Les eurodéputés ont appelé les
États membres et la Commission à enquêter sur les scandales des
émissions de Volkswagen, mais ont rejeté la création d’une commission
d’enquête parlementaire proposée par les Verts et soutenue par le
centre.
Volkswagen ne sera pas assis sur le banc des accusés au Parlement européen. Lors d’un vote sur les mesures des émissions dans le secteur de l'automobile, les eurodéputés ont rejeté la création d’une commission d’enquête.
Proposée par le groupe des Verts et soutenue par les libéraux de
l’ALDE et la gauche radicale (GUE) la création d’une commission
d’enquête n’a recueilli que 209 votes, et 453 voix contre.
« Sans une commission d'enquête parlementaire,
l'amélioration des normes d'émissions de polluants et des conditions de
tests, qui doivent être réalisés non en laboratoire, mais en situation
réelle, restera lettre morte », a regretté l’eurodéputée française
Karima Delli (Vert).
Les commissions d’enquête sont rares, puisqu’il n’y en a eu que 3
depuis que le Parlement européen existe, dont une sur la vache folle.
Une demande de commission d’enquête sur la concurrence fiscale en Europe
faite dans la foulée du scandale des LuxLeaks n’avait pas non plus
abouti, faute de soutien.
Fraude aux émissions
Le groupe des Verts a déposé un amendement
réclament la mise en œuvre d’une commission d’enquête visant à
déterminer les responsabilités de la Commission et des États membres
dans la mauvaise mise en œuvre de la réglementation européenne sur les
émissions des voitures, dans la foulée des révélations sur le truquage
des émissions polluantes à grande échelle mis en place par le
constructeur allemand Volkswagen.
L'agence fédérale américaine de protection de l'environnement, l'EPA,
a révélé fin septembre que de nombreux véhicules Volkswagen et Audi
construits entre 2009 et 2015 et vendus aux États-Unis, avaient été
équipés d'un logiciel visant à truquer les données sur les émissions
polluantes.
Le scandale avait rapidement atteint l’Europe, ou près de 11 millions
de véhicules équipés du système de truquage seraient en circulation.
Ampleur de la fraude
« Une enquête parlementaire est nécessaire pour révéler l’ampleur de
la fraude » poursuit l’élue. « La commission d’enquête devrait porter
sur l’ensemble des constructeurs, et pas seulement sur Volkswagen »
demande l’eurodéputée.
La demande n’a pas obtenu le soutien du groupe PPE, qui a massivement
voté contre la création de la commission d’enquête, ni celui des
socialistes. Plus divisés, ces derniers ont cependant majoritairement
rejeté l’idée d’une commission.
« La question que nous pouvons nous poser c’est pourquoi l’Union
européenne n’a pas détecté le problème ? » s’interroge l’allemand
Manfred Weber, président du groupe PPE au Parlement. Pour le chef de
file du PPE, la question de l’enquête relève avant tout de la justice.
« il est beaucoup trop tôt pour une commission d’enquête » a-t-il
souligné.
La demande d’une partie des parlementaires européens en faveur d’une
enquête au sein de l’institution a pris de l’ampleur à la suite des
révélations du rôle joué par la Commission européenne dans la
dissimulation de la fraude du constructeur allemand.
Le 26 octobre, le Financial Times affirmait que la précédente Commission connaissait depuis 2013 le problème de truquage des systèmes de mesure d’émission.
Selon le quotidien britannique, le précédent commissaire à
l'environnement avait alerté l'exécutif européen, sans que celui-ci ne
réagisse.
« Il me semble compliqué d’avoir une enquête interne au sein de la
Commission européenne si elle-même est impliquée » explique Guy
Verhofstadt, président du groupe des libéraux au Parlement européen.
Début octobre,
les présidents des commissions Environnement, Transport, Tourisme et
Marché intérieur avaient déjà demandé à l’exécutif européen de se
pencher sur les conditions dans lesquels les voitures Volkswagen ont pu
être trafiquées sans qu’aucun contrôle ne le détecte.
Malgré les incertitudes sur la responsabilité de l’ancienne
Commission, la résolution demande à l’exécutif européen de s’associer
aux enquêtes menées dans les différents États membres, et de faire un
rapport au Parlement avant le 31 mars 2016.
Lire : Michel Sapin défend une enquête européenne après le scandale Volkswagen
Le nouveau président de Volkswagen estime que le
scandale de fraude aux tests des émissions polluantes de ses moteurs
diesel représente un risque vital pour le premier constructeur européen,
selon le journal allemand Welt am Sonntag.
Le scandale a provoqué "une crise qui menace l'existence de la compagnie", a déclaré cette semaine Hans-Dieter Pötsch lors d'une réunion interne au siège de VW à Wolfsburg, selon le journal allemand.
Le scandale a provoqué "une crise qui menace l'existence de la compagnie", a déclaré cette semaine Hans-Dieter Pötsch lors d'une réunion interne au siège de VW à Wolfsburg, selon le journal allemand.
euractiv.fr

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