SAMIA habite Bab El Oued. AZZEDDINE habite Baraki.
Ils ne se sont jamais vus. Les deux familles décident de les marier.
Les fiançailles faites, le mariage consommé, SAMIA et AZZEDDINE s’installent à Baraki dans un logement neuf type AADL.
SAMIA découvre qu’elle ne s’entend pas avec AZZEDDINE. Alors pas du tout ! La nuit
et le jour, l’eau et le feu.
SAMIA, pour dominer le couple, met en place une stratégie qui va durer deux mois.
De la cuisine :
- AZZEDDINE, mon chéri.
- Oui SAMIA. Que veux-tu ?
- Tu vas voir ma mère à Bab
el Oued et tu lui demandes de te remettre la nappe bleue pour notre salle à manger.
AZZEDDINE
s’exécute, prend le minibus à Baraki pour aller à Bab el oued chercher
la nappe bleue. (30 km aller-retour/ 2 heures de minibus)
De retour de Bab el Oued il pose la nappe sur la table de la salle à manger.
- Oh ! Merci AZZEDDINE. Tu vois comme elle belle, cette nappe.
Trois jours passent.
- AZZEDDINE, viens ici.
- Oui, SAMIA.
-
Tu vas chez ma mère, tu lui demandes une bouteille d’huile kabyle,
celle que je préfère. Tu verras, elle est délicieuse pour la salade.
AZZEDDINE s’en va chercher à Bab el Oued l’huile kabyle, celle que préfère sa femme.
- Goûte-la, lui dit SAMIA
AZZEDDINE goutte l’huile et claque sa langue en faisant la grimace.
- Ca va !
C'est tout ce que tu trouves à dire.
- Ca va bélébien
Encore trois jours qui passent.
- AZZEDDINE viens, ya aâmri.
AZZEDDINE se précipite (On est encore dans la lune miel)
- Tu vas chez
ma mère, tu luis demandes de m’envoyer le miel d’essence de pins (snouber). Tu verras c’est délicieux.
AZZEDDINE enlève sa gandoura, met un jean et s’en va prendre le minibus pour Bab el Oued.
Retour d’AZZEDDINE à Baraki au bout de trois heures de voyage en minibus, aller-retour.
Il dépose en renfrognant le pot de miel sur la table de la cuisine et sort sans rien dire.
- Tu es un chou, mon chéri.
(Dans la tête d’Azzeddine : « Tu vas voir si je suis ton chou. »
Une semaine passe, on est au bout de la lune de miel.
- AZZEDDINE, viens ici, crie SAMIA de la cuisine. AZZEDDINE se présente
docilement.
- Tu vas chez ma mère à Bab el Oued, tu me ramènes le service à café que m’avait offert tante Zoulikha.
- SAMIA ma chérie, cette fois tu viens avec moi. Ta mère veut te voir, lui répond AZZEDDINE
- Ah, bon ! Je m’habille et je te suis. J’en ai pour cinq minutes.
De Baraki à Bab el Oued le minibus met une heure. Le couple arrive à Bab el Oued, MALIKA descend et se rend chez sa mère
- Tu ne montes pas la voir ? dit SAMIA
-Non, je t’attends ici près de la porte d’entrée.
SAMIA monte les escaliers et entre chez sa mère.
AZZEDDINE entend la porte se refermer, quitte le bas de l’immeuble, reprend le minibus et retourne chez lui à BARAKI.
Une heure passe, son portable grésille :
- Allo ! dit AZZEDDINE
- C’est SAMIA. Pourquoi es-tu parti ?
-
Je suis parti pour te laisser avec ta mère où tu pourras avoir à portée
de main : la nappe bleue, l’huile kabyle et
le service à café. En deux mois de mariage, tu m’as fait faire 200
kilomètres. Si ça continue, tu me feras faire l'équivalent d'un Tour de
France. Tu restes chez ta mère.
Raki emtelqa , ya azzizti !
Aberrahmane
Zakad –
(tiré de son prochain recueil intitulé « Où en sommes-nous ? ») (
Toutes les histoires sont inédites et construites par l'auteur.)


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire