Le
18 novembre au matin, toute la France saluait l’extraordinaire travail
du RAID dans l’assaut de Saint-Denis. Un groupe de terroristes
lourdement armé, une femme kamikaze qu’il avait fallu neutraliser, des
échanges de tirs impressionnants décrivant une véritable scène de
guerre, et au final un assaut tellement violent qu’il a ébranlé
l’immeuble. Félicitations à la police qui a donc neutralisé ce groupe
hyper-armé.
Sauf que... il y a plus qu'un doute.
Tout le problème est que du côté des assaillants, la seule arme retrouvée dans les décombres est un Browning semi-automatique.
De même, la thèse de la femme kamikaze n’a duré que quelques heures.
Par ailleurs, d’autres interrogations sont venues, et le groupe de
cinglés réunis autour d’Abdelhamid Abaaoud, apparaît chaque jour plus
amateur.
Il
est aujourd’hui acquis que le commando qui avait semé la terreur à
Paris – tirs à la kalachnikov sur des innocents, non armés, et aucun
acte contre un lieu représentant le pouvoir – ne disposait d’aucune
logistique : Abaaoud, qui avait eu la trouille de se faire exploser,
était allé se planquer trois jours dans un buisson, avant de trouver
refuge dans ce squat de Saint-Denis. L’activité des cours d’assises
montre que les délinquants amateurs sont souvent les plus dangereux…
mais le danger qu’ils causent ne suffit pas à les qualifier de
professionnels.
Surtout, Le Monde et L’Express
ont eu accès au rapport établi par le RAID à destination des juges
d’instruction du pôle antiterroriste, et ce rapport pose des questions
sérieuses sur ce qu’a été la réalité de cet assaut.
Le
résultat est impressionnant, avec des corps déchiquetés. Ici, « une
tête humaine à laquelle demeure attaché un morceau de colonne vertébrale
». Là, « une partie de visage ». Plus loin, une dent humaine. Ceci,
ajouté à la description de destructions matérielles conséquentes,
accrédite le fait que les terroristes se seraient au final fait
exploser.
En revanche,
tout le problème est qu’aucune arme de guerre n’a été retrouvée,
contrairement à ce qui avait été annoncé. Un mois après les faits, la
seule arme identifiée est le Browning, qui porte une empreinte
d’Abdelhamid Abaaoud.
L’équipe
du RAID a utilisé une masse de munitions. Le rapport de la police
judiciaire a retrouvé 1 500 étuis percutés et 4 étuis percutés de
grenade. C’est la logique des « tirs de saturation » pour tenir les
terroristes à distance… mais tout ceci manque dramatiquement
d’explications et de crédibilité.
Le Monde
ajoute : « Aucune mention non plus des raisons pour lesquelles les
explosifs disposés par le RAID sur la porte de l’appartement n’ont pas
fonctionné. Aucune précision sur les échanges que des hommes du RAID ont
eus avec Hasna Aït Boulahcen lorsqu’elle a demandé à deux reprises
de pouvoir sortir. Rien sur le moment où l’un des terroristes a
déclenché sa ceinture d’explosifs. Rien enfin sur le fait qu’un seul
pistolet automatique ait pu à lui seul donner le sentiment aux équipes
du RAID d’être visées par un feu nourri. Ni la direction du RAID ni la
direction générale de la police nationale n’ont souhaité répondre à nos
questions ».
Il
y a en effet de quoi se poser des questions, et ces questions, on se
les pose : un mois après les faits, peut-on envisager de trouver des
armes qui auraient été utilisées par les terroristes ? Pourquoi ce
déluge de feu par les forces de police si les terroristes étaient à
peine armés ? Pourquoi ces informations viennent-elles si tard, et de
manière si fragmentée, alors qu’elles étaient connues dès l’origine ?
Merci de ne pas nous prendre pour des demeurés.

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