Plus de 500 anthropologues du monde entier ont signé un nouvel appel
pour un boycott des institutions universitaires israéliennes.
Selon un communiqué publié le 1er octobre, les chercheurs appellent Israël à :
La liste initiale des signataires contient plus de 250 noms, dont des
universitaires des pays suivants : l’Australie, le Canada, la Chine, la
Hollande, l’Inde, le Liban, la Palestine, la Suède, la Turquie, le
Royaume-Uni et les États-Unis. Des collègues de l’Espagne, l’Irlande, la
Belgique, le Chili, l’Égypte, la Finlande, la France, l’Allemagne, la
Grèce, le Koweït, le Portugal, le Qatar, le Mexique, les Philippines et
l’Afrique du Sud - entre autres - ont apporté leur soutien.
« L’agression militaire récente sur la bande de Gaza par Israël n’est
que le dernier rappel que les gouvernements du monde et les médias
dominants ne tiennent pas Israël responsable de ses violations du droit
international, » note le communiqué, et justifiant ainsi l’action de la
société civile.
Parmi les signataires se trouvent de grands noms dans le domaine de
l’anthropologie, avec les professeurs Jean et John Comaroff de
l’Université de Harvard, les professeurs Lila Abu-Lughod et Michael
Taussig de l’Université de Columbia, Talal Asad de CUNY et Sherry Ortner
et Susan Slymovics de l’UCLA.
La liste comprend également un certain nombre de spécialistes de la
Palestine elle-même, avec Nadia Abou El Haj de Barnard College, Glenn
Bowman, de l’Université de Kent, Julie Peteet de l’Université de
Louisville et Rosemary Sayegh, probablement l’un des plus célèbres
écrivains et chercheurs sur la Palestine depuis les années 1970.
Mais les organisateurs ont également noté : « En outre, 46 chercheurs ont choisi de signer cette déclaration anonymement »
et au moins quarante d’entre eux étaient des universitaires non
titulaires, stagiaires post-doctoraux ou des étudiants diplômés. Cela
semble suggérer que le personnel universitaire sans protection d’emploi
craint d’être victimes de harcèlement ou de discrimination s’il parle
des droits des Palestiniens.
Le groupe d’anthropologues se joint à un certain nombre d’associations universitaires des États-Unis, dont l’American Studies Association, l’African Literature Association, l’Association for Asian American Studies et la Native American and Indigenous Studies Association dans le soutien à l’appel palestinien au boycott des institutions universitaires israéliennes.
Ce faisant, les anthropologues s’engagent « à ne pas collaborer sur
des projets et des événements organisés ou financés par des institutions
universitaires israéliennes, de ne pas enseigner ou d’assister à des
conférences ou d’autres événements de ces établissements, et de ne pas
publier dans des revues académiques basées en Israël. » Mais, comme avec
d’autres partisans du boycott : « Ils restent ouverts à la
collaboration avec des chercheurs individuels basés dans les universités
israéliennes. »
Du colonialisme à la solidarité
En plus du support à l’appel à un boycott universitaire, l’annonce
indique que l’anthropologie en tant que discipline « se spécialise dans
la façon dont le pouvoir, l’oppression et la violence structurelle
affectent la vie sociale, et en tant que témoins des multiples et
flagrantes violations commises par l’État d’Israël à l’égard du droit
international qui constituent une atteinte à la culture et de la société
palestinienne, [les signataires] s’engagent à respecter l’engagement
pris par leur discipline à la promotion et la protection du droit à la
pleine réalisation de leur humanité des personnes et des peuples partout
dans le monde. »
La déclaration souligne également l’histoire de l’anthropologie comme
discipline qui, après avoir commencé avec des liens étroits avec le
colonialisme, s’est efforcée de devenir un moyen de soutenir
l’autodétermination et la libération des peuples avec lesquels elle
travaille.
« En réponse à l’appel palestinien, » poursuit le communiqué, « nous
cherchons à pratiquer ce que l’[American Anthropological Association]
appelle une anthropologie impliquée » qui est « engagée à soutenir les
efforts de changement social qui résultent de l’interaction entre les
objectifs communautaires et la recherche anthropologique. La recherche
anthropologique a mis en évidence les effets destructeurs de
l’occupation israélienne sur la société palestinienne. »
En plus de reconnaître les profonds impacts de l’occupation
israélienne et de son militarisme sur peuple palestinien, la déclaration
précise également les effets particuliers sur l’enseignement supérieur -
y compris les récents raids sur un certain nombre d’universités
palestiniennes, parmi lesquelles l’Université de Birzeit, l’Université
arabo-américaine de Jénine et l’Université Al-Quds à Jérusalem, ainsi
que la destruction d’une grande partie de l’Université islamique de
Gaza.
Cela est explicitement en contraste avec le « soutien
inconditionnel » promis pour l’armée israélienne par certaines
universités, dont l’Université de Tel Aviv, l’Université hébraïque,
l’Université Bar-Ilan, l’Université d’Haïfa, l’Université Ben Gourion et
le Technion.
La déclaration des anthropologues, tout en distinguant la connexion
« intime » entre le monde universitaire israélien et le militarisme,
note également que les anthropologues ont pris de fortes positions
éthiques sur d’autres pays et organisations complices de violations des
droits de l’homme, dont le régime d’apartheid sud-africain, les
agresseurs des communautés autochtones et des droits des minorités au
Chili, au Brésil et en Bulgarie, le régime brutal de Pinochet au Chili,
et pour les boycotts commerciaux, y compris ceux de la chaîne d’hôtels
Hilton et Coca-Cola.
La déclaration complète et la liste des signataires peuvent être consultées à : http://anthroboycott.wordpress.com, ainsi que les coordonnées utiles pour ceux qui souhaitent ajouter leur nom à la liste.
* Sarah Irving est un écrivain et éditrice, auteur d’une biographie de Leila Khaled et du Bradt Guide to Palestine, co-éditrice de A Bird is Not a Stone
(un volume de poésie palestinienne traduit dans les langues de
l’Ecosse), et doctorante à l’Université d’Edimbourg. Elle a travaillé
et voyagé en Palestine depuis 2001.
6 octobre 2014 - The Electronic Intifada - Vous pouvez consulter cet article à :
http://electronicintifada.net/blogs...
Traduction : Info-Palestine.eu
http://electronicintifada.net/blogs...
Traduction : Info-Palestine.eu
Photo : Le deuxième jour de la fête musulmane de l’Aïd al-Adha, des enfants
palestiniens jouent dans ce qu’il subsiste du quartier al-Shujaiya à
l’est de la ville de Gaza après les bombardements israéliens - Photo :
APA/Mohammed Asad


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