Charles Sannat
Je vais laisser la parole ici à un camarade,
Sylvain Devaux, comme moi passionné par la révolution robotique à
l’œuvre, et que nous chroniquons tous les deux sur le site dédié à cet
effet Larobolotion.com. Bonne lecture. (CS)
Les robots ne sont qu’un tas de ferraille et de plastique, équipé de
moteurs et de capteurs. Ils ne sont rien sans Intelligence artificielle
et celle-ci est bien la clé de voûte de cette robolution qui frappe à
nos portes. Une fois cette porte ouverte enfoncée, on comprend bien
aussi que la formation va devenir un enjeu important du développement de
ces programmes et les géants de l’informatique ont bien compris la
question. Microsoft vient d’ailleurs d’inaugurer à Issy-les-Moulineaux
une formation à l’IA avec 24 étudiants au profil assez atypique
puisqu’en reconversion professionnelle ou sans emploi. Après 7 mois de
formation puis 12 mois en alternance dans une entreprise, ils pourront
participer au développement de nouvelles applications.
Google et Facebook avaient d’ailleurs déjà annoncé s’intéresser à la
formation, ce dernier avait même fait sensation en promettant de former
gratuitement au numérique 65 000 personnes d’ici la fin 2019. Ambitieux
sans aucun doute mais il ne faut vraiment pas s’étonner de retrouver
également les GAFA sur ce secteur pour qui l’IA est évidemment une
question de survie. Un récent article dans Les Échos signé
Philippe Cassoulat, directeur général du groupe Talan, pointe la
transformation des modèles économiques par l’IA, associée au Big Data.
En clair, les produits futurs seront bien plus étroitement liés aux
besoins et envies de leurs clients. Imaginez une voiture qui vous
corresponde sur la base de vos données personnelles. Il parle, par
exemple, d’un châssis de voiture personnalisé en fonction du
comportement de conduite de son conducteur. Il évoque aussi les banques
avec des assistants virtuels capables de proposer des produits très
personnalisés mais aussi des prises de décision, dans l’entreprise même,
confiées à une IA.
Bien entendu, tout cela est possible grâce au Big Data qui collecte
vos données personnelles. Ce « flicage » massif est-il vraiment
envisageable ? À vrai dire, il est déjà effectif et pour y échapper, il
faut vraiment faire preuve d’une rare ingéniosité. Il s’agit donc bien
de commerce, pour tenter de vous vendre ce dont vous n’avez pas besoin
mais qui correspond tellement à vos goûts que vous serez tentés
d’acheter et on comprend aisément le rapprochement entre l’entreprise de
production et les GAFA qui captent vos données personnelles. Lorsque
l’on voit les loupés des IA dans les chatbots ou dans les logiciels de
reconnaissance faciale, par exemple, tout cela pourrait inquiéter
sérieusement si l’on ne met pas quelques garde-fous. La formation
permettra-t-elle de garantir, par une meilleure connaissance du
fonctionnent de l’IA et des algorithmes, une certaine éthique dans son
usage ? Si elle est dispensée par Microsoft, Google ou Facebook, il est
plus que possible d’en douter !
Il n’est pas trop tard… Mais presque !
Sylvain Devaux

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