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Les élections,
ils ne pensent qu’à ça. Peu importe que leur bilan pour la classe
ouvrière soit catastrophique : huit millions de pauvres, trois millions
de précaires, trois millions de temps partiels, près de dix millions de
chômeurs, et des salaires de misère pour la majorité des salariés.
Ajouter à cela, la casse du code du travail, la mise en liberté
surveillée de l’ensemble de la population …, et à croire que les
français en redemandent, car si l’on en croit les derniers sondages,
pour 2017 nous aurions le choix final entre trois programmes de droite :
les Républicains, le PS et le FN ! C’est apparemment la seule
perspective que nous offre ce système savamment préparé depuis plus de
30 ans : l’illusion du pluralisme est
parfaite … les trois sont d’accord sur le principal : briser les
dernières protections sociales et servir la soupe au Medef !
Et pourtant, la France n’a jamais été aussi riche,
elle figure même au 4e rang mondial des millionnaires. La richesse en
France a explosé, les patrons du CAC 40 gagnent en moyenne 200 fois le
Smic, 5 % de la population possèdent plus de 50 % du patrimoine, et les
10 plus grosses fortunes possèdent à elles seules 15 millions d’années
de Smic. Les 100 Français les plus riches se partagent, sans rien faire,
plus de 3 milliards d’euros, juste sur les revenus de leur capital,
c’est-à-dire, de quoi créer plusieurs centaines de milliers de postes
dans la fonction publique ! Et au lieu de cela, l’on distribue sans
aucune contrepartie des milliards au grand patronat. Mais que ces
milliards le soit au nom du pacte de responsabilité, du CICE ou de toute
autre disposition, force est de constater qu’ils ne créent aucun
emploi! Par contre, des sommes exorbitantes disparaissent dans les
paradis fiscaux… cherchez l’erreur !
Pour créer de l’emploi
la solution n’est pas d’alléger les charges des entreprises, qui ne
sont d’ailleurs que des cotisations sociales, mais au contraire il faut
instaurer un impôt sur les sociétés indexé sur le nombre de chômeurs.
Plus le nombre de chômeurs augmente, plus l’impôt augmente, le nombre de
chômeurs diminue, l’impôt diminue et si le chômage disparaît, l’impôt
disparaît ! Il faut que le Medef et le patronat n’ait aucun intérêt à ce
qu’il y ait du chômage… Il est peut-être grand temps de réfléchir
différemment, les vieilles recettes qui consistent à diminuer le nombre
de fonctionnaires et à distribuer sans compter de l’argent aux
entreprises privées est un fiasco, alors à quoi cela sert-il de
s’entêter dans cette direction si ce n’est pour le bénéfice d’une
poignée d’individus ?
Dans notre pays,
cinquième puissance du monde, Hollande-Valls et Macron ont tiré un
trait sur la retraite à 60 ans et leur prochain grand objectif de
régression sociale est la casse des 35H ! Ce qui est grave c’est que
les français votent pour ceux qui les oppriment, car ces gens-là,
malheureusement, sont élus par les plus pauvres pour favoriser les plus
riches ! Et pendant ce temps, le chômage, les suicides, la précarité,
les accidents et les maladies professionnelles augmentent. Chaque année
en France, se sont 500 accidents mortels, 4500 handicapés, 700
suicides, 650 000 accidents avec arrêts de travail et 150 000 accidents
cardiaques et vasculaires directement liés au travail… et l’on nous dit
qu’il faut alléger le code du travail car il est trop contraignant ! …
cherchez l’erreur !
Comme son prédécesseur,
Hollande crée la pénurie dans les administrations, afin d’asphyxier
les différents services pour justifier leur privatisation. Pourtant,
chacun sait que les services privés sont plus coûteux que les services
publics car il faut dégager de l’argent pour rémunérer les actionnaires,
et cette rémunération coûte de plus en plus cher. Mais cela n’a rien à
voir avec l’économie ou la crise, c’est seulement un choix idéologique,
un choix de préférence de classe. D’ailleurs rappelez-vous en 2008, l’on
a préféré donner des milliards aux banques plutôt qu’aux salaires et à
l’emploi, mesure qui a entraîné et aggravé la crise de la dette. Et une
anecdote parmi d’autre : le financement par l’Etat de la recherche
privée coûte plus cher que le financement du CNRS, qui est lui un
organisme de recherche public ! … cherchez l’erreur !
Chaque jour,
le monde du travail subit des attaques, aux travers de petites
ordonnances et de lois scélérates qui passent inaperçues, on enlève des
droits, des indemnités, désorganise les durées du travail, casse un peu
plus la protection sociale, la retraite, la santé. L’on détruit notre
système éducatif dans l’indifférence quasi générale. La durée du temps
de travail et la flexibilité reviennent à l’ordre du jour, alors qu’il
faudrait que le travail disponible soit réparti entre tous les ouvriers
existants, et c’est cette répartition qui devrait déterminer la longueur
de la semaine de travail. À quoi bon augmenter la durée du travail de
ceux qui ont un emploi si des millions de personnes restent au chômage, à
quoi bon reculer l’âge de la retraite si des millions de jeunes sont
exclus du marché du travail : ce n’est pas travailler plus qu’il faut :
mais travailler tous !
Dans notre pays où la colère devrait être dirigée contre ceux qui nous exploitent, nous
oppriment et nous méprisent, et bien au contraire, cette colère désigne
le pauvre, l’étranger, le précaire, bref le modeste. Dans notre pays où
les indignés devraient rassembler des millions de personnes, dans notre
pays où, lors des élections, les partis institutionnels ne devraient
avoir que des miettes, et bien dans notre pays le français a admis que
les politiques font partie d’une classe supérieure, et qu’ils font du
mieux qu’il peuvent face à la conjoncture internationale, à la canicule
ou aux intempéries.
Le français est convaincu qu’il est aussi heureux
qu’il soit possible de l’être… et tout est fait pour le maintenir dans
cette béatitude !

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