tgb
Un grand salon bourgeois un patron paternaliste et condescendant un larbin en gants blanc droit et obséquieux :
- vous m’avez sonné monsieur ?
- non sifflé mais c’est pareil …où en est mon gouvernement ?
- le gouvernement de monsieur est avancé...
- c’est bien Manuel c’est bien, vous m’avez viré les 3 dangereux bolcheviks ?
- c’est fait monsieur
- je vous sais gré de me les avoir dénoncé
- je n’ai fait que mon devoir monsieur
- (taquin) on dit d’ailleurs que vous même dans votre jeunesse vous fûtes un peu socialiste…
- (offusqué) ce sont des calomnies monsieur jamais je ne me serais abaissé…
- (geste un peu las) ah l’exaltation juvénile, moi même je
fus un peu rebelle, j’assistai une fois au conseil d’administration de
père, sans cravate…(rires)
- (encore marri) c’était bien audacieux monsieur mais je vous jure que pour ma part…
- (coupant court ) j’ai appris qu’on avait engagé un nouvel intendant…
- oui monsieur, le jeune Macron, un homme bien de sa personne…
- vient-il d’une bonne maison ?
- de la meilleure monsieur, de chez Bilderberg tout comme moi
- c’est une bonne référence en effet…vous lui direz de passer le code du travail à la broyeuse
- c’est déjà fait monsieur
- (surpris et satisfait) décidément mon bon Manuel vous m’étonnerez toujours
- pour vous servir monsieur…(claquant des talons )
- avec zèle, avec zèle… (pensif)…bien sûr ce monsieur Macron se devra de faire travailler mes gens tous les jours y compris le dimanche…
- cela va sans dire monsieur, il en sera comblé, il me confiait d’ailleurs à l’instant que « les droits des travailleurs se transforment en handicaps pour ceux qui ne travaillent pas. »
- le brave garçon…(un peu ému) …savez vous mon cher Emmanuel «
que j’ai vu de mes propres yeux sur les Champs Elysées des jeunes gens
pleurer de ne pouvoir travailler le dimanche après 21 heures… »°
- bouleversant monsieur, proprement bouleversant
- n’est-il pas ? (indigné) on voudrait dégoûter la jeunesse de l’esclavagisme moderne et de l’exploitation heureuse qu’on ne s’y prendrait pas autrement…
- hélas monsieur…il y a encore un mot fort déplaisant dans ce social libéralisme…
- (hochant la tête – un temps ) …dites moi mon cher Manu, permettez que je vous appelle Manu ?
- c’est un honneur monsieur…
- mon cher Manu donc, vous qui êtes un homme compétitif, ça vous
dirait de passer major d’homme prochainement…ouvrir, fermer les portes,
annoncer les visiteurs sur le perron, chasser les importuns, humilier
les domestiques, trousser les boniches, devenir mon valet de pisse...un
métier somme toute passionnant…à la hauteur de vos légitimes ambitions
rampantes…
- c’est mon vœu le plus cher monsieur mais il y a déjà monsieur François…
- ce monsieur François est bien serviable certes, mais il se fait pluvieux et court la gueuze dit t-on… -
- (perfide quoique évasif) il est vrai que certain soir en triporteur…
- (songeur)…bien nous en reparlerons plus tard …n’oubliez pas que ce soir nous recevons les Merdef…
- la table est déjà dressée monsieur…
- c’est fort bien et amenez moi les 35 heures sur un plateau…
- (embarrassé)… c’est que…à vrai dire monsieur…
- oui mon ami… ?!…
- c’est que…je les ai mises au rebut
- (s’esclaffant) au rebut ??!! … vous savez quoi mon petit Manu ?
- (un brin méfiant)… non monsieur ?
- vous êtes encore plus servile que ce mr Sarkozy et c’est un compliment…
- j’en Jouy en Josas Monsieur…
- jouissez jouissez mon ami mais pas sur le tapis…vous pouvez disposer…
Il congédie le larbin qui s’incline et qui sort rompant et rampant.
rue-affre

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