Gilles Devers
Marine
Le Pen emportant la présidentielle en 2017 n’est plus une hypothèse
illusoire. Chacun constate le jeu de massacre auquel se livrent la
Droite et la Gauche institutionnelle, offrant à Le Pen une inespérée
piste d’atterrissage.
Oui, Le Pen peut gagner
Il
reste, avec une probabilité non-négligeable – la société française a
tout pour réagir – le schéma heureux avec Juppé contre Aubry, et Le Pen
dans l’ambulance, mais Hollande comme Sarko, qui font les médias,
misent tout sur un second tour contre Le Pen. Or, ils sont incapables
d’en maîtriser le sort… parce qu’ils ont écœurés tant de leurs partisans
et qu’ils ont métabolisé tous les thèmes du lepénisme,… tous. Encore
hier, les députés socs votaient un contrôle d’Internet que Guéant
n’aurait pas su faire passer. Alors… In memoriam Jaurès.
Dans
le jeu politique, la question centrale est celle des populations
étrangères ou d’origine étrangère. Donc toutes nos amies et tous nos
amis. Sarko avait institutionnalisé la pensée FN au gouvernent en créant
un ministère de l’Identité Nationale. Mais le succès a été ce que l’on
sait, et Sarko a donc du zigouiller ce ministère frelaté, confiant la
question des étrangers au ministère de l’Intérieur. Ah, ça, ça compte,
petit bandit. En réaction, nous avions eu tous les cris d’horreur de la
belle Gauche, orchestré par l’abbé Ligue des Droits de l’Homme : de tout
temps – même sous Pasqua – la compétence relevait du ministère des
affaires sociales, et avec Sarko-le-vilain, le sort des étrangers
n’était plus une question sociale, mais une question de police. Qu’a
fait Hollande une fois élu, formant son premier gouvernement ? Il a
laissé la compétence au ministre de l’Intérieur. Un certain El Blancos. Une
décision qui disait tout, et tout a été confirmé. Je ne développe pas,
car chacun constate : Hollande et Sarko ont validé tous les thèmes Le
Pen. Tous. J’y reviendrais si vous n’êtes pas convaincus.
La fin du « vote obligatoire »
Alors,
l’un ou l’autre, comme vote obligatoire « pour faire barrage à Le
Pen » ? Je dis non. Le vote obligatoire, c’est la rente de ces enfoirés.
Je le dis clairement : demain, avec un second tour Hollande-Le Pen, je
m’abstiens. Je m’abstiens… mais je ne démissionne pas. Ne pas
confondre.
Je
refuse que l’on limite, avec une injonction moralisante, mon rôle de
citoyen à celui de voter, quitte à voter pour celui qui détruit mes
idéaux. Le drame de l’abstention… Tu parles… Tu as vu le menu ? Tu as vu
le processus de désignation des candidats, par des partis lessivés et
pouraves, tenus hors d’eau par les subventions publiques ? Ras-le-bol
de cette culpabilisation qui nous conduit à l’impasse : « Vote pour
moi, même si je suis un crétin fini, car je suis moins pire que
l’autre ».
Le droit est l’œuvre de tous
Chères
amies, chers amis, dans un Etat de droit, le droit est l’œuvre de
toutes et à tous. Vous êtes toutes et tous gardiennes et gardiens du
droit. C’est sur ce terrain que nous devons nous organiser pour attendre
Le Pen et ses contaminés.
Dans
des temps anciens – pas si anciens – le rôle du citoyen était
effectivement limité au vote… en ajoutant l’investissement militant
dans un parti (ils étaient alors honorables), un syndicat ou une asso
(qui sont restés honorables).
Mais
ce modèle, qui fait de vous un petit, est dépassé. Désormais l’action
politique, du gouvernement et du parlement, est encadrée par les
principes du droit, et actionner ce droit de principes, pour sanctionner
un législateur en perdition, est ouvert à tout citoyen. Le vrai
rendez-vous est là.
Avec
des candidats aussi largués de Hollande ou Sarko, Le Pen peut gagner.
Ne nous racontons pas d’histoire. Dans la foulée, elle peut gagner les
législatives, sur le thème : « Donnez-moi une majorité, et faisant élire
députés des chèvres alcooliques, du moment qu’on leur a gravé sur le
cul la marque Le Pen ». Donc,
nous y sommes. Et là chacun peut entrer en jeu, avec un rôle un peu
plus puissant que de glisser, avec une pince à linge sur le nez, un
bulletin dans l’urne.
D’où la question, la seule qui vaille : les normes qui fondent les principes du droit sont-elles menacées par Le Pen ? L’Europe ?
Le
Pen dit qu’elle veut sortir de l’Europe, ce qu’elle ne pourra faire.
C’est son plus gros mensonge. Il faudrait qu’elle sorte de deux
Europes : l’Union européenne et le Conseil de L’Europe. Des conséquences
diplomatiques incalculables, des domaines entiers de compétences à
récupérer, avec des embauches massives de fonctionnaires à former, une
mélasse financière sans nom en voulant sortir de l’euro… tout ça sans
créer un soupçon de croissance, ni un emploi… à part des fonctionnaires.
Le Pen ira donc faire son boudin à Bruxelles et Strasbourg, mais elle
ne sortira pas de l’Europe : la France ne tiendrait pas six mois, et
avec son équipe de bras cassés, elle serait éliminée en quelques
semaines.
Le
droit européen restant, nous pourrons attaquer toutes les lois et
toutes les mesures règlementaires décidées par les chèvres alcooliques.
Et ce sera victoire après victoire, jusqu’à humilier Le Pen et ses bras
cassés. Collard, Sinistre de la Justice… Wahou, offrez-nous ce lascar
sur un plateau, et on lui apprendra en deux mois ce qu’est la relativité
et le surmoi !
Les autres sources des droits fondamentaux
Et
puis, même si Le Pen sortait de l’Europe, il nous resterait le droit
fondamental issu de la Déclaration de 1789 et du Préambule de 1946,
blindé par la jurisprudence du Conseil constitutionnel, qui en gros,
recoupe la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme et
de la Cour de Justice de l’Union européenne. A moins que Le Pen supprime
la Déclaration de 1789… Et puis elle pourrait aussi retirer la
signature de la France du Pacte des droits civils et politiques de 1966,
une autre garantie internationale des droits fondamentaux. Vas-y,
chérie, tu auras pour copain la Corée du Nord…
Il faut donc s’organiser
Il
y a des milliers d’associations qui peuvent exercer les recours. Alors,
faites relire les statuts par des amis avocats, et préparez-vous.
Vérifier la liste des adhérents, faites payer les retardataires : tout
doit être nickel.
Nous
cartonnerons tout les textes que publiera Le Pen, avec des recours en
légalité, en suspension et en responsabilité. On ne le laissera rien
passer. Il faudra aussi organiser des comités de vigilance pour protéger
les plus exposés, car bien sûr elle va commencer par les étrangers
pauvres et malades. Quand les recours juridiques tarderont, on planquera les plus vulnérables pour les protéger. La solidarité est un
devoir.
Le respect du droit, plus fort que la loi
Le
Pen peut gagner par le jeu électoral, pourri jusqu’à la moelle. Mais
elle se fracassera sur le respect du droit, ce droit qui est plus fort
que la loi, et sur lequel elle n’a aucune emprise.
Devant
nous, prend place la grande bataille du droit contre les violeurs de
droit. De tout son cœur, de toute son âme, et tout son esprit, la
société des citoyens va se dresser contre la baudruche Le Pen. Nous
n’avons besoin ni du PS, ni de l’UMP. Qu’ils aillent au diable ! Nous
allons purger le pays de cette hypothèque Le Pen, qui est une rente pour
l’UMP-PS.
C’est
le grand rendez-vous citoyen. Préparez-vous, et ne laissez rien au
hasard. Le bataille sera rude, mais la victoire sera magnifique.

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