauvreté endémique et où les jeunes n’ont d’autre perspective que l’émigration. Et où sa politique de bon élève de la France n'a fait qu'aggraver la situation. 

Sall est un néolibéral et une marionnette de l'impérialisme français. Un impérialisme déclinant en Afrique et qui tremble à l'idée de perdre le Sénégal de sa zone "d'influence". La FrançAfrique est à l'oeuvre dans cette opération. 

On ne peut que reprendre les mots de l’économiste sénégalais Ndongo Samba Sylla : "ces événements s’inscrivent dans l’histoire de l’impérialisme électoral".

Antoine Manessis

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