B.A.
Malgré l’injection mensuelle de 80 milliards d’euros par la BCE, les
banques européennes sont encore pourries de créances irrécouvrables.
Supposez que vous ayez prêté 10 000 euros à un pote dans l’embarras.
Il vous a signé une reconnaissance de dette de 10 000 euros. Mais vous
savez parfaitement que votre pote est tellement dans la mouise que vous
ne récupèrerez jamais votre fric. Vous considérez naturellement que sa
reconnaissance de dette est un chiffon pourri.
Mais les banques, elles, vous font croire que leurs créances
irrécouvrables sont de l’argent garanti qu’elles possèdent en réserve.
On appelle ça des actifs pourris. Sauf que ces actifs pourris des
banques ne se chiffrent pas en dizaines de milliers d’euros, mais en
centaines de milliards rien qu’en Europe.
Les banques européennes ont dans leurs livres 865 milliards d’euros
de créances irrécouvrables. C’est la Banque centrale européenne (BCE)
qui le dit.
Alors ?
La crise bancaire est finie en Europe ?
Mais non.
La crise bancaire est devant nous, comme des nuages noirs qui
envahissent le ciel juste avant la tempête. Si elle n’a pas encore
éclaté, si le système bancaire ne s’est pas encore effondré, c’est parce
que la BCE injecte tous les mois 80 milliards d’euros-planche à billets
dans le circuit pour tenir les banques (que vous croyez riches) à flot
en leur rachetant une partie de leurs actifs pourris.
Depuis 2015, la BCE a injecté 720, puis 960 milliards d’euros par an
dans les banques européennes et il reste encore à celles-ci 825
milliards d’actifs pourris en compte !
Croyez-vous que ce stratagème va durer longtemps ?
Bien sûr que non. Malgré les injections mensuelles de la BCE, les
banques européennes sont encore plombées par 865 milliards de créances
irrécouvrables.
La prochaine crise bancaire sera un véritable cataclysme.
Et la BCE s’en inquiète fortement.
Lisez cet article de La Tribune daté du 4 octobre 2017 :
La BCE veut plus de rigueur sur les créances douteuses.
La Banque centrale européenne demande de
provisionner la totalité des prêts au remboursement incertain qui ne
sont pas garantis. Cette disposition s’appliquera aux nouvelles créances
mais le régulateur dévoilera de nouvelles mesures pour réduire
l’encours encore élevé de prêts non performants des banques européennes
d’ici au printemps prochain.
Des centaines de milliards d’euros de
prêts irrécouvrables, ou ayant peu de chances de l’être, continuent de
plomber les bilans des banques européennes : 865 milliards d’euros à la
fin du premier trimestre 2017, selon les derniers chiffres de la Banque
centrale européenne (BCE), pour ce qui concerne les établissements
importants.

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