Europalestine
« Je m’appelle Claire, j’ai 27 ans et j’ai participé avec une immense joie et
beaucoup d’espoir à la délégation des femmes pour Gaza ! Je fais partie des 4
femmes présentées comme « dangereuses et recherchées » par les autorités
égyptiennes, propos qui a été, honteusement, repris par le Consul de France au
Caire. »
"J’ai découvert avoir été ainsi qualifiée à mon retour en France, puisqu’à
mon arrivée au Caire, j’ai été avec 3 autres militantes isolée, déplacée
plusieurs fois dans l’aéroport, dans des salles vitrées mais isolées de tout
contact avec d’autres passagers (afin de ne pas croiser le reste du groupe je
suppose) et enfin mises en rétention avec les migrants. Quelle ne fut pas ma
surprise !
Je savais pourtant que les femmes regroupées au terminal 3 faisaient un
sit-in pour dénoncer notre arrestation et le refus des autorités de laisser la
délégation entrer en Egypte, mais j’étais loin de m’imaginer dangereuse et
recherchée ! Plus c’est gros, plus ça passe, doit se dire Monsieur le
Consul !
Avant de passer notre nuit en cellule, nous avons dû réclamer durant 4 heures
le simple droit de parler à une personne anglophone afin de connaître enfin le
motif de notre isolement et expulsion imminente ! Au terme de ces 4 heures
d’insistance, auprès, au bas mot, de quinze personnes différentes, nous avons
appris que nous serions mises en rétention… pour notre sécurité ! Ainsi, pour
notre sécurité, nous avons été isolées, enfermées, privées de nos téléphones et
appareils photo (sauf un… que j’ai réussi à faire passer en cellule et grâce
auquel nous pouvons présenter notre cellule.)
Durant ces mêmes 4 heures, les autorités égyptiennes ont tenté de nous
convaincre de prendre à nos frais un vol vers nos pays respectifs, à chaque
fois, nous avons insisté sur le Droit International, réclamant une expulsion à
leur frais, et sur nos compagnies de vols initiales, et aux destinations de
notre choix, conformément à la loi. Le cas échéant, nous avons prévenu que nous
refuserions de monter dans un avion.
Nous avons exprimé notre volonté de rejoindre le groupe, qui nous a bien
évidement été refusé ! De même que la possibilité de pouvoir prendre contact
avec notre ambassade et le consulat. Le simple fait d’obtenir de l’eau nous a
également demandé des heures de négociations ! Au terme d’une nuit en rétention,
que nous avons passé dans la bonne humeur sachant nos comparses chantantes au
terminal 3, nous avons été expulsées avec trois belges que nous avons retrouvées
« par hasard » sur le chemin de l’expulsion. Les militantes belges ont signifié
leur indignation aux autorités, mais aussi dans l’avion à l’intention des
passagers et à l’issue de notre vol, l’équipage nous a apporté la marque de son
soutien, ainsi qu’à la cause palestinienne !
Nous avons, en dépit de la déception, gardé le sourire tout du long cette
nuit, nous sachant soutenues dans l’aéroport mais aussi en France et au Caire.
Nous ne regrettons nullement d’avoir participé à cette mission et je souhaite
repartir encore et encore, jusqu’à ce que les femmes de Gaza soient libres, nous
n’aurons de cesse de dénoncer les conditions de vies dans la bande de
Gaza !"
Claire de Lyon
CAPJPO-EuroPalestine


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