Voici
une solide concurrence pour le PMU avec la course des canassons pour la
présidentielle de 2017.
Le
plus simple, c’est la mère Le Pen. Aux élections locales, elle a fait
un joli pourcentage parce qu’il y avait une abstention de 50 %. Malgré
la faiblesse des adversaires, le vote protestataire qui la porte n’a
permis d’obtenir aucune victoire significative. Les présidentielles vont
montrer un net recul, ce d’autant plus que le programme du FN reste
aussi arriéré qu’hallucinant. Qui veut sortir de l’euro ? À quoi
ressembleront nos retraites et nos rémunérations lorsque, bien planqués
dans nos frontières, nous aurons retrouvé le franc ?... Le vote Le Pen,
c’est du vent dans une baudruche, mais quand on arrête de souffler, il
ne reste qu’une image fripée.
Hollande
y croit encore, mais de moins en moins. Ce type connaît la politique
par cœur, et vu la place qu’il occupe, il centralise maintes
informations. Changer nettement de gouvernement aurait pu être
l’occasion de relancer la donne politique, cherchant à se placer sur un
courant ascendant. Mais il a choisi une autre solution, de renforcer la
maison en interne par de petits accords, ce qui vise surtout à éviter un
effondrement en fin de mandat. De fait, il faut être réaliste… Hollande
est en échec de partout. Il a lié une nouvelle candidature à
l’inversion de la courbe du chômage, qui malgré un invraisemblable plan
de formation, est loin d’être acquise. La croissance est en berne, et la
dette s’accroît. Sa politique étrangère a conduit à l’importation du
terrorisme. La société est morcelée, en pleine déprime. Il lui restait
l’espoir de l’union nationale contre le terrorisme, mais il est en train
de se gaufrer lamentablement sur sa question de la déchéance de
nationalité. Et il va se gaufrer tout autant avec que son référendum
impossible sur Notre-Dame des Landes. Hollande reste aux aguets, prêt à
tout pour une victoire qui se jouera 0,1 %. Depuis son élection, c’est
de recul en recul, d’échec en échec. Il n’échappera pas à d’autres
candidatures à gauche, qui minent son premier tour. Faut-il ajouter à
tous ces échecs une élimination lors du premier tour de la
présidentielle ?
Et
notre Sarko ! Il est dans une bien mauvaise phase. La semaine dernière,
il a vu le groupe parlementaire contester son autorité à propos de la
déchéance de nationalité. Juppé collectionne les excellents sondages,
avec un écart de plus de 10 points qui, dans notre monde médiatique,
commence à ressembler à un décrochage. Hier, c’était le Conseil national
de Les Républicains, censé être l’occasion de la sacralisation du
pouvoir de Sarko. Pour la présidence, son candidat Luc Chatel a été élu
avec un petit score de 55 %. L’influent Raffarin a expliqué qu’il allait
faire campagne avec Juppé, plus sérieux. Lorsque Sarko a commencé son
grand discours, la moitié de la salle s’est vidée… Et alors que Sarko
était programmé sur TF1 à 20 heures, Copé s’est fait inviter sur France 2
à 20 heures pour annoncer sa candidature aux primaires, sur une posture
bien à droite qui va prendre quelques points de pourcentage à Sarko.
Copé affirmant, la main sur le cœur, qu’il ne se serait jamais présenté
candidat s’il avait été mis en examen dans l’affaire Bygmalion, qui est
l’affaire du financement de la campagne de Sarkozy 2012, et pour
laquelle Sarkozy avait obligé Copé à la démission. Lequel Sarkozy est mis en examen pour corruption
dans l’affaire Tapie… Sarkozy comptait imposer sa loi en interne en
distribuant les investitures législatives avant les primaires, mais les
candidats aux primaires refusent cette grosse combine, et Sarko, sans
majorité, va devoir se plier. Oui, sale temps pour Sarko.
Comme
il n’y a aucune différence dans les programmes, et que tout se joue sur
des positionnements médiatiques ou des combines d’appareil, le PMU des
présidentielles va nous réserver quelques surprises. Mais ce soir,
l’hypothèse de présidentielles sans Hollande, sans Sarko et avec Marine Le Pen dans les choux est une piste sérieuse.

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