L‘année 2015 avait commencé par des mesures de rétorsion
israéliennes suite à la volonté palestinienne d’obtenir un vote du
Conseil de sécurité pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Elle
s’achève, comme l’ONG israélienne « La Paix Maintenant » a réussi à
l’obtenir, par la publication d’un plan de construction de plus 55.000
logements dans les colonies, dont plus de 8.300 dans la zone dite E1 au
nord-est de Jérusalem.
C’est un chiffre énorme, sans commune mesure avec les annonces faites
jusqu’alors à ce sujet. Elles se succédaient ces dernières années avec
un ordre de grandeur tournant autour de quelques centaines de logements
et provoquaient rituellement la réprobation, voire la condamnation
verbale des chancelleries.
Ce fut le cas en juillet dernier quand, après avoir été contraint
par la Cour suprême de détruire deux maisons en construction dans la
colonie de Beit El, le gouvernement israélien répliqua par l’annonce de
la construction immédiate de 300 logements dans cette même colonie et
par « la planification » de plus de 500 logements à Jérusalem-Est. Cela
lui valu une nouvelle condamnation verbale. Ou en novembre avec le
lancement d’un peu plus de 450 logements dans deux colonies de
Jérusalem, Ramat Shlomo et Ramot.
On est désormais passé à un tout autre stade, avec un message
politique clair : rendre impossible l’établissement d’un Etat
palestinien en séparant Jérusalem-Est de la Cisjordanie et en coupant la
liaison Nord-Sud à l’intérieur même de la Cisjordanie.
C’est peu dire que la France et les pays européens sont confrontés au
résultat de leur inaction politique. Ils payent le prix de leur
couardise et leurs reculades tacites devant le rouleau compresseur de la
colonisation. C’est le résultat direct d’une politique schizophrénique
qui rappelle sans cesse son attachement à « la solution à deux Etats »
et condamne la colonisation qui y fait obstacle et viole le droit
international, tout en refusant la moindre sanction effective et
encourage au contraire les coopérations économiques et universitaires
dans le cadre du programme européen Horizon 2020 au plus grand bénéfice
d’Israël.
Ainsi on présente comme une « success story » le bilan d’un
accord israélo-européen sur les lignes aériennes et on laisse sans
réagir la ministre Hotovely présenter les colonies comme " les premières lignes de la société démocratique " et rêver de voir le drapeau israélien flotter sur la mosquée Al Aqsa.
En réalité, plus on lui fait de cadeaux, plus Israël sait pouvoir se comporter en voyou.
Devant ces révélations qui devraient faire l’effet d’une bombe, on
attend avec curiosité la réaction officielle de la France qui répète si
aimablement qu’elle « n’est pas dans une logique de sanctions »
et encourage avec cynisme la répression des militants exprimant leur
solidarité avec le peuple palestinien par l’appel au boycott, au
désinvestissement, au sanctions contre Israël.
Le Bureau national de l'AFPS

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