Antoine Manessis
La France insoumise et ses dirigeants ont signé une tribune hier 17 août pour mettre en garde le Président sur une potentielle procédure de destitution contre Emmanuel Macron, accusé de "coup de force institutionnel contre la démocratie". "Nous donnons à cette tribune un rôle concret d’avertissement solennel. En France, le seul maître est le vote populaire"
Un mois et demi après les élections, les insoumis mettent en garde le Président qui "serait sur le point de nommer un chef de gouvernement sans tenir compte du résultat politique" des législatives, qui ont placé en tête la gauche unie au sein du Nouveau Front populaire (193 députés).
"On peut qualifier de coup de force institutionnel contre la démocratie la décision du chef de l’Etat".
Marine Tondelier (écolo) a réagit en affirmant "Je n’ose imaginer qu’Emmanuel Macron ne nomme pas Lucie Castets."
Et Olivier Faure chef du PS considère que "la réponse à une nomination d’un Premier ministre qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine est la censure".
Quant au PCF il considère "que LFI choisit de se lancer dans la présidentielle dès maintenant. C’est leur choix. Pour nous ce n'est pas la priorité".
Il est vrai que cette procédure a fort peu de chances d'aboutir puisqu'elle suppose une majorité des deux tiers dans les deux assemblées (Sénat et Assemblée nationale). Mais il s'agit de faire de la politique. Il s'agit de stimuler la vigilance républicaine et démocratique de notre peuple face au dénis démocratique de Macron et ses simagrées autocratiques.
Macron, par son comportement contraire à la tradition républicaine, continue à alimenter le courant d'extrême-droite, à renforcer le RN néofasciste. Son mépris pour le suffrage universel légitime le discours néofasciste. Des crétins irresponsables accompagnent la petite musique putschiste de Macron avec des considérations aussi creuses que des tambours, tel Daniel Cohn-Bendit et Zaki Laïdi qui, après des considérations d'une imbécilité intersidérale sur "la magie des Jeux olympiques a opéré. Elle a enchanté la France et son peuple", on ne doit pas fréquenter le même, nos deux Dupont et Dupond nous offrent le fruit de leur réflexion: "Le choix du premier ministre devrait se porter sur une personnalité rompue aux usages de la politique, mais suffisamment respectée pour transcender les clivages". Nos deux ânes sont la voix de leur maître. Il n'y a pas de "clivages à transcender", il y a le SMIC à augmenter, la contre-réforme des retraites à abroger, l'hôpital, l'école, l'université, la SNCF... à sauver du naufrage, l'environnement à protéger contre sa destruction par le capitalisme.
Plus gravement ce mépris pour le peuple souverain s'exprime de façon de plus en plus décomplexée. Le vocabulaire utilisé par la Macronie est tout simplement celui du fascisme français. On exagère ? Non. Prenons un seul exemple.
Matthieu Valet est un ex-commissaire de police (de ceux sans doute qui font que tout le monde aime la police) devenu eurodéputé du parti néofasciste (RN). Il était invité sur C-News, la chaîne fascistoïde de Vincent Bolloré, le milliardaire d'extrême-droite catho intégriste. Invité par Pascal Praud, le petit Henriot de la chaîne brune. Mathieu Vallet, parmi toutes ses divagations et insanités, nous en a sorti une belle : "Le nouveau Front populaire c'est le front de l'anti-France". Mais cela est normal venant d'un fasciste.
Ce qui devrait l'être moins, même si la Macronie nous a habitué au pire, c'est d'entendre (le 12 août à Sud radio) la porte-parole du gouvernement démissionnaire Prisca Thevenot décerner la "médaille d'or de l’anti-France" à La France insoumise, coupable, selon elle, de trahison après qu’une de ses députées, Ersilia Soudais, ait critiqué l’interdiction du port du voile par les athlètes françaises pendant les Jeux. Thevenot considère que LFI "a un discours anti-France en permanence sur tout, sur les forces de l’ordre, sur la justice, sur le rapport aux médias et sur la laïcité." N'en jetez plus, Madame la ministre.
La macroniste quelque peu exaltée (huit de ses collaborateurs l'ont quitté pour harcèlement moral et humiliations répétées) reprend ici une vieille expression de l’extrême droite et du fascisme français, popularisée notamment par Charles Maurras(1868-1952) un royaliste et antisémite, chef de l'Action Française. Et bien sûr par le traître Pétain qui employait cette expression pour qualifier les juifs, les communistes, les francs-maçons et les étrangers.
L'expression est très utilisée ces derniers mois par des figures du néofascisme au Rassemblement national ou à Reconquête. Et désormais par la Macronie.
On comprend donc que la proposition de la France Insoumise s'inscrit en contre-offensive à cette entreprise de criminalisation de la FI par des droites de plus en plus radicalisées, violentes, anti-républicaines et anti-démocratiques.
Quand toute les droites parlent comme Maurras et Pétain, il est grand temps d'en avertir les habitants de notre pays et de leur faire saisir les conséquences tragiques que cela pourraient avoir sur leur existence. D'ailleurs la destitution de ce président incendiaire et irresponsable serait déjà un fait si c'est le peuple qui en décidait.
Le problème étant pour nous, à gauche, d'être en situation de le remplacer.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire