Victor Ayoli
Chez Monsanto et leurs collègues, on doit se faire une belle bosse de
rire, tout en sabrant le Champagne ! Faut dire qu’il y a de quoi.
Les
FNSEA boy’s ont foutu la zone dimanche sur les ChampZé, et même tonton
Hulot – le ministre alibi transitaire écolo – est venu leur dire qu’il
était plus dans une phase de « transition » que « d’interruption
brusque ». Ben voyons.
Objet et cause de ce ramdam, le sinistrement célèbre glyphosate.
« Un poison ! » s’égosillent les anti-malbouffes.
« Inoffensif ! » s’offusquent les multinationales de la chimie
« Indispensable ! » pleurnichent les agriculteurs de la FNSEA.
Et en bout de chaîne, il y a nous, les con-sommateurs, qui en ont
marre d’être pris pour des kons et qui somment tous ces personnages
d’éclairer leur lanterne. Alors, c’est dangereux ou pas ce truc ? C’est
selon…
Les experts mandatés par l’OMS (organisation mondiale de la santé)
ont estimé que cette molécule serait un « cancérigène probable ». Levée
de boulier des chimistes et des agripoisonneurs, donc nouvelle expertise
diligentée par l’OMS et qui cette fois – heureuse chance - concluent
que "le glyphosate est peu probablement génotoxique (toxique pour l’ADN)
aux expositions alimentaires anticipées".
Experts, contre experts… Les agences chargées de dire le vrai en la
matière sont plus que divisées. L’OMS, qui avait tiré la sonnette
d’alarme, a donc revu sa copie suite aux pressions et sorti une nouvelle
étude contredisant la première. Étude entachée de doutes sérieux et de
conflits d’intérêts entre certains « experts » et les lobbys des
pesticides. Quant à l’expertise de la Commission européenne, elle est en
de nombreux points un copié-collé des documents de la Glyphosate Task Force, le consortium industriel conduit par la firme américaine Monsanto ! Bonjour l’objectivité…
Il serait temps de se mettre d’accord puisque dans les jours qui
suivent, la Commission européenne doit renouveler – ou pas – pour dix
ans l’autorisation de mise sur le marché de l’UE des pesticides à base
de ce glyphosate. Scandaleusement noyautée par les groupes de pressions
des multinationales et de la finance, la Commission avait déjà décidé de
renouveler pour 15 ans cette autorisation au printemps 2016 mais avait
dû reculer devant la forte mobilisation des populations, se contentant
d’offrir tout de même 18 mois d’autorisation supplémentaire aux
chimistes. Cette autorisation provisoire arrive à échéance en ce moment.
Voilà pourquoi les lobbys chimistes comme les anti malbouffe sont
chauds bouillants.
Il faut dire qu’il y a des intérêts énormes derrière ce bras de fer.
Les pressions arrivent de l’industrie des pesticides, des Étasuniens qui
veulent vendre leurs merdes, des agripoisonneurs de la FNSEA qui
gueulent à juste titre qu’ils seront désavantagés si la France interdit
le glyphosate mais que d’autres pays européens l’autorisent. Rien qu’en
France, les professionnels chaque année utilisent 8 000 tonnes et les
particuliers 2 000 tonnes de ce désherbant redoutable. En son temps
(2015) Ségolène Royal, alors ministre de l’écologie, a bien essayé de
faire interdire les désherbants à base de glyphosate, mais seulement
pour les jardiniers amateurs… Lettre morte puisque les bidons de
Round-up encombrent encore les rayons de toutes les jardineries…
La France devrait – selon la position officielle - voter contre le
renouvellement de l’autorisation du glyphosate. Mais peut-on faire
confiance à un « officiel » français ?
agoravox.fr

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