La décision était attendue, et les amis du progrès et des libertés qui souhaitaient voir le juge garder la main ferme n’ont pas été déçus : le tribunal a ordonné le démantèlement de la jungle de Solferino, et partant, l’expulsion des marchands du temple qui y squattaient.
Il était effectivement urgent de libérer les lieux, pour que les braves citoyens puissent enfin se retrouver chez eux. Cette jungle de Solferino était l’incarnation de l’usurpation du pouvoir. La justice, assise sur ses solides principes, a été la plus forte.
Le
plus choquant était l’immoralité, livrée comme un spectacle à nos
enfants. Il fut un temps où existaient au sein du Parti socialiste de
vrais courants, qui s’affrontaient sur des idées. Mais au fil du temps,
c’est devenu rien d’autre que de l’échangisme politique – tendance DSK – chacun fricotant avec tout le monde, dans des ramifications qui explosaient lors des séances de nuit.
Courants, sous-courants, courants alternés, et courants d’air, l’air de
rien… Le conseil des sinistres devenu un lieu de dézingage et de
soumission, à l’image de notre héros de Ayrault… Les alliances de nazes qui durent trois mois…
Fafa, qui considère Hollande comme une fraise des bois, autoproclamant
sa nomination au Conseil constitutionnel, où il va finir d’humilier le
plus looser de nos trotskistes… Ou encore l’autre dindon dans son pull marin… Et notre truculente Martine qui vote la même motion qu’El Blanco au congrès de Poitiers,
il y a huit mois, et qui aujourd’hui le traite de renégat...
Moralement, on se vautre dans la concupiscence politique. L’intervention
du juge a été salutaire.
Ensuite,
il y avait l’occupation indue du domaine politique public, qui
s’accompagnait de son lot de violences relationnelles. Combien de
personnes ont tenté de faire valoir des idées, de renouveler les
pratiques, de se débarrasser du gluant paternalisme post-SFIO et de ses
filiales faisandées du style SOS Racisme ou Ni Putes Ni Soumises
(Quelle alternative…), pour se faire brutalement éliminer de toute
présence publique, sans même envisager la moindre investiture :
« Dégage, petit, et laisse faire les pros… » On voit le résultat ! Le
squat de Solferino, c’était une bande d’incapables contrôlant une zone
de non-droit politique,… assis sur le trésor que représente la dotation
publique pour les partis. Le but était clair : éliminer tout ce qui
pouvait ressembler à une alternative pour conserver la maîtrise de la
finance. Du conservatisme viscéral et intéressé. Il fallait casser cette
rente pour rendre possible une alternative : le juge ne s’est pas
laissé intimider, et il faut le féliciter.
Enfin,
l’abus de droit. La consternation de voir cette bande d’incapables, qui
a tout raté depuis trente ans, qui laisse un bilan accablant –
sous-emploi, endettement, violence terroriste importée, trafics en tout
genre, déshérence intellectuelle, arriération spirituelle, diplomatie
humiliée – et qui plastronnait que l’avenir ne pouvait passer que par
elle ! Genre, on te demande de monter dans un bus alors que le
conducteur, accro à l’ivresse électorale, finit régulièrement ses
courses dans le ravin. Et si tu ne montes pas dans le bus, on te
critique parce que tu t’abstiens… Incapable de dégager des idées nettes
sur la domination économique, incapable d'avoir une idée cohérente
vis-à-vis de l'impérialisme étasunien, le cerveau liquide sur la
Palestine...
La
justice a eu le dernier mot, et c’est heureux. Demain, les services
sociaux vont chercher à reloger dans des algeco – alimentés par des
piles photovoltaïques, COP21 oblige – ces jeunes et vieilles croûtes
socialistes, et on mettra en place un programme de déradicalisation de
la bien-pensance. Nous avons des experts. Mais après-demain, ce sont les
forces de l’ordre qui feront respecter la décision de justice, et
dégageront les récalcitrants pour faire place nette à cette magnifique
et si féconde société civile française, à charge pour elle de construire
l’alternative politique pour une société aussi solidaire qu’innovante.
Quand on voit les initiatives qui viennent du terrain et qui ont été
étouffées par ce maquereautage politique d’une autre époque, on ne peut
qu’être confiants.
La jungle de Solferino est rendue à la société civile : tous les espoirs sont permis !

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