Une fois de plus John Kerry s’est rendu au Proche-Orient pour
tenter de sauver la mise à Israël qui porte l’entière
responsabilité des violences de ces dernières semaines. Sa
visite a été présentée comme ayant permis un accord sur la
mise en place de caméras permettant de documenter la situation
sur l’esplanade des mosquées et d’acter un engagement à
suspendre la colonisation.
Il n’en est rien.
Il n’en est rien.
Israël a immédiatement démonté et confisqué les premières
caméras installées par le Waqf gestionnaire des lieux saints
sous responsabilité jordanienne. Il s’agit en fait pour Israël
de garder le contrôle total des images et d’empêcher de rendre
compte des provocations quotidiennes des colons pour mettre à
bas le statu-quo et imposer leur présence jusque dans les
lieux saints musulmans. Et comme pour préciser les choses, la
ministre Tzipi Hotovely a déclaré après la visite de Kerry : «
je rêve de voir le drapeau israélien flottant sur le Mont du
Temple » !
De même, il n’y a aucun arrêt de la colonisation dont le
gouvernement Netanyahou répète imperturbablement la «
légitimité » contre les règles les plus élémentaires du droit
international et du droit humanitaire. Aurait-on oublié que
dès 2001 B. Netanyahou, se croyant hors caméra, se vantait à
des colons d’avoir fait échouer les accords d’Oslo ?
Face à cela que fait la France ? Affirmer au Conseil de
sécurité que la colonisation est à la source des violences,
c’est bien. N’en tirer aucune conclusion pratique en matière
de sanctions, c’est prendre le parti de l’impuissance et du
renoncement à défendre le droit.
De même, il est temps de s’interroger sur le permis de tuer
donné aux colons et à l’armée. Il est de règle désormais que
l’auteur d’une attaque au couteau soit abattu même s’il a été
préalablement neutralisé. Cela porte un nom : c’est une
exécution extra-judiciaire. Les forces d’occupation ont tué 15
manifestants dont 5 enfants à Gaza qui ne présentaient aucune
menace pour eux, de l’autre côté de la barrière frontalière.
Cela relève de l’assassinat pur et simple, tout comme pour ces
jeunes manifestants sans arme, à Bethléem ou ailleurs, tués
comme à la chasse à 100 mètres de distance. Et il faut être
d’une singulière complaisance pour fermer les yeux sur les
manipulations d’image visant à transformer les victimes en
coupables comme à Hébron ou tolérer l’ignominie de la
séquestration des corps.
Cela appelle des réponses judiciaires et politiques auxquelles
la France ne peut se dérober. Elle qui a toujours milité pour
la mise en place d’une juridiction internationale doit appuyer
les démarches palestiniennes vers la CPI et lui transmettre
tous les dossiers dont elle a connaissance.
Comme viennent de le rappeler le Conseil des organisations
palestiniennes des droits humains et la Coalition civique pour
les droits des Palestiniens à Jérusalem « Les Nations Unies et
les États membres, par conséquent, se partagent la
responsabilité de la nouvelle flambée de violence dans les
territoires palestiniens occupés et en Israël en raison de
leur incapacité à reconnaître et traiter la violence
systématique inhérente au système d’occupation israélienne, le
colonialisme et l’apartheid qui opprime les Palestiniens
depuis des décennies ».
Ni les pays européens ni la France ne peuvent s’en exonérer. Elles doivent prendre des initiatives pour la protection du peuple palestinien.
Ni les pays européens ni la France ne peuvent s’en exonérer. Elles doivent prendre des initiatives pour la protection du peuple palestinien.

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