Ségolène Royal à vigoureusement protesté
contre le renouvellement de l’autorisation des déversements en mer des
boues rouges produites par l’usine d’aluminium de Gardanne dans les
Bouches-du-Rhône.
Une pollution (276 mètres cube à l’heure) autorisée
depuis les années 60 ; en dépit des résidus toxiques charriés par les
rejets et du colmatage progressif du fond de la mer sur plusieurs
dizaines de kilomètres carrés, dans le parc national des Calanques. Lors
de sa création, en 2012, il avait été solennellement affirmé que les
boues rouges ne seraient plus déversées en mer à partir de décembre 2016
date de la fin de l’autorisation, donnant enfin gain de cause aux
protecteurs de la nature qui protestaient en vain depuis très longtemps.
Surprise, le préfet a donné une nouvelle autorisation
pour six années. Contre l’avis de la ministre et en s’appuyant sur la
« décision » du Conseil Supérieur de Prévention des Risques
Technologiques (CSTRT) en « oubliant » de préciser que les avis de cet
organisme étaient purement consultatifs. Certes, comme l’expliquent les
services du Premier Ministre, cet avis a été adopté à une large
majorité. Mais ils omettent de signaler que les 45 membres de ce
« Comité Théodule » ne comprennent que 7 représentants des associations
environnementales. Les autres sont des membres des ministères (8) dont
celui qui représentait le ministère de l’Ecologie, les représentants des
inspecteurs des installations classées (7), des personnalités
compétentes toutes liées à l’industrie (7), des représentants du secteur
industriel (7), des représentants des salariés de l’industrie(5) et des
élus locaux (4). Une instance qui n’est donc ni paritaire ni
représentative de la société et est présidée par un ingénieur des Mines à
la retraite.
Seuls les représentants associatifs ont donc voté contre
la poursuite pendant six ans des rejets, tous les autres, y compris
celui du ministère de l’Ecologie, ont voté pour la solution qui avait
été « suggérée » par le Préfet, après une courte délibération le 22
décembre. Alors, que comme l’explique par exemple Eric Gilli, chercheur
et enseignant à l’Université de Paris 8, spécialiste de ces questions, « un
phénomène d’aspiration d’eau de mer permet à ces boues de remonter de
quelques kilomètres à l’intérieur de l’aquifère des Calanques. On les
retrouve donc dans la rivière souterraine qui alimente la source de Port
Miou prés de la zone des rejets ». Un phénomène en cours
d’extension qui a également des effets très nocifs sur la faune
maritime. Au nom, argument classique, de la préservation de l’emploi.
La
multinationale ALTEO, va donc continuer à polluer la mer alors qu’il
existe des solutions techniques pour arrêter les rejets et traiter les
effluents à terre. Mais le changement de technologie (promis depuis des
lustres) représenterait un investissement que refusent ses actionnaires.
politis.fr

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