Olivier Cabanel
Cette formule tombée en désuétude et que l’on trouvait
parfois à la fin d’un courrier, pourrait prendre un tout autre sens, du
moins pour ceux qui croient à la possibilité de communiquer à distance
sans utiliser le moindre appareil électronique.
Il s’agit donc de télépathie, ce mot qui fait frémir d’avance les sceptiques, ceux qui, comme St Thomas, doutent par essence, et ne croient que ce qu’ils voient...
Pourtant, il y a tant de choses sur cette planète qui ne se voient
pas et qui existent tout autant...qui voit le vent, la chaleur,
l’amour...etc ?
On en voit bien évidemment les manifestations, sur les girouettes
pour le vent, sur la transpiration pour la chaleur...mais on ne les voit
pas pour autant. lien
Le mot télépathie serait né en 1882, venant du grec Tele (lointain) et Pathos
(sensation), et désigne la perception extrasensorielle, permettant la
transmission de la pensée, des émotions, des sensations, voire des
images, par un processus psychique, c'est-à-dire sans que les organes
des sens n’interviennent.
Mais il ne s’agit pas ici de convaincre ceux qui de toutes façon n’y croiront jamais, mais plutôt de tenter de comprendre « comment ça marche »...
Il faut d’abord ouvrir le livre d’histoire de la télépathie, et y rencontrer l’un des plus célèbres télépathes, Wolf Messing, en l’occurrence.
Ce polonais fut invité par Albert Einstein, en présence de Sigmund Freud, ce dernier tenant le rôle d’émetteur de pensée, et Einstein jouant celui du témoin.
Ordre fut donné à Messing de se rendre dans la salle de bain, d’y prendre une pince à épiler, et de l’utiliser pour arracher un poil de la moustache d’Einstein, ce qui fut parfaitement exécuté.
Plus tard, le même télépathe rencontra Gandhi, lequel en connaissait les pouvoirs, et lors d’une séance publique, émis mentalement l’ordre à Messing
d’aller prendre une flûte, laquelle se trouvait sur une table, de la
donner à l’une des personnes présente dans la salle, ce qui fut fait, et
lorsque l’homme choisi se mit à jouer, un cobra surgit d’un panier, et
se balança au rythme de la musique.
En 1939, Messing, dont la tête avait été mise à prix pour 200 000 marks, puisque celui-ci avait prédit à Hitler qu’il mourrait s’il s’aventurait un jour à l’Est de l’Europe, fuyait le régime nazi, et rencontra Staline, au courant de ses pouvoirs particuliers.
Ce dernier lui demanda de réaliser un exploit pour le moins complexe.
Il s’agissait de réaliser un hold-up dans une banque moscovite, par la seule puissance de sa pensée.
Messing présenta au caissier une feuille vierge, ordonnant mentalement la remise de 100.000 roubles, ce que le caissier fit avec la meilleure des bonnes volontés. lien
On pourrait multiplier les témoignages, et pour terminer je propose
le mien : projeteur dans une agence d’architecture, j’avais partagé avec
mon patron d’alors mes convictions de la possibilité de transmettre des
pensées, et nous avions convenu d’une expérience simple.
Comme j’arrivais à l’agence bien avant l’arrivée du dit patron, nous
avions convenu d’une heure ou je me concentrais sur une série de
dessins, allant du carré au triangle, en passant par des cercles, des
points, et d’autres divers signes de ponctuation alors qu’à la même
heure, le patron en question se concentrait sur l’un de ces dessins.
Lorsque j’eus choisi, j’écrivais sur un morceau de papier le signe
choisi, pliais le dit papier, et à l’arrivée du patron, il me donnait le
sien, en échange du mien.
L’expérience fut renouvelée, toujours avec succès, plusieurs jours durant.
Chacun de nous peut au moins expérimenter la transmission de pensée
d’une façon très simple : marchez dans la rue, dans les pas d’une
personne prise au hasard, à quelques mètres, et concentrez vous sur la
nuque de la personne en lui ordonnant par la pensée de se retourner...il
est plus que probable qu’au bout d’un certain temps, la personne
s’arrête et se retourne...tout le monde a déjà au moins une fois senti
un regard se poser sur soi, et s'est retourné pour tenter de découvrir
par qui il ou elle était observé...
Le célèbre astronome Camille Flammarion a raconté dans son ouvrage « l’Inconnu et les phénomènes psychiques »
des dizaines de cas de communications télépathiques, souvent entre des
personnes liées d’affection, voire d’amour, portés par le concept « ne
faire qu’un ».
Confronté au scepticisme de ses concitoyens, il écrivait déjà : « les
¾ de l’humanité sont composés d’êtres encore incapables de comprendre
cette recherche et qui vivent sans penser par eux-mêmes. Laissons-les
avec leurs jugements superficiels et dépourvus de valeur réelle ». lien
Mais ça ne nous explique pas pour autant « comment ça marche ? »...
C’est en 2014 qu’a été réalisée avec succès une expérience capitale permettant de comprendre en partie comment fonctionne la télépathie.
L’informatique a été un précieux instrument pour réaliser cette expérience : une personne en France, l’autre aux Indes,
les deux équipés d’électrodes posées sur leurs têtes. L’un des sujets
transmet via internet ses activités cérébrales, lesquelles ont été
converties en code binaire, avant de les envoyer à un autre ordinateur,
lequel les transmettait au cerveau de l’autre sujet sous forme de
« flash lumineux ».
À ce jour, seul des messages courts, bonjour par exemple, peuvent
être transmis, mais déjà les chercheurs imaginent comment des patients
muets, suite à une AVC, par exemple, pourraient à nouveau communiquer.
Les membres de IMI (Institut Métapsychique International) veulent aller plus loin et si ces membres affirment « le paranormal, nous n’y croyons pas, Nous l’étudions », ils ne s’interdisent rien, comme l’un d’eux, Mario Varvoglis qui explique : « ce qui m’intéresse, c’est de comprendre le fonctionnement de la conscience. Dans les protocoles expérimentaux, on trouve suffisamment
de preuves d’échanges entre 2 personnes qui nous permettent d’être
convaincus qu’il y a un phénomène (...) quand
on a autant de témoignages, c’est une curiosité scientifique. Mais entre
l’observation et la compréhension des mécanismes, il y a un gouffre
énorme ». lien.
Ces scientifiques qui tentent de découvrir les mécanismes complexes
qui permettent la télépathie, devraient peut-être fouiller du coté de la
glande pinéale, comme l’envisageait dans son livre Émile Hureau (de la télépathie : étude sur la transmission de pensée) lequel écrivait : « les
anatomistes ont voulu y voir un organe atrophié, un sens dégénéré (...)
La glande pinéale nous paraît être au contraire l’organe télépathique
en voie d’évolution, Une forte pensée concentrée entraîne un léger
frisson dans la glande pinéale, un courant magnétique s’établit à
travers l’éther cérébral et gagne l’éther extérieur pour aller atteindre
un cerveau harmonisé, et l’image ou la pensée apparaît à l’œil pinéal
du sujet récepteur.
À l’exemple du docteur Gibert et de Pierre Janet, dont le
sujet, Léonie, obéissait à la suggestion à 1 kilomètre de distance, le
docteur Balme avait le pouvoir de transmettre mentalement sa volonté à
une demoiselle de Lunéville. Il l’obligeait ainsi à venir dans son
cabinet, à Nancy, réclamer ses soins. Un jour, ayant concentré et dirigé
vers elle sa pensée, il prononça les paroles suivantes : « venez, je
vous attends par le train de midi ». À l’heure dite, la jeune fille
entrait chez lui, disant : « Me voici ». lien
Le docteur Balme n’était pas arrivé à un tel résultat
sans travail. Les premiers essais ne donnèrent aucun résultat. Tous les
jours, à la même heure, et pendant longtemps, ils poursuivirent leur
tentative (...) au bout de 2 ans ils communiquèrent à distance, à
n’importe quel moment de la journée... »
Mais alors n’importe qui peut-il tenter « d’apprendre la télépathie » ?
Il y a en tout cas une méthode en forme d’apprentissage, et pour
cela, transmetteur et récepteur doivent, on l’a vu, être reliés déjà par
un sentiment d’amitié, voire de complicité, ou même d’amour.
Le récepteur doit faire le vide de son esprit, rester aussi
entièrement passif, attendant qu’une impulsion intérieure lui permette
de visualiser « quelque chose », de dire éventuellement quelque chose,
ou même de faire un geste sans rapport avec la situation, et quand ce
« quelque chose » se produit, s’impose à sa pensée, il faut le
concrétiser.
Quant au « transmetteur », dans un premier temps, il tient l’apprenti
récepteur par le poignet, se concentrant sur l’idée ou l’action qu’il
voudrait voir se réaliser, en y pensant intensément, et il attend la
réaction du récepteur, espérant qu’elle soit une bonne réponse...
Cet entrainement peut se poursuivre pendant plusieurs mois, et doit
logiquement être de plus en plus probant, s’améliorant au cours des
semaines.
Au-delà des ricanements subversifs qui ne manqueront pas de venir
égayer cet article sous formes de commentaires acidulés, je serais
heureux que des témoignages viennent apporter leur pierre à ce phénomène
encore mal compris et pourtant bien réel.
Comme dit mon vieil ami africain : « marche en avant de toi-même, comme le chameau qui guide la caravane ».
agoravox.fr

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