Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu un tel déferlement médiatique
aussi cru et aussi vide. Certes 95 % des médias sont entre les mains de
7 milliardaires et ces 7 milliardaires, les banques, le Medef sont
« emballés » par le prédicateur Macron, une sorte d’OVNI libertarien qui
figurerait brillamment à l’aile droite du parti républicain US, mais à
ce point, c’est étonnant.
48 h non stop d’images, de sons, de papiers, de directs à temps
perdu, de gros titres vides de contenu, de commentaires creux,
d’exégèses interminables, de sottises, de ridicules pseudo-débats, sur
un type qui ne dit rien, n’a aucune assise sociale, aucun parti, aucun
avenir.
En fait, les grands médias fêtent leur « capture » : ils ont enlevé à
Hollande son mentor et sa créature, et le propulsent de toutes leurs
forces, pour forcer ce dernier à ne pas se présenter, pour casser ce qui
reste du PS, pour éclater au maximum le paysage politique en leur
faveur, contre la gauche, avant la présidentielle.
Macron chasse sur les mêmes terres que les Valls, Le Guen et Cie, les
voilà qui détournent plusieurs dizaines de députés PS, forçant
Cambadélis à piquer des fausses colères et à les menacer d’exclusion…
L’aile droite du PS est explosée et s’entretue, auto-entrainée dans une
course folle au leadership dans la liquidation du PS, l’alliance à
droite et la rupture avec toute la gauche.
Jean-Marie Le Guen, brutal ministre vallsiste, enfonce sur BFM le
clou dans le cercueil du PS pour « que la gauche se dépasse », afin de
« rassembler le camp républicain » au sein d’une « nouvelle offre
politique » qui aura pour but de « reconstruire la République ». « Je pense, ajoute t-il, qu’il faudra à un moment ou à un autre, et j’espère assez rapidement, dépasser les structures. Je pense que la structure Parti socialiste – ça a été dit d’ailleurs en son temps par Manuel Valls, par Jean-Christophe Cambadélis -, c’est une structure usée » .
Ce sont ces gens-là qui sont usés et essaient de se sauver du
désastre qui les guette et où ils veulent nous emmener. Macron, c’est 4
ans de pouvoir et 1,3 million de chômeurs. Macron n’a rien de « neuf »,
c’est un vieux Rastignac de bazar, un Guizot de retour, un libéral
XIXème siècle, et en 4 ans, il se sera vite usé jusqu’à la corde, avec
son créateur, Hollande, qui avoue : « Il m’a trompé avec méthode
». Oui, Macron, c’était un « favori », comme il y en eut tant, de
Raspoutine à Tapie, il sera aussi éphémère et rejeté. Comme, on peut
l’espérer, la Vème République, où décidément il urge d’en finir avec le
« pouvoir personnel » et ses parodies déliquescentes.
Macron, ce n’est pas seulement l’obligation du travail le dimanche
pour les femmes pauvres et précaires et les étudiants désargentés, c’est
le banquier aux 12 points de « dette » officielle de plus, c’est les
41milliards donnés au Medef sans contrepartie, c’est le bradage de
l’industrie façon Arcelor-Mittal, c’est une loi de 308 articles de
destruction de centaines de droits sociaux, la casse du Code du travail,
des 35 h, de la protection face aux licenciements boursiers, de la
médecine du travail, des prud’hommes, et avec Sapin, de l’inspection du
travail. Macron, c’est l’anti-écologie, qui, en pleine année COP 21,
remplace les trains par des autocars. On s’épuiserait à redire ici les
dizaines d’aphorismes réactionnaires, pro Thatcher, anti-sociaux, qui
sont sortis de sa bouche depuis qu’il est en Cour. L’homme défend, comme
les libertariens aux États Unis, une « société sans statut », les
contrats zéro heure, les indépendants loueurs de bras, tâcherons,
journalisés, payés à la mission, au chantier, sans protection sociale.
Mais il le fait avec la complicité des plus grands donneurs d’ordre :
ainsi il s’invite encore une fois à TF1 au journal télévisé et parle
21’ sans RIEN dire. Il le fait exprès : il crée le dérèglement, le
suspens, l’attentisme, la manœuvre, et fait durer les révélations, comme
savent si bien faire les prédicateurs. Et il se moque de ses adorateurs
en prétendant créer un mouvement bidon, « de 15 000 », puis de « 50
000 », puis de « 100 000 personnes », avec des sondages fabriqués, et,
des « porte-à-porte », tous ses représentants faux néophytes illuminés
répétant mot à mot les mêmes éléments de langage magiques : « Le
calendrier est d’interroger les Français, puis nous rendrons une analyse
de leurs réponses, puis nous dirons ce que nous proposons, puis…».
Comme si tout le monde ne savait pas d’où il vient et où il va. Comme si
on ne voyait pas tous que ce cirque lent, méthodique, manipulateur est
soutenu puissamment par les banques et le Medef.
Mais heureusement notre peuple, l’écrasante majorité du salariat sont
éduqués, assez pour résister à cette embrouille, à cette pantomime.
Nous allons aider à ce que ça fasse « flop » le plus vite possible. En
sachant quand même que ça nous oblige, nous les socialistes, nous la
gauche à être responsables pour offrir une alternative, à cette sinistre
et déviante perspective présidentielle des Le Pen, Sarkozy, Juppé,
Macron.
À bas les caricatures de « sauveur suprêmes », d’« egos illuminés »,
d’« ordo-libéraux » intégristes, à bas ce cirque minable ; défendons
l’honneur, la culture, l’intelligence collective, citoyenne, de notre
grand pays pour une VIème République sociale, démocratique,
parlementaire, écologique, féministe, pacifiste, internationaliste.
filoche.net

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