L’attaque
militaire sur l’Irak, menée par Bush et Blair, était illégale car elle
ne reposait ni sur une autorisation du Conseil de Sécurité – vu
l’absence de menace sur la paix – ni sur la légitime défense.
C’était
clair depuis le premier jour, d’où le refus de Chirac pour la France, le
refus du Conseil de sécurité, et les immenses manifestations à travers
le monde. Illégale en son principe, on aurait pu espérer qu’elle
respecte le droit dans sa conduite… Or, cette guerre a été l’occasion de
graves crimes de guerre : non-respect de la distinction des objectifs
civils et militaires, disproportion dans les attaques, torture,
exécutions sommaires, dont celle du chef de l’Etat, Saddam Hussein.
Ajoutons la déstabilisation de toute une région en libérant les forces du terrorisme.
Les
mensonges et les dissimulations n’ont qu’un temps et la loi est là
pour s’occuper des criminels. Dès 2009, l’évidence des violations du
droit international étaient telle que Gordon Brown, alors premier ministre, avait dû se résoudre à… nommer une commission d’enquête parlementaire, la commission Chilcot, du nom de Sir John Chilcot qui la préside. On parle du dépôt du rapport en juin 2016…
Beaucoup de temps perdu, alors qu’il aurait été si simple d’ouvrir
d’emblée une information judiciaire… Mais l’essentiel est que ça
progresse. Au passage, rien du côté des Etats-Unis, le pays des amours
fulgurants du droit et de la violence armée.
Après le rapport, il faudra s’attendre à un procès pénal, comme le prévoit Corbyn,
car toutes ces violations graves du droit sont sanctionnées par la loi.
Une issue assez inévitable, qui a amené Blair à tenter une petite
manœuvre par des excuses de pacotille.
Et comme me le faisait remarquer hier soir un vieux professeur de droit international, après une ripaille dans l’un des meilleurs restaurants italiens de Lyon,
cette affaire permettra peut-être d’ouvrir enfin un débat judiciaire
sur les responsabilités des chefs d’Etat dans l’affaire libyenne… tant
il est évident que le mandat initialement donné par le Conseil de
sécurité a été forcé, et que ni la France, ni la Grande-Bretagne
n’avaient pour mission le renversement du régime ou la mort de Mouammar Kadhafi. À suivre...
Revenons
à la guerre d’Irak. Six ans pour remettre le rapport, c’est du délire,
et Peter Oborne, un journaliste réputé, a effectué sa propre analyse,
publiée ce 29 octobre dans le Daily Mail. Clair, net et précis. (Je reproduis le texte en anglais, désolé pour ceux qui ne lise cette langue).

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