Pierrick Tillet
Les bastions constitutionnels servent d’ultimes remparts au vieux monde en pleine implosion. Au mépris du droit international.
C’est au nom de la vieille constitution
espagnole héritée du franquisme que le gouvernement Rajoy a voulu faire
interdire la tenue d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne.
C’est en brandissant cette même vielle quincaillerie qu’il a dénoncé la
proclamation de cette indépendance et qu’il emprisonne des « séditieux »
pourtant démocratiquement élus.
C’est au nom de la Constitution de la Ve République que le Conseil constitutionnel vient de désavouer Jean-Luc Mélenchon
pour avoir annoncé sa décision de désobéir aux traités européens si
ceux-ci allaient à l’encontre de la volonté exprimée par le peuple
français.
C’est en s’abritant derrière toutes ces constitutions poussiéreuses,
souvent rafistolées pour l’occasion, que les autorités vermoulues du
vieux monde tentent de faire obstacle à tout changement, toute
évolution, tout droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Le problème aujourd’hui, pour le vieux monde, c’est que ce ne sont
pas les constitutions nationales, ni les traités supra-nationaux qui
priment, mais la loi internationale. Et en particulier, les règles
édictées par la Cour internationale de justice, organe judiciaire de l’ONU.
Or, que dit l’arrêt du tribunal de la Haye du 22 juillet 2010 à propos du Kosovo ?
« Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. »

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