CADTM (Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde) :http://www.cadtm.org/spip.php?article21
UN G-20 POUR RIEN
Les effets d’annonce ne manquent pas autour du sommet des 20 pays industrialisés et émergents (G20) réuni à Londres les 1er et 2 avril pour apporter des solutions à la crise. Mais bien avant la clôture du sommet, les conclusions sont connues : le G20 ne sera pas à la hauteur de l’enjeu.
Au-delà de la publication dans la presse spécialisée d’un projet de communiqué final très insuffisant, la raison en est simple : le sommet du G20 n’a pas été mis en place pour apporter de véritables solutions, il a été convoqué à la va-vite une première fois en novembre dernier pour sauver la mise des puissants et tenter de colmater les brèches d’un capitalisme en pleine crise. Impossible, dès lors, qu’il apporte aux peuples du monde entier des alternatives suffisamment radicales pour inverser la tendance. Initié par ceux qui profitent du rapport de forces actuel, le sommet du G20 est structurellement incapable de choisir des pistes de nature à modifier en profondeur ce rapport de forces. Quand un chef d’Etat ou le directeur d’une institution internationale est arrivé à son poste grâce au soutien des grands créanciers et des multinationales, il ne va pas chercher à fragiliser le pouvoir de ses précieux soutiens.
Comme la situation est intenable du fait de la crise financière internationale, le G20 va chercher à limer les dents de ce système prédateur au lieu de le mettre hors d’état de nuire. L’opinion publique va donc être priée de regarder dans deux directions qui doivent servir à cristalliser l’exaspération : les paradis fiscaux et les rémunérations des dirigeants de grandes entreprises.
Il faut abolir les paradis fiscaux, cela va de soi. C’est facile à décider. Il suffit d’interdire aux entreprises et aux résidents d’avoir des actifs dans ou d’entretenir des relations avec des partenaires situés dans des paradis fiscaux qui sont tout à fait identifiables. Les pays de l’Union européenne qui fonctionnent comme des paradis fiscaux (Autriche, Belgique, Grande-Bretagne, Luxembourg…) et la Suisse, qui est signataire des accords de Schengen, doivent lever le secret bancaire et mettre fin à leurs pratiques scandaleuses. Mais telle n’est pas l’orientation prise par le G20 : quelques cas emblématiques seront sanctionnés, des mesures minimales seront demandées aux pays concernés, et une liste noire des territoires "non coopératifs" soigneusement épurée (la City de Londres, le Luxembourg ou l’Autriche ont obtenu de ne pas y figurer) sera dressée. D’ailleurs, une telle liste existait déjà, mais au fil du temps, la quasi-totalité des pays en avait été rayée. On va donc reprendre les mêmes et recommencer.
Par ailleurs, les rémunérations des dirigeants des grandes entreprises, incluant parachutes dorés et bonus divers, sont proprement scandaleuses. En période de croissance, le patronat affirmait qu’il fallait récompenser ceux qui prenaient des risques et apportaient tant de profits aux sociétés (nous ne parlons pas là des travailleurs, vous l’aurez compris !) afin qu’ils ne partent pas ailleurs. Maintenant que la crise est solidement installée et que les entreprises creusent leurs pertes, les mêmes continuent de justifier des revenus faramineux. Le G20 va "encadrer" ces rémunérations, pour une durée limitée (jusqu’à fin 2010 en France). La logique elle-même n’est pas remise en cause, on en gomme juste l’aspect insupportable pour la faire perdurer.
Au-delà des questions des paradis fiscaux et des super-bonus des patrons, pour lesquelles aucune sanction éventuelle n’est spécifiée, les pays du G20 vont continuer de renflouer les banques, mais sans en prendre le contrôle pour imposer d’autres orientations que celles qui ont échoué depuis plusieurs décennies et qui ont conduit à la crise actuelle. Le G20 ne manque pas de rappeler qu’il va lutter contre le protectionnisme, comme s’il était inadmissible de vouloir protéger les secteurs vitaux de son économie. Le libre marché et la dérégulation forcenée ont conduit au fiasco, le G20 en tire des conclusions que les populations ne peuvent accepter : il cherche à sauvegarder coûte que coûte ce libre marché, apanage des puissants qui ne veulent rien lâcher de leur domination face aux plus faibles.
Peu importe au G20 si le FMI a été un acteur central dans l’imposition des politiques d’ajustement structurel depuis les années 1980, au contraire, le G20 veut le remercier d’avoir été le grand ordonnateur des privatisations à outrance, de la libéralisation de l’économie, de l’ouverture des marchés et de la réduction drastique des budgets sociaux. Le FMI, bien que discrédité et délégitimé au niveau mondial, va être remis au centre du jeu politique et économique grâce à un apport de fonds d’ici 2010.
Un petit coup de peinture sur un monde en ruines, voilà la démarche du G20. Seule une forte mobilisation populaire pourra permettre de bâtir des fondations solides pour construire enfin un monde dans lequel la finance est au service des êtres humains, et non l’inverse. Les manifestations du 28 mars furent importantes : 40 000 personnes à Londres, des dizaines de milliers à Vienne, Berlin, Stuttgart…, sur le thème "Que les riches paient pour la crise !". La semaine d’action mondiale convoquée par les mouvements sociaux du monde entier lors du Forum social mondial (FSM) de Belem en janvier a donc eu un écho de tout premier ordre. Ceux qui ont annoncé la fin du mouvement altermondialiste se sont trompés, celui-ci démontre qu’il est parfaitement capable de réussir de grandes mobilisations. En France, les 29 janvier et 19 mars derniers, les salariés, les sans-emplois, les jeunes ont affirmé avec force qu’ils veulent d’autres solutions à la crise que celles qui consistent à sauver les banquiers et à obliger ceux d’en bas à se serrer une fois de plus la ceinture.
En contrepoint du G20, le président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miguel d’Escoto, a convoqué une réunion générale des chefs d’Etat pour le mois de juin et a demandé à l’économiste Joseph Stiglitz de présider une commission qui fera des propositions pour répondre à la crise globale. Selon certains documents préparatoires, les solutions proposées sont inappropriées, mais elles auront le mérite d’être soumises à la discussion de l’Assemblée générale des Nations unies. Pourquoi la presse fait-elle le silence autour de cette démarche ? Pourquoi le quotidien Le Monde participe-t-il à une campagne de discrédit international à l’encontre de Miguel d’Escoto qui a eu le courage de saluer l’importance du FSM de Belem, qui a pris activement parti pour la défense du peuple palestinien et s’est prononcé contre toute attaque contre l’Iran sous prétexte de mettre fin à son programme nucléaire ? Poser la question, c’est y répondre.
Une nouvelle crise de la dette est en préparation au Sud, elle est la conséquence de l’explosion de la bulle de la dette privée immobilière au Nord. La crise qui touche aujourd’hui l’économie réelle de tous les pays du Nord a provoqué une chute des prix des matières premières, ce qui a réduit les recettes en devises avec lesquelles les gouvernements des pays du Sud remboursent leur dette publique externe. De plus, le "credit crunch" a provoqué une hausse du coût des emprunts des pays du Sud. Ces deux facteurs provoquent déjà des suspensions de remboursement de la dette de la part des gouvernements des pays les plus exposés à la crise (à commencer par l’Equateur). D’autres suivront.
La situation est absurde : les pays du Sud sont des prêteurs nets à l’égard du Nord, à commencer par les Etats-Unis qui ont une dette extérieure totale de plus de 6 000 milliards de dollars (le double de la dette externe des pays du Sud). Les banques centrales des pays du Sud achètent des bons du Trésor des Etats-Unis. Ils devraient au contraire former ensemble une banque du Sud démocratique afin de financer des projets de développement humain. Ils devraient quitter la Banque mondiale et le FMI qui sont des instruments de domination. Ils devraient développer des relations de solidarités Sud-Sud comme le font les pays membres de l’ALBA (Venezuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua, Honduras, Dominique). Ils devraient réaliser un audit des dettes qu’on leur réclame et mettre fin au paiement des dettes illégitimes.
Le G20 va veiller à préserver l’essentiel de la logique néolibérale : il est déterminé à rétablir la sacro-sainte croissance, dont le contenu n’est jamais interrogé, et à "résister au protectionnisme". Les principes erronés sont de nouveau martelés : le G20 réaffirme son attachement à "une économie mondiale ouverte basée sur les principes de marché", donc son soutien au dieu marché n’est pas négociable. Le reste n’est qu’illusion.
Damien MILLET, Éric TOUSSAINT
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La réponse du Sud au G20
Par Juan Manuel Bueno Soria
Tandis que les médias internationaux prétendent mettre en avant les accords résultant de la réunion du G 2O, affirmant qu’ils permettront au système financier international bien endommagé de survivre, les pays du Sud apparaissent comme voulant établir une nouvelle architecture mondiale fondée sur le déploiement d’efforts financiers d’un impact élevé, comme la création de nouvelles banques et la signature d’accords régionaux novateurs.
Le 7 avril 2009

Le communiqué du G20, actuellement appelé « Consensus de Londres », annonçant l’octroi au FMI d’un milliard de dollars, n’est pas convaincant aux yeux de la société internationale, bien que le communiqué mette en relief d’autres mesures, comme la publication d’une liste de paradis fiscaux et la fin du secret bancaire . En fait, on a fait fi des attentes de plus de 180 pays qui n’étaient pas présents, comme l’on a fait fi des recommandations d’organismes indépendants qui s’étaient donné pour tâche d’analyser le développement de l’économie mondiale et de ses principales variables.
Nonobstant la consolidation du FMI, la situation mondiale reste incertaine ; au fond, nous nous trouvons bien loin de la concertation portant sur un accord commercial durable.
Les problèmes laissés en suspens par le Consensus de Londres
La déclaration finale de Londres ne met pas un terme aux inquiétudes de plusieurs pays concernant la création d’une devise plus consistante que le dollar américain qui ,sans provoquer de trouble, faciliterait les échanges de biens et de services au niveau mondial. Rappelons que peu de jours avant la réunion, le président de la Banque Populaire de Chine proposa l’introduction d’une devise stable qui ne soit pas liée à un pays concret, proposition qui serait profitable au système financier mondial. C’était là une position semblable à celle de la Russie et du Brésil.
De son côté, le Global Europe Anticipation Bulletin, édité par la think-tank LEAP/Europe 2020, publia dans l’édition internationale du Financial Time du 24/03/09, une lettre ouverte adressée aux participants du sommet du G20 sous le titre : « dernière opportunité avant une dislocation politique globale ». On y trouve les recommandations suivantes :
1. La solution de la crise s’appuie sur la création d’ une nouvelle monnaie de réserve internationale. Il est recommandé de « réformer le système monétaire et de créer une nouvelle monnaie de réserve internationale ». Et l’on prévient : « tant que le problème stratégique ne sera pas abordé et résolu, la crise ira en s’aggravant ». De même, il est suggéré que cette monnaie puisse être créée sur la base d’un panier de devises provenant des principales économies mondiales et qui pourrait être fonctionnelle dès le premier janvier 2010.
2. Il faudrait installer le plus vite possible les systèmes de contrôle bancaire. Cette lettre fait référence à la nécessité de créer un système de contrôle à l’échelle mondiale et demande la nationalisation rapide des institutions financières, nationalisation considérée comme l’unique moyen d’éviter que celles-ci n’entament un nouvel épisode d’endettement énorme.
3. Il faudrait veiller à ce que le FMI évalue les systèmes financiers nord américains, britanniques et suisses. Il est essentiel que pour le mois de juillet de cette année, le FMI présente au G20 une évaluation indépendante afin de connaître « les dommages causés par la crise aux trois piliers du système financier mondial »
La lettre ouverte se termine en remarquant que la « tâche du G20 consiste à rendre confiance à 6 millions de personnes ainsi qu’à de nombreuses organisations publiques et privées ». Elle prévient également que si ces mesures ne sont pas prises « la dislocation géopolitique mondiale deviendra inévitable à la fin de cette année »
Jusqu’à présent, l’ensemble des membres du G20 paraissent accepter sans réticences les points qui avaient été convenus lors du Consensus de Londres. Il reste à savoir de quelle habileté feront preuve les gouvernements nationaux pour dépasser les protestation des citoyens et répondre aux situations locales inédites caractérisées par la fermeture massive d’entreprises, le chômage ainsi qu’une migration intensive .C’est le cas du Mexique, pays qui, de plus, retombe dans le cercle vicieux bien connu de l’endettement. Le Mexique a obtenu en effet un prêt de 47 milliards de dollars, doublant ainsi sa dette externe.
La situation est encore plus incertaine pour les nations qui n’ont pas été invitées au sommet de Londres, à l’exception de quelques pays du Sud qui ont audacieusement réagi par des mesures spécifiques. Ces mesures leur permettront d’atténuer les effets de la crise internationale et de poursuivre leurs projets de développement régional
La réponse du Sud
Les réactions des pays du Sud, face aux crises économiques répétées, ne datent pas d’aujourd’hui. Il suffit de se reporter aux discours prononcés par divers chefs d’Etat et de gouvernement au cours de ce que l’on a appelé le sommet du Millénaire des Nations Unies, en septembre 2000. De ce sommet est née la Campagne du Millénaire, avec des objectifs précis devant être atteints au plus tard en 2015. Parmi les objectifs prévus, aujourd’hui inatteignables, l’accent a été mis sur l’éradication de la pauvreté. Le FMI et la Banque Mondiale, organismes associés officiellement au programme dénommé « Objectifs du Développement du Millenium », portent une grande responsabilité dans l’échec de ces objectifs. Assumeront-ils ces responsabilités ?
Lors de ce sommet, le premier ministre irlandais, Bertie Ahern, fut celui qui présenta le condensé le plus dramatique de la situation régnant dans les pays sous-développés : « la moitié de la population mondiale lutte pour survivre avec un revenu inférieur à deux dollars par jour et quelques 250 millions de personnes tentent de le faire avec moins d’un dollar par jour. De plus, 250 millions d’enfants, âgés de 14 ans ou moins, travaillent parfois dans de terribles conditions ». Il ajouta : « dix personnes mourront de malaria durant les cinq minutes au cours desquelles je vais parler devant vous ».
Le président Chavez, l’un des septante orateurs qui se présentèrent devant le micro de l’Assemblée Générale, fit la remarque suivante : « les graves crises du XXème siècle trouvent leur origine dans les différences abyssales existant entre dirigeants et dirigés, pauvres et riches, exploiteurs et exploités, entre le comportement caractérisé par la rhétorique formaliste des organismes internationaux d’une part et les conflits et la souffrance des peuples d’autre part.. »
Il ajouta : « ce qu’il faut dès lors élucider, c’est de savoir si le monde du nouveau millénaire continuera à fonctionner de cette façon perverse ou s’il y a des possibilités de changement ». De même, sur la base de la proposition de Kofi Annan de réduire de moitié le nombre de personnes –22%- qui, dans le monde entier, ont des revenus inférieurs à un dollar par jour, le président du Venezuela fit remarquer que pour atteindre l’objectif fixé, il faudrait augmenter le revenu de 140.000 personnes, chaque jour de chaque mois de chaque année, en commençant à cet instant même, en ce 7 septembre 2000, jusqu’au 31 décembre 2015. Face à cette situation et se référant au droit international, il propose « un changement structurel dans l’Organisation des Nations Unies…. ». Il propose également d’ « assumer pleinement la réalité en abandonnant tout double discours et en revendiquant les normes de droit international rendant possible la totale égalité de tous les peuples sur la terre ».
En mars 2002, sous les auspices de l’ONU et du FMI, s’est tenue, dans la ville de Monterrey, au Mexique, la Conférence Internationale sur le Financement du Développement. Le président Chavez se présenta au forum au titre de président du Groupe des 77, plus la Chine. Il proposa la création d’un Fonds Humanitaire International (FHI) « alimenté par un pourcentage prélevé sur la dette externe mondiale, par un pourcentage prélevé sur les dépenses militaires effectuées dans les pays en développement, ainsi que par un pourcentage prélevé sur le narco-trafic ou alors provenant d’un impôt mondial sur les transactions spéculatives et les paradis fiscaux ». Devant ces propositions, la Conférence de Monterrey garda le silence.
Nonobstant la position inflexible affichée par les organismes financiers multilatéraux, la construction d’une nouvelle architecture financière internationale se poursuit. Signalons parmi les avancées les plus importantes les éléments suivants.
Le SUCRE. Les pays faisant partie de l’Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), c’est-à-dire la Bolivie, le Honduras, Cuba, le Nicaragua et le Venezuela, ont travaillé intensément cette année pour l’instauration d’une monnaie appelée SUCRE (Système Unique de Compensation Régionale) . Il s’agira d’une formule se substituant au dollar pour les échanges commerciaux. La Dominica participe au projet comme observateur en se fondant sur son expérience du dollar des Caraïbes, monnaie commune à plusieurs pays des Caraïbes Orientales. Le Sucre commencera à fonctionner de façon virtuelle, en tant que valeur symbolique servant aux échanges entre les membres du groupe. Il sera ensuite converti en papier monnaie destiné à l’usage quotidien. C’est la voie qu’ a suivie l’euro. Il débuta en tant qu’unité comptable appelée ECU ( European Currency Unif) et servit à l’échange entre les pays de la Communauté.
La Banque du Sud. Créée par l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, l’Equateur, l’Uruguay, le Paraguay et le Venezuela, fin 2007, elle reçut, au cours d’une réunion ministérielle, le 23 mars passé, l’approbation lui permettant de commencer ses activités en disposant d’un capital initial de dix milliards de dollars. En mai prochain, les ministres tiendront une nouvelle réunion à Buenos Aires, réunion après laquelle sera convoqué un sommet présidentiel à Caracas. Ce sommet fixera la date du début des opérations.
Le Sommet ASPA. Le 31 mars passé, deux jours à peine avant la réunion du G 20 à Londres, 12 pays sud-américains et 22 pays arabes se sont réunis pour la seconde fois à Doha, au Qatar, afin de lutter contre la spéculation financière. Au cours de la réunion, le président du Venezuela, Hugo Chavez, parla d’une banque de l’OPEP et souligna à nouveau la nécessité d’une nouvelle monnaie internationale qui pourrait prendre le nom de « monnaie pétrolière » . Le Global Europe Anticipation Bulletin a donné à cette monnaie le nom de El Khaleeji.Elle pourrait être mise en circulation en janvier 2010.
La Banque irano-vénézuélienne. Inaugurée le 3 avril dernier par les présidents du Venezuela et d’Iran, un jour après le G 20, cette banque est une réponse emblématique à l’impérialisme financier elle commence à tracer les plans d’une nouvelle architecture financière à court terme. La banque aura comme capital initial un milliard 200 millions de dollars, 600 millions investis par la partie vénézuélienne et 600 million par la partie iranienne. Cet investissement permettra de financer les projets de production des deux pays : ceux de la société iranienne « Petropars » et de la société d’Etat « Petroleos de Venezuela S.A » qui envisagent la construction de navires pétroliers. Cet investissement assurera également les projets relatifs au développement des opérations commerciales et au développement de la production d’hydrocarbures dans les deux nations. L’impact de cette banque permettra des opérations avec effet de levier avec diverses institutions financières, ainsi que la création d’accords avec d’autres banques du Moyen Orient.
Devant les contradictions révélées par le Consensus de Londres , différents pays du Sud ont, somme toute, renforcé leurs actions au travers d’une nouvelle conception des relations financières internationales afin de contrer la crise économique capitaliste mondiale. Dans ce processus, l’appui total et la pleine participation des citoyens des pays engagés dans ces actions de portée mondiale est de plus souhaitable.
Juan Manuel Bueno Soria est docteur en droit, spécialiste en Coopération Internationale. Université de Toulouse I. France.
Source: Rebellion
Traduit de l'espagnol par Jean-Pierre Plumat pour Investig'Action
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La respuesta del Sur a la fallida cumbre de Londres
Juan Manuel Bueno Soria
Rebelión
Mientras que los medios internacionales pretenden promover que los acuerdos emanados de la reunión del G-20 permitirán la sobrevivencia del deteriorado sistema financiero internacional, los países del Sur se perfilan hacia el establecimiento de una nueva arquitectura económica mundial, en base al desarrollo de esfuerzos financieros de alto impacto, como la creación de nuevos bancos y de acuerdos regionales innovadores.
El comunicado del G-20, ahora conocido como “El Consenso de Londres”, en el que se da a conocer el otorgamiento de un billón de dólares al FMI, no es convincente a los ojos de la sociedad internacional, a pesar de poner en relieve otras medidas como la publicación de una lista de paraísos fiscales y el fin del secreto bancario. De hecho, se pasaron por alto las expectativas de más de 180 países que no estuvieron ahí presentes, así como las recomendaciones de organismos independientes que se han dado a la tarea de analizar el desarrollo de la economía mundial y de sus principales variables.
No obstante la consolidación del FMI, la situación mundial permanece incierta, pues en el fondo nos encontramos lejos de la concertación de un acuerdo mundial sostenible.
Los pendientes del Consenso de Londres
La declaración final de Londres deja en el aire las inquietudes de varios países en torno a la creación de una divisa más consistente que el dólar americano, que sin sobresaltos, facilite los intercambios de bienes y servicios a nivel mundial. Recordemos que pocos días antes de la reunión del G-20, el presidente del Banco Popular de China propuso la introducción de una divisa estable y no vinculada a un país concreto, la cual beneficiaría al sistema financiero mundial, posición similar a la de Rusia y a la de Brasil.
Por su parte, el Global Europe Anticipation Bulletin, editado por el think-tank LEAP/Europe 2020, publicó en la edición internacional del Financial Times de 24/03/2009, una carta abierta dirigida a los integrantes de la Cumbre del G20 con el encabezado siguiente: “Última oportunidad antes de la desarticulación política global”, en cuyo texto se encuentran las recomendaciones siguientes:
1. La solución de la crisis estriba en crear una nueva moneda de reserva internacional. Recomienda “reformar el sistema monetario y crear una nueva moneda de reserva internacional” y previene “Mientras este problema estratégico no sea abordado y resuelto, la crisis se agravará”. Así mismo, sugiere que la moneda podría crearse sobre la base de una cesta de divisas de las principales economías mundiales y entrar en funcionamiento a partir del 1º de enero de 2010.
2. Implementar los sistemas de control bancarios lo antes posible. Se refiere a la necesidad de crear un sistema de control a escala mundial, y demanda la pronta nacionalización de las instituciones financieras, como única manera para prevenir que éstas inicien un nuevo episodio de enorme endeudamiento.
3. Hacer que el FMI evalúe los sistemas financieros estadounidense, británico y suizo. Es esencial que para julio de este año, el FMI presente al G-20, una evaluación independiente, para conocer “el daño causado por la crisis dentro de estos tres pilares del sistema financiero mundial”.
La carta abierta termina diciendo que “la tarea del G-20 es restituir la confianza a 6 mil millones de personas y a múltiples organizaciones públicas y privadas”, y previene que de no ponerse en práctica estas medidas, “la desarticulación geopolítica mundial se volverá inevitable a fines de este año”.
Hasta ahora, la totalidad de los miembros del G-20 parecen aceptar sin reticencias los puntos acordados en el Consenso de Londres. Queda por conocer las destrezas de los gobiernos nacionales para superar las protestas ciudadanas, en respuesta a las inéditas situaciones locales caracterizadas por el cierre masivo de empresas, el desempleo y la migración intensa. Este es el caso de México, país que además reincide en lo que se conoce como el círculo vicioso del endeudamiento, pues obtuvo un préstamo por 47 mil millones de dólares, duplicando con ello su deuda externa.
La situación es todavía más incierta para las naciones que no fueron invitadas a la cumbre de Londres, con excepción de algunos países del Sur, que han respondido con acciones específicas y audaces, que les permitirán minimizar los efectos de la crisis internacional y continuar con sus proyectos de desarrollo regional.
La respuesta del Sur
Las reacciones de los países del Sur a las repetitivas crisis económicas no son recientes. Basta consultar los discursos emitidos por diversos jefes de estado y de gobierno en el transcurso de la llamada Cumbre del Milenio de las Naciones Unidas en septiembre del 2000. De ahí surgió la Campaña del Milenio, con objetivos precisos para cumplirse a más tardar en el 2015. De las metas planteadas, ahora inalcanzables, la más destacada era el terminar con la pobreza. Del incumplimiento de las mismas tienen gran responsabilidad el FMI y el BM, organismos oficialmente asociados al programa denominado: Objetivos de Desarrollo del Milenio. ¿Se les fincarán responsabilidades?
En aquella cumbre, el primer ministro de Irlanda, Bertie Ahern, fue quien dejó el resumen más dramático de la situación imperante en el mundo subdesarrollado: “la mitad de la población mundial lucha por vivir con un ingreso menor a dos dólares diarios, y unos 250 millones intentan hacerlo con menos de un dólar al día. Además, 250 millones de niños de 14 años o menos trabajan, a veces en condiciones terribles”, y agregó: "10 personas morirán de malaria en los cinco minutos que tomo para hablar ante ustedes".
El presidente Chávez, uno de los 70 oradores que tomaron su turno ante el micrófono en la Asamblea General, señaló: “las graves crisis del siglo XX se gestaron por las abismales diferencias entre dirigentes y dirigidos, entre pobres y ricos, entre explotadores y explotados... entre un comportamiento retórico y formalista de los organismos internacionales y los conflictos y padecimientos de los pueblos". Agregó: "Lo que hay que dilucidar, entonces, es si el mundo de este nuevo milenio seguirá funcionando de esa forma perversa, o si hay posibilidades de cambio". Asimismo, en base a la propuesta de Kofi Annan, de reducir a la mitad la proporción de personas que en todo el mundo - el 22%- tienen ingresos inferiores a un dólar diario, el presidente de Venezuela señaló que para cumplir con la meta establecida, se tendría que elevar el ingreso de 140 mil personas, cada día de cada mes y de cada año, comenzando en ese mismo momento, 7 de septiembre del 2000, hasta el 31 de diciembre del 2015. Ante ello propone, apelando al derecho internacional “un cambio estructural en la Organización de las Naciones Unidas…”; “asumir plenamente la realidad, dejando de lado el doble discurso y reivindicando las normas del derecho internacional que hagan posible la plena igualdad de todos los pueblos sobre la tierra”.
En marzo del 2002, bajo los auspicios de la ONU y del FMI, se efectúa en la ciudad de Monterrey, México, la Conferencia Internacional sobre la Financiación para el Desarrollo. El presidente Chávez se presenta en ese foro en su carácter de presidente del Grupo de los 77 más China y propone la creación de un Fondo Humanitario Internacional (FHI), “alimentado por un porcentaje de la deuda externa del mundo y por otro porcentaje de los gastos militares efectuado por el mundo en desarrollo, así como un porcentaje de las confiscaciones al narcotráfico o de un impuesto mundial a las transacciones especulativas y a los paraísos fiscales”. Ante esas propuestas, la Conferencia de Monterrey guardó silencio.
No obstante la inflexibilidad mostrada por los organismos financieros multilaterales, la construcción de una nueva arquitectura financiera internacional continúa. Entre los avances más importantes señalamos:
El SUCRE . Los países integrantes del la Alternativa Bolivariana para las Américas, (ALBA), integrada por Bolivia, Honduras, Cuba, Nicaragua y Venezuela han trabajado intensamente este año para la instauración de la moneda que se llamará SUCRE (Sistema Único de Compensación Regional), como una fórmula sustitutiva del dólar para el intercambio comercial. Dominica participa en el proyecto como observador, en base a su experiencia en la utilización del dólar caribeño, una moneda común de varios países del Caribe Oriental. El sucre comenzaría a operar de manera virtual, como símbolo de valor para el intercambio del grupo y después se imprimiría como papel moneda para su uso cotidiano. Este es el camino del euro que comenzó como una unidad contable denominada ECU (European Currency Unit), que servía para el intercambio entre los países de la Comunidad.
El Banco del Sur . Creado por Argentina, Bolivia, Brasil, Ecuador, Uruguay, Paraguay y Venezuela a finales de 2007, recibió el 23 de marzo pasado, en el transcurso de una reunión ministerial, la aprobación para iniciar actividades con un capital inicial de 10 mil millones de dólares. En mayo próximo, los ministros sostendrán una nueva reunión en Buenos Aires, tras lo cual se convocará a una cumbre presidencial en Caracas para definir la fecha de inicio de sus operaciones.
La Cumbre ASPA . El martes 31 de marzo pasado, apenas dos días antes de la reunión del G 20 en Londres, 12 países sudamericanos y 22 árabes se reunieron por segunda ocasión en Doha, Qatar, para luchar contra la especulación financiera. En la reunión, el presidente de Venezuela, Hugo Chávez habló de un banco de la OPEP y reiteró la necesidad de una nueva moneda internacional que podría llamarse petromoneda. El Global Europe Anticipation Bulletin ha denominado esta moneda el Khaleeji, la cual saldría a circulación en enero de 2010.
El Banco venezolano-iraní. Inaugurado el pasado 3 de abril por los presidentes de Venezuela e Irán, un día después del G-20, es una respuesta emblemática al imperialismo financiero, con la cual comienza a delinearse una nueva arquitectura financiera en el corto plazo. El banco tendrá como capital inicial mil 200 millones de dólares, 600 por la parte venezolana y 600 por la parte iraní. Ello permitirá financiar los proyectos productivos de ambos países como los de la empresa petrolera iraní Petropars y la estatal Petróleos de Venezuela S.A. para la construcción de buques petroleros, así como los relativos al desarrollo de las operaciones comerciales y de producción de hidrocarburos en ambas naciones. El impacto de este banco permitirá operaciones de apalancamiento con diversas instituciones financieras, así como el desarrollo de convenios con otros bancos de Oriente Medio.
En suma, ante las contradicciones surgidas del Consenso de Londres, varios países del Sur han consolidado sus acciones en vías de una nueva concepción de las relaciones financieras internacionales, a contravía de la crisis económica capitalista mundial. En este proceso, es por demás deseable el apoyo total y la plena participación de la ciudadanía de los países involucrados en estas acciones de alcance mundial.
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Mr. OBAMA, LA V CUMBRE, EL IMPERIO Y LOS PUEBLOS DE AMÉRICA
Por, Martín Guédez
Un revolucionario puede –y hasta debe- ser amoroso, abierto, comprensivo y tolerante, lo que no le está permitido es la ingenuidad cuando esta niega el conocimiento científico de la historia que debe orientar su accionar so pena de labrar por sí mismo el más espantoso fracaso. El mundo –no en vano el poderoso aparato mediático global responde a los intereses del capitalismo- vive unos momentos que algunos llaman “Obamanía”. Una suerte de halo -con todo y alitas- rodea la imagen de este novedoso –novedoso por lo nuevo y por el color de su piel- presidente del imperio más poderoso del planeta. No está mal y no nos apetece el papel de pájaros de mal agüero, sin embargo, veamos objetivamente si es oro todo lo que brilla y si hay razones para echar las campanas al vuelo.
Mr. Obama es el presidente de una nación que concentra el poder militar y económico de las grandes transnacionales del mundo. Mr. Bush también lo era. Es como si usted es cliente de un banco cualquiera y un buen día los dueños del banco le han cambiado el cajero, agrio y mal encarado anterior por uno más amable y sonriente. ¿Habrán cambiado los intereses básicos del banco?, ¿dejará la institución de embargarle su casa si se atrasa en la hipoteca o de cobrarle los intereses de su tarjeta de crédito?, ¿no se estará el banco –el mismo banco- refrescando la imagen con una nueva cara?, suponer cualquier otra cosa es propio de una ingenuidad supina y una crasa muestra de ignorancia histórica. Pero, analicemos el escenario, veamos:
Mientras Mr. Obama derrocha sonrisas y apretones de mano, los perros del capitalismo no descansan en su tarea de borrar del mapa toda forma de amenaza a sus intereses: a) En Venezuela, el Comando Sur continua con sus planes de financiamiento y organización de sus cómplices vernáculos para provocar un golpe de estado, un magnicidio o una guerra civil, que total poco les importa el costo en vidas humanas siempre que logren sus objetivos; b) Apenas con horas de anticipación a la Cumbre, esos mismos cuerpos del terror organizaban actos terroristas –incluido el magnicidio- en la Bolivia de Evo; c) El sonriente Mr. Obama, poco antes de salir a sonreírnos, decretaba la inmunidad para los agentes de la CIA que por años han torturado y asesinado en las decenas de cárceles secretas mantenidas a todo lo largo y ancho del mundo; apenas mañana comenzarán unas operaciones por el Caribe de la IV Flota de los EEUU, con la participación de tropas de países de Nuestra América, de la OTAN, y ahora con la original presencia de tropas alemanas, con el clarísimo propósito de amenazar la soberanía de la región y particularmente con la mira puesta en Venezuela; las tropas y aparatos de guerra estacionados en la Base de Manta están siendo distribuidos en varias “mantitas” –sin mucho revuelo- a lo largo de la frontera de la “hermana” Colombia con nuestra Patria. ¿Seguimos?, pero pasemos al discurso de Mr. Obama en la instalación de la V Cumbre de las Américas a ver que cambios objetivos hubo, ¿les parece?. Veamos:
El Documento de los Países integrantes del ALBA expresa claramente cuales son los deseos, propósitos y exigencias de los expoliados, arrasados y excluidos del imperio, ¿cierto?, pues veamos las respuestas del sonriente Mr. Obama a cada exigencia del ALBA.
1. (Alba) El capitalismo está acabando con el planeta y con la humanidad. La crisis no es una crisis cíclica más sino una crisis sistémica. No se puede parchar el sistema capitalista para que continúe depredando a sus anchas sino diseñar un sistema alternativo. (Mr. Obama) El G-20 está destinando trillones de dólares para salvar de la quiebra a las instituciones financieras que provocaron la crisis. El sistema funcionará con la aplicación de ciertas regulaciones y con ello se pondrá a salvo la democracia, la libertad y el sistema de “valores” del hemisferio.
2. (Alba) El sistema de producción y consumo del capitalismo basado en la ambición y la ganancia ha destruido el planeta hasta hacer –quizás- irreversible el daño causado. (Mr. Obama) Reconoce -¡válganos Dios!- que las emisiones de CO2 son contaminantes y estudiarán el asunto a ver si algún día –siempre que los intereses de las transnacionales no se afecten- firman el Protocolo de Kioto.
3. (Alba) Debe construirse un sistema basado en la solidaridad y complementariedad y no en la competencia. Un sistema en armonía con la madre naturaleza y no de saqueo de los recursos naturales. Un sistema de respeto a la diversidad cultural y no de avasallamiento e imposición de valores. Un sistema de paz basado en la justicia social. (Mr. Obama) EEUU ha hecho a lo largo de la historia mucho por la democracia y la libertad en América Latina ¿?. EEUU está dispuesto a hacer más aún pero exige que los pueblos de América hagan más también ¿?. Por último… Yo no estaba ahí cuando pasó eso.
4. (Alba) Como expresión concreta de la nueva realidad del continente, los países latinoamericanos y caribeños hemos comenzado a construir una institucionalidad propia: ALBA-TCP, PETROCARIBE, UNASUR, el SUCRE, etc. (Mr. Obama) Hemos dado recursos al FMI, al Banco Mundial, al BID, y ellos asignarán recursos de acuerdo con la “prioridades”.
5. (Alba) ¡Fin del criminal bloqueo a Cuba ya! (Mr. Obama) Está dispuesto a dialogar –luego de haber concedido unas burusas con lo del envío de remesas- sobre democracia, libertad de expresión, derechos humanos, libre mercado, etc., en Cuba (¡claro!) no en EEUU.
Esta es la realidad de la “fantabulosa” presencia de Mr. Obama –quien me cae bien, por cierto- en la V Cumbre de las Américas. Cualquier otra expectativa sería de una imperdonable ingenuidad y no estamos para esas cosas cuando está en juego le vida de la humanidad y el planeta. Seamos cándidos como palomas pero sagaces como serpientes o nos llevan en los cachos. ¿ta bien? Cuando ustedes se consigan un tigre vegetariano hablamos sobre halos, alitas y sonrisas. Es más, fuertes a lochas a que si Mr. Obama sonríe un poquito más de la cuenta le espera la suerte de J. F. Kennedy (En EEUU tienen unos "angelitos" especiales para resolver estos casos).

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